Cette réunion est ouverte aux soignants de la femme enceinte et du nouveau-né
(pédiatres, sages-femmes, puéricultrices)
Avec la participation des laboratoires Roche-Nicholas
La conférencière intitule son exposé :
« L'allaitement maternel en questions
de la théorie à la pratique,
de la pratique à la réflexion »
Un premier point est fait sur l'ampleur du phénomène : l'abandon de l'allaitement
maternel : Il est urgent d'y réfléchir !
Les réponses sont actuellement apportées par les réseaux associatifs. On y consacre
des colloques, des journées de formation. On y voit même l'émergence d'un nouveau
métier « consultant en lactation ».
Il faut constater l'existence d'un environnement défavorable à l'allaitement
maternel, de discours contradictoires, de rupture dans la transmission du « savoir-allaiter »
entre les générations.
Donc : comment limiter les échecs, les refus, et les interruptions prématurées
d'allaitement ?
L'étude des motivations antérieures et des perspectives d'allaitement permet de
reconnaître les éléments évitables :
A) Les doutes de la mère
1) La tradition sociale et familiale perdue
2) Un environnement méfiant
3) Une information non objective, confondant des niveaux de
discours
* éducatif
* moral
* sanitaire
B) Les doutes des professionnels
1) L'allaitement au plus près de la physiologie
2) Les réponses aux « accidents de parcours »
3) La pression de la publicité, et des enjeux commerciaux.
Actuellement, en France 43% des accouchées allaitent au sein
pour une durée de 9 à 12 semaines.
Mais il y a des disparités régionales importantes (sans doute, liées à des phénomènes
culturels).
La conférencière fait part des chiffres établis par elle dans le Comminges, à Oloron
et Mauléon, et les compare aux chiffres globaux de la Norvège (qui a une politique
volontariste en faveur de l'allaitement au sein)
On distingue, en général, des différences :
- selon la profession (professions au contact de la petite enfance)
- selon le mode d'accouchement,
- selon l'état de santé de l'enfant,
- selon l'occupation professionnelle : Toutes les études montrent l'effet
positif (en faveur du sein) de l'existence de la reprise du travail,
- selon le mode de garde du nourrisson.
Les femmes sont souvent inquiètes de leur capacité à allaiter :
- Rares sont les cas d'agalactie primitive ou de chirurgie préalable des
seins.
- Donc, les seins « fonctionnent » si on les « met en route »
D'autre part, elles s'inquiètent de la capacité du nouveau-né à téter
correctement :
- Téter est une capacité innée dit la conférencière, le nouveau-né ayant un
équipement neuromoteur et sensoriel pour trouver le mamelon.
- Cela dit, il faut positionner le bébé correctement par rapport à la mère, lui
permettre la prise en bouche, faire attention au flux d'éjection du lait, reconnaître les
signes d'appel du bébé, prolonger la tétée pour qu'elle soit efficace (« tétée-repas ») et
présenter l'enfant 8 à 12 fois par 24 heures.
- C'est pour cela que la mère reçoit conseils et informations avant de quitter
l'hospitalisation (éviter d'assimiler le sein à un réservoir, le mamelon à une tétine !)
En effet, les échecs ou interruptions précoces de l'allaitement maternel sont
dus :
A un mauvais démarrage,
A une mauvaise adaptation,
A un manque de confiance en soi des mères,
A un manque de soutien familial,
un manque d'encouragement social.
En conclusion,
la promotion de l'allaitement par la mère n'ouvre pas que des
perspectives médicales ou relationnelles, elle a aussi un retentissement économique
favorable.