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(Les mots soulignés renvoient automatiquement aux définitions de GyneDico)
Cette 3ème et dernière partie va présenter les données anatomiques obtenues par études sur cadavre, sur pièces opératoires ou par l'imagerie médicale et qui pourraient confirmer la réalité du point G.
Elles existent trois sortes de données anatomiques qui pourraient avoir une relation avec le point G :
- la prostate féminine
- les corps érectiles
- l'innervation vaginale
1) les glandes de SKENE ou prostate féminine
Il est connu de longue date qu'il existe deux glandes de petites tailles qui s'abouchent de part et d'autres du méat urétral appelées glandes de SKENES.
Mais, on a découvert récemment qu'il existait un réseau glandulaire en réalité beaucoup plus étendu qu'on ne le pensait initialement et réparti autour et tout le long de l'urètre.Sa structure histologique semble proche de celle de la prostate masculine.
Certains auteurs proposent d'ailleurs d'appeler ce tissu "prostate féminine" en lieu et place de l'ancien nom "glandes de Skène".
Cette idée paraît pour certains aussi ridicule que d'appeler un clitoris un pénis féminin.
Bien évidemment, il est tout à fait possible que cette prostate soit à l'origine de l'éjaculat féminin.
Cependant il y a plusieurs éléments à l'encontre d'une localisation du point G au niveau de cette structure anatomique :
- ces glandes ne sont pas présentes chez toutes les femmes
- elles sont diffuses et non localisées en une zone précise
- l'éjaculation ne se résume pas à la production d'un peu de sécrétion par une structure glandulaire mais bel et bien par l'émission saccadée de liquide qui nécessite un appareil musculaire adapté
- le tissu prostatique n'est pas une zone particulièrement érogène
2) le tissu érectile vulvo-vaginal
Des études anatomiques récentes ont confirmé la présence de tissu érectile au niveau de la partie inférieure de l'urètre et du vagin.
Cette érection serait objectivable par échographie, toujours sur de petites séries de volontaires, pendant la stimulation sexuelle.
Mais, comme pour la prostate féminine, la situation de ce tissu érectile ne correspond pas à celle du point G et ne constitue pas en lui-même une zone érogène.
3) l'innervation
Aucune étude anatomique et tissulaire n'a retrouvé le réseau de nerfs et de récepteurs sensoriels indispensable au fonctionnement d'une zone érogène comme c'est le cas pour le gland du pénis ou du clitoris.
Bref, aucune donnée anatomique ne vient confirmer l'existence d'un point érogène situé sur la face antérieure du vagin.
Au delà du point G se pose le problème plus général de l'acquisition et de la diffusion de l'information médicale.Cette analyse montre bien qu'il n'est pas possible de répondre clairement à la question de l'existence du point G.
Bien a contraire, elle met en évidence un certain nombre d'à priori, de contradictions, d'incohérences, et de légèretés scientifiques.
L'on ne peut qu'être étonné par la différence entre la large acceptation de ce concept sexologique et le peu de données scientifiquement incontournables.
Ce ne serait qu'une question de culture scientifique populaire si, là comme avant (cf première partie), les conséquences pour les femmes ne risquaient pas d'être importantes avec création de toutes pièces de frustrations pour les "malheureuses, sexuellement immatures", ne trouvant pas leur point G.
Avons-nous le droit de chercher à modifier la vie sexuelle des personnes en se basant sur d'aussi maigres données scientifiques ?
Avons-nous le droit de diffuser ce genre d'information médicale non validée en direction du grand public en la présentant comme une évidence scientifique ?
Quelle est la responsabilité des auteurs du livre grand public qui a banalisé ce concept en se basant en tout et pour tout sur une microscopique étude portant sur quelques cas anecdotiques et sans émettre la moindre réserve de principe ?
A ce jour le G-spot est un OVNI gynécologique : certains en ont soi-disant vu mais personne n'est capable d'en apporter la preuve objective irréfutable.
De toute manière ce qui importe c'est le plaisir sexuel quelle que soit la manière dont se déclenche l'orgasme.
Pour GYNEWEB par le Docteur J-M BRIDERON (Gyn-Obs) le 10/12/2002
HINES T. "The G-spot: A modern gynecologic myth" Am J Obstet Gynecol 2001;185:359-62
Lire également : "Controverse sur le point G" : 1ère et 2ème partie