M. Van Lierde
RÉSUMÉ: La dystocie des épaules est un événement rare,
généralement imprévisible, responsable de risques importants et de séquelles pour
l'enfant et pour la mère. L'article présente une revue de la littérature sur la
dystocie des épaules. La prédiction est possible en dépistant les facteurs favorisants.
La prévention concerne un certain nombre de conditions pour effectuer les accouchements
à risque de dystocie. Mais l'article insiste essentiellement sur les techniques
obstétricales pour traiter la dystocie.
Ainsi, 13 techniques opératoires sont présentées dans une progression tactique
variable.
Parce qu'elle est rare (1 pour 1000 naissances) et presque toujours imprévisible (90 % des cas), la dystocie des épaules (DE) ne fait partie de l'expérience d'aucun accoucheur, alors que chacun doit toujours être prêt à y faire face. Parce qu'elle est très grave pour l'enfant et parce qu'elle exige de toute urgence le recours parfaitement connu à une escalade de gestes techniques' la prévention et le traitement de la DE doivent être rodés par un enseignement et des exercices dans le cadre de la formation des obstétriciens.
Dans un accouchement normal, après la sortie de la tête
ftale, les épaules et le tronc ftaux traversent spontanément le pelvis. Si
le diamètre bisacromial est nettement plus large que la normale (12 cm) ou que la tête
ftale, ou s'il est en mauvaise situation par rapport au bassin, le mécanisme de
l'accouchement normal ne pourra se faire. C'est la "dystocie des épaules"
caractérisée soit par l'enclavement des épaules, bloquées dans l'excavation pelvienne,
soit par leur blocage au détroit supérieur empêchant leur descente dans l'excavation
pelvienne.
L'accoucheur reconnaîtra la DE d'une part à la rétraction spontanée de la tête dès
son passage vulvaire, qui reste collée au périnée, comme aspirée dans le canal
pelvien, et d'autre part à l'inefficacité des poussées suivantes et l'échec des gestes
habituels de l'accouchement (1, 2).
Cette situation obstétricale rare se présente avec une incidence variable selon les
auteurs, mais surtout selon le poids du nouveauné.
Le chiffre d'incidence est de l'ordre de I pour 1000 naissances (avec des extrêmes de O,5
à 3,5), mais atteindrait 1% pour les nouveau-nés de plus de 4000 g. voire 10 % chez les
macrosomes dépassant 4500 g (1,2,3,4)
L'incidence est également plus élevée si la seconde phase du travail est longue ou si
l'expulsion est réalisée trop tôt avec un engagement limite de la tête. Le risque de
DE serait alors multiplié par 10 à 20.
Les facteurs favorisants sont essentiellement ceux qui
relèvent d'une macrosomie ftale" Tableau I (I, 2, 3, 4). Il faut noter
que le bassin maternel n'entre pas directement en considération.
Tableau 1: FACTEURS FAVORISANT LA DYSTOCIE DES ÉPAULES
A Antécédents obstétricaux
multiparité
macrosomie
dystocie des épaules
B Macrosomie ftale
diabète
obésité
gain pondéral excessif
grossesse prolongée
macrosomie clinique et échographique
C Examens complémentaires
échographie: différence des diamètres thoraciquebipariétal supérieure à 15
mm
tomoscan: différence des diamètres bisacromialbipariétal supérieure à 15 mm
D Accouchement en cours
engagement limite
seconde période de travail longue (> 2 h chez la primipare ou > 1 h chez la
multipare)
période d'expulsion longue (> 30 mn)
ventouse ou forceps, surtout si la rotation reste à faire
La morbidité néonatale Tableau 2 et Figure I a liée à la dystocie des épaules dépend du délai nécessaire à la réduire (5) (le ph diminue de 0,04 U/mn), mais en réalité résulte généralement d'une intervention inappropriée ou inefficace.
Tableau 2: CONSEQUENCES NÉONATALES DE LA DYSTOCIE DES
ÉPAULES
Anoxie périnatale grave
séquelles neurologiques (SNC)
décès
Lésion du plexus brachial
élongation rupture des racines:
· 5e et 6e cervicales: paralysie de Erb ou Duchenne
· lre thoracique: paralysie de Klumpke
Lésions médullaires
séquelles SN périphérique
Paralysie du diaphragme
Lésions squelettiques
clavicule
humérus
colonne cervicale
Pour chiffrer les risques, les cas de D.E. rapportés dans
la littérature établissent le risque de décès à 23 %, tandis que 20 % environ des
nouveau-nés présentent des lésions apparentes et 30 % des enfants développeront des
troubles neurologiques par asphyxie périnatale (20 %) ou atteinte du plexus brachial ( 10
%). Un retard mental affecterait 25 % des enfants (1, 2, 5, 6, 7).
En ce qui concerne la "paralysie du plexus brachial", celleci est de pronostic
sévère si la première racine thoracique est atteinte (paralysie de Klumpke) avec 40 %
seulement de récupération à I an contre 80 % s'il s'agit d'une paralysie d'Erb et
Duchenne par atteinte des 5e et 6e racines cervicales.
Il semble que les améliorations soient très faibles après l'âge de I an, et que la
récupération après 6 mois restera partielle. Environ 10 % des enfants restent
paralysés (7, 8, 9).
Il faut rappeler cependant qu'il existe des causes obstétricales de lésions du plexus
brachial autres que la dystocie des épaules Tableau 3.
Tableau 3: LÉSIONS DU PLEXUS BRACHIAL:CAUSES
OBSTÉTRICALES
· Accouchement normal par voie basse: soit traction trop rapide, trop brutale ou trop
forte sur la tête, surtout si celleci est sollicitée en hyperextension et/ou en
flexion latérale, soit erreur de restitution.
· Extraction instrumentale (forceps, ventouse) surtout forceps haut et/ou de
rotation.
· Dystocie des épaules.
· Siège avec manuvre de traction (Bracht, Mauriceau, forceps, rotation,
petite extraction, etc. )
· Césarienne.
· Accouchement d'un ftus anencéphale à dilatation incomplète du col utérin.
Les risques maternels sont ceux des grandes manuvres obstétricales ( I ): I'hémorragie de la délivrance, les déchirures du col, les délabrements du vagin surviennent dans près de 50 % des cas. La rupture utérine est possible et l'atonie du postpartum fréquente avec son corollaire qu'est l'endométrite. Une révision utérine et des parties molles est donc indiquée après DE.
La prévention de la macrosomie est dans l'équilibre
glycémique strict des patientes diabétiques et dans le diagnostic et le traitement du
diabète gestationnel.
Il faut rappeler les échographies pour dépister la macrosomie (10).
Certains auteurs ( I, I I ) proposent une césarienne pour les cas de ftus
macrosomes à terme dont le diamètre thoracoabdominal est supérieur de plus de 15 mm
au diamètre bipariétal (échographie) ou dont le diamètre bisacromial est supérieur à
13 cm (au tomoscan).
Quant à la prévention des risques de la D.E., il faut la réaliser dans un certain
nombre de conditions préalables qui relèvent déjà du traitement.
· Pour les accouchements des patientes présentant des
facteurs de risque de DE. Tableau I il n'est pas envisageable de proposer une
césarienne, mais la présence d'un obstétricien expérimenté, d'un pédiatre et d'un
anesthésiste est nécessaire.
· Eviter les accouchements instrumentaux des macrosomes dont la différence tronc-tête
est de plus de 15 mm de diamètre, surtout si l'engagement est limite et/ou si la seconde
période du travail est longue.
· L'analgésie régionale est une circonstance favorable, d'où son intérêt chez les
patientes à risque de DE.
· L'administration d'un utérorelaxant puissant (B2miinétique ou anesthésie
générale) doit être possible.
· Diagnostic rapide de la DE et d'autant plus si l'accoucheur est conscient de son risque
de survenir.
· Présence d'un, ou si possible de 2 assistants pour l'accoucheur et l'anesthésiste.
· Anesthésie générale rapide, sauf si péridurale.
· Episiotomie (très) large, bilatérale pour certains auteurs, épisioproctotomie
médiane pour d'autres.
· L'enseignement systématique et la programmation, connue de tous dans le service, des
manuvres exactes à réaliser, dans quelles modalités techniques, dans quel ordre
préétabli, en commençant par les plus faciles et les moins dangereuses, mais les plus
efficaces..
Elles sont nombreuses Tableau 4 et cependant mal connues, peutêtre en raison de la rareté et du caractère imprévisible de la DE. (12, 13, 14).
Tableau 4: MANEUVRES OBSTETRICALES POUR TRAITER LA
DYSTOCIE DES ÉPAULES
Engagement oblique des épaules
Traction sur la tête
Position d'accouchement
Abaissement postérieur de la tête
Abaissement de l'épaule antérieure
Compression supra pubienne
Rotation de l'épaule postérieure
Compressionrotation
Abaissement de l'épaule postérieure
Abaissement du bras postérieur
Application instrumentale
Césarienne
Manuvres "historiques"
Pourtant s'il est vrai que, devant une situation
désespérée, l'obstétricien peut être forcé de choisir les lésions squelettiques et
nerveuses périphériques plutôt que des lésions nerveuses centrales ou la mort, il n'en
reste pas moins vrai qu'il doit connaître les gestesà poser, et être dans les
conditions pour pouvoir les appliquer.
Parfois, hélas, leur méconnaissance peut faire céder à la panique et à de folles
improvisations. A titre d'exemple, on peut rappeler la décapitation du nouveauné
suivie d'une extraction du tronc par césarienne.
Engagement oblique des épaules, recommandé par
Schwartz ( 12, 15)
Tenter d'amener les épaules dans un diamètre oblique du détroit supérieur, en
maintenant la tête un moment en oblique, sous une traction douce. Il s'agit en fait de
diagonaliser le diamètre bisacromial, ce que réalisent d'autres manuvres internes
et externes (cf. plus loin).
Traction sur la tête, recommandée par Benedetti ( 16)
Il s'agit d'une traction douce et continue, permettant à la force exercée d'être
efficace. Mais une traction excessive est dangereuse, et vraisemblablement inefficace si
les épaules ne sont pas dans l'excavation.
Position de Mc Roberts proposée par Gonik (17)
La manuvre consiste à changer "la position" de la parturiente pour
aligner au maximum le sacrum et la colonne lombaire. La patiente doit retirer ses jambes
des étriers, les amener en hyperflexion sur son abdomen, tandis que l'accoucheur
maintient la tête ftale.
Cette manuvre réalise en fait une rotation de la symphyse pubienne et diminue
l'angle d'inclinaison, ce qui peut libérer l'épaule antérieure.
L'avantage de cette manuvre est l'absence totale de risque, et qu'elle peut servir de préalable aux autres techniques. Elle serait efficace dans 25 à 50 % des cas.
Abaissement postérieur de la tête recommandé par
Hibbard ( 18. 19!
L'accoucheur exerce une pression sur la tête et le cou du ftus en direction du
sacrum maternel, donc postérieure suivant l'axe du détroit supérieur. Lorsqu'il voit
glisser l'épaule antérieure, il demande une compression énergique du fond utérin par
un assistant. Lorsque l'épaule antérieure est sous la symphyse, il la dégage puis
dégage l'épaule postérieure de la concavité du sacrum.
En fait, cette manuvre réalise, en les exagérant, les conditions mécaniques de
l'accouchement normal. Elle est recommandée par tous les auteurs.
Abaissement de l'épaule antérieure ou manuvre de
Couder recommandé par Merger (20!
L'index est introduit sous la symphyse le long de l'humérus, sur sa face antérieure;
celuici est refoulé vers l'arrière, le long du dos du ftus, ce qui permet dans
le même temps la flexion de l'avantbras sur le bras et l'extériorisation du coude puis
du membre supérieur en entier. Dès lors, le diamètre intéressé dans l'axe
pubococcygien est l'acromiosousacromial (ou axillaire), plus petit de 2 à 3 cm, ce
qui permet le dégagement Figure 2.
Cette manuvre n'est possible que si l'empreinte deltoidienne de l'épaule
antérieure est visible, c'estàdire si l'épaule est en fait sous la symphyse. Une
fracture de l'humérus est assez souvent associée.
Manuvre de compression suprapubienne de l'épaule
antérieure. recommandée par Resnik ( I )
Tandis que l'accoucheur exerce une traction douce sur la tête ftale, un
assistant applique avec le poing une pression sur l'épaule antérieure, audessus du
pubis, de manière à diminuer le diamètre biacromial qui est de 12 cm et plus en cas
de macrosomie, par rotation de l'épaule en avant du ftus, ce qui réduit le
diamètre biacromial par tassement et permet le glissement de l'épaule sous la
symphyse.
Rotation antérieure de l'épaule postérieure ou
manuvre dite de Woods (21) également appelée manuvre de Rubin (22!,
proposée par Tarnier (23) dès 1901
On peut aider à la rotation du tronc abaissé dans le bassin en exerçant, avec
l'extrémité des doigts, des pressions en sens inverse sur chacune des deux épaules
Figure 3.
On peut aussi faire pénétrer deux doigts sous les aisselles du ftus, les recourber
en crochet et exercer une force continue de traction.
Enfin, on peut accrocher le creux axillaire et simultanément exercer une traction dans
l'axe du canal pelvien et, par une pression continue sur la face antérieure de l'épaule
postérieure, tourner dans un mouvement de vrille de 180° cette épaule en antérieure,
qui peut alors se placer sous la symphyse pubienne, permettant son dégagement.
Manuvre mixte (6) de compression suprapubienne de l'épaule antérieure et de rotation de 45° de l'épaule postérieure amenant l'axe biacromial dans un diamètre oblique du bassin.
Abaissement de l'épaule postérieure L'opérateur
prend entre ses doigts le creux axillaire du bras postérieur et exerce une traction dans
l'axe du canal pelvien, le long du sacrum.
Un déclavement de quelques centimètres de l'épaule postérieure peut parfois suffire à
traiter la dystocie Figure 4.
Abaissement du bras postérieur ou manuvre de
Jacquemier rapporté par Tarnier (23) L'index et le majeur, ou mieux, la main
entière, sont introduits en arrière de la tête dans l'excavation pelvienne. La main va,
audelà du détroit supérieur le plus souvent, à la recherche du bras postérieur et
si possible de l'avantbras, qu'elle fléchit en prenant appui sur le coude, et de la
main qu'elle saisit et abaisse en avant du ftus Figure 5. L'abaissement du bras
postérieur, qui est la véritable manuvre de Jacquemier, est réalisé en prenant
appui sur l'humérus pour le refouler en avant sur la face ventrale du ftus passant
devant le thorax et la face du ftus. Le bras amené à la vulve, la dystocie est
généralement résolue Figure 6. Une variante de la manuvre consiste à refouler
l'humérus en arrière le long du dos du ftus, ce qui provoque une flexion de
l'avantbras, une extériorisation du coude et une transformation du diamètre biacromial
en diamètre acromialaxillaire qui est plus petit. La manuvre de Jacquemier peut
s'accompagner d'une fracture de l'humérus généralement sans gravité; celleci peut
être évitée dans une certaine mesure, d'une part en appliquant le doigt tout le long de
l'humérus jusqu'au pli du coude en attelle et d'autre part par le refoulement de
l'humérus non vers l'avant sur la face ventrale, mais vers l'arrière le long du dos du
ftus.
Parfois, cette manuvre réussie, le volume ftal ne permet toujours pas
l'abaissement de l'épaule antérieure; dans ce cas, une rotation axiale du ftus
obtenue par un mouvement d'enroulement du membre inférieur "en écharpe" en
avant du cou du ftus, et par traction, de manière à faire tourner l'ensemble du
ftus pour transformer l'épaule antérieure en épaule postérieure et lui faire
subir la même manuvre de Jacquemier.
On sait (23) que Jacquemier a présenté sa manuvre en 1860 et que la littérature
européenne reconnaît la "manuvre de Jacquemier" depuis plus d'un
siècle.
L'éthique scientifique peut s'étonner que tous les articles américains préconisent
l'abaissement du bras postérieur comme la manuvre souveraine, sans une seule fois
citer le nom de son auteur.
Application de la "cuiller" de Chavis (24)
L'instrument est une lame concave avec un long manche que l'on glisse entre la symphyse
pubienne et l'épaule antérieure.
Pivotant sous la symphyse, elle débloque l'épaule antérieure par mécanisme de levier
ou de "chaussepied".
Manuvre de Zavanelli proposée par Sandberg (25.
26)
La technique consiste à refouler la tête dans le pelvis et à pratiquer une
césarienne. Cette technique n'est recommandable qu'après des manuvres
"classiques".
Manuvres "historiques" (5. 19)
· La fracture délibérée de la clavicule du ftus, voire sa section aux
ciseaux de Dubois (cléidotomie).
· La symphysiotomie partielle selon la méthode de Zarate (1924).
· Manuvres sur ftus mort:
manuvre de RibemontDessaignes (1893): dégagement successif des deux bras en
les fracturant pour pouvoir les abaisser.
embryotomies: soit cléidotomie bilatérale aux ciseaux de Dubois, soit amputation de
l'épaule, soit thoracotomie avec éviscération, soit embryotomie cervicale suivie d'une
manuvre pour le tronc (pas d'une césarienne !).
Les conditions préalables du traitement étant remplies
Figure I il reste à choisir parmi les techniques Figure 2 l'escalade qui
permettra d'être la plus efficace dans le meilleur délai tout en recherchant le risque
minima.
Cette succession des gestes est un choix variable selon les centres.
"Notre attitude est de préconiser la conduite
suivante":
· Position de Mc Roberts et épisiotomie large pour tous les accouchements à risque de
DE Tableau 1.
· Abaissement postérieur de la tête.
· Associé à une compression suprapubienne.
· En cas d'échec, abaissement de l'épaule postérieure, puis du bras selon la
manuvre de Jacquemier.
Magnin (27) préconise en 1962 I'abaissement postérieur de la tête; en cas d'échec, abaissement de l'épaule antérieure; si c'est impossible, abaissement de l'épaule postérieure selon Jacquemier.
Merger (20) propose exactement la même conduite.
Williams (28) laisse le choix entre la manuvre de Woods et celle de Jacquemier.
Resuik (1) utilise, après proctoépisiotomie, la compression suprapubienne, si nécessaire associée à une rotation de l'épaule postérieure; en cas d'échec, abaissement du bras postérieur selon Jacquemier.
Harris (5) et Smeltzer (6) recommandent la position de Mc Roberts avec une large épisiotomie médiolatérale, suivie de la manuvre de Woods et, en cas d'échec, la manuvre de Jacquemier, avec la césarienne en dernier recours.
Lee (2) fait le choix successif: position de Mc Roberts, compression suprapubienne et abaissement postérieur de la tête sans force excessive, manuvre de Wood ou de Jacquemier après épisio (procto) tomie.
Comme après toutes circonstances d'accouchement à l'origine de séquelles pour l'enfant, l'obstétricien d'aujourd'hui est souvent amené dans une procédure à expliquer les faits et ses gestes. Dans le but d'aider l'accoucheur à structurer sa présentation au sujet d'une dystocie des épaules et de ses conséquences, le Tableau 5 rappelle l'importance d'affirmer le diagnostic (formel et immédiat) de la DE et de faire se succéder quelques autres affirmations, à développer dans une défense qui ne devra pas oublier qu'on ne peut reprocher au médecin la survenue d'un événement imprévisible.
Tableau 5: LE PLEXUS BRACHIAL MÉDICOLÉGAL
Il y a eu une dystocie des épaules (et ses
manuvres).
Le diagnostic de dystocie des épaules a été posé (immédiatement).
La dystocie des épaules n'était pas prévue (sauf antécédent), ni prévisible.
Les conditions préalables au traitement étaient remplies (épisiotomie !).
L'escalade des gestes techniques était "connue", et a été pratiquée.
Dans une situation extrême et urgente, il faut accepter le risque de la lésion
nerveuse périphérique plutôt que celui de la lésion cérébrale ou de la mort.
Voir aussi DYSTOCIE DES
EPAULES, Une solution nouvelle par Bernard LETELLIER
(BREST)