Guide de surveillance de la grossesse
Chapitre 20

ENVIRONNEMENT : MEDICAMENTS, RADIATIONS, TABAC, ALCOOL, TOXICOMANIE, VACCINATIONS

Françoise BAVOUX, Élisabeth ÉLÉFANT, 
Jean-Marie THOULON, Guillaume NATHAN, Marc LAVILLE

La tératologie étudie l'apparition de malformations morphologiques, l'exemple le plus frappant de tératogénèse médicamenteuse demeure la thalidomide. Cependant, le terrain d'études s'étant progressivement affiné, la signification de tératologie s'est élargie afin de désigner l'étude des anomalies du développement sous toutes leurs formes, en partant de pathologies morphologiques pour aller aux troubles fonctionnels dus à des perturbations des processus de différenciation et de maturation pendant la vie intra-utérine (Éléfant, 1986).

Pour apprécier l'augmentation d'incidence d'une malformation que l'on suppose être la conséquence d'une agression extérieure en cours de grossesse, il faut essayer en premier lieu de se fonder sur la fréquence des malformations dans la population générale. Cette fréquence est très difficile à apprécier avec exactitude, pour deux raisons essentiellement: l'imprécision des limites de la notion de malformation et la difficulté du diagnostic précoce de nombreuses anomalies viscérales.

Globalement, il semble que de 2 à 4 % des enfants environ naissent porteurs d'une malformation (malformations mineures et majeures confondues) (Roux, 1982).

Les causes des malformations sont inconnues dans 65 à 70 % des cas. Les causes médicamenteuses ou toxiques ne représenteraient que de 4 à 5 % des cas (Éléfant, 1986).

I. SELON LA CHRONOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT INTRA-UTÉRIN, PLUSIEURS PÉRIODES PEUVENT ÊTRE DISTINGUÉES

1. De 0 à 8 semaines postconceptionnelles (de 0 à 10 SA)

Le risque tératogène est fonction de l'âge gestationnel ? bien que la réalité soit plus complexe, on peut dire :

De 0 à 10 jours postconceptionnels, le risque est quasi nul : une atteinte de l'œuf entraîne l'avortement ; le risque commence vers 2 semaines postconceptionnelles (soit 4 SA) ; il est variable selon les organes.

La figure ci-jointe schématise le développement embryonnaire en fonction des semaines d'aménorrhée : en trait épais, le maximum de sensibilité tératogène et, en trait plus fin, le risque moindre ou le risque d'atteinte non plus morphologique, mais fonctionnelle. On voit ainsi que le risque maximal est avant 10 SA, sauf pour les organes génitaux, les oreilles et le système nerveux central (SNC).

2. Au-delà de 8 semaines postconceptionnelles (10 SA) : période fœtale

Les organes sont formés. Leur développement continue (accroissement de volume, maturation, mise en fonction). A ce stade, les drogues n'entraînent plus de risque tératogène. Elles peuvent altérer le fonctionnement, freiner le développement. Le fœtus subira les traitements de sa mère, mais les produits auront un métabolisme différent de celui de l'enfant. Une accumulation tissulaire de certains produits peut avoir lieu. Certains peuvent même mettre plusieurs jours pour être éliminés en période postnatale (benzodiazépine).

On doit tenir compte de ces éléments chaque fois que l'on est amené à prescrire pendant la grossesse.




ASPECTS PRATIQUES : LES DIFFERENTS TYPES DE SITUATION

(BAVOUX, 1989)

A. AVANT LE TRAITEMENT OU AVANT LA GROSSESSE : DEMARCHE PREVENTIVE

Une femme est enceinte. En cas de nécessité de traitement, comment envisager la thérapeutique maternelle la moins nocive pour l'enfant (infections, douleurs en cours de grossesse) ?

Etudier l'interaction possible de la pathologie et de la grossesse ;

Choisir le médicament le mieux connu au cours de la grossesse ;

Programmer les éléments de surveillance chez la mère et l'enfant ;

Assurer une bonne coordination des membres de l'équipe les prenant en charge.

Une femme est traitée au long cours (cardiopathie, diabète, épilepsie, maladies rhumatismales, pathologie psychiatrique) et désire une grossesse. Comment envisager la thérapeutique maternelle la moins nocive pour l'enfant ?

Si une modification du traitement est nécessaire, la programmer, si possible, avant le début de la grossesse et s'assurer du bon contrôle thérapeutique de la maladie ;

Envisager, si besoin, des mesures préventives.

B. APRES LE DEBUT DU TRAITEMENT : DEMARCHE PROSPECTIVE

Une femme enceinte (et ne le sachant pas, le plus souvent) a pris des médicaments

LA DÉCISION EST UN ACTE MÉDICAL

Ne pas affoler : peu de médicaments peuvent entraîner une décision d'interruption de grossesse.

Quels sont les risques pour l'enfant ?

Préciser l'âge gestationnel, la durée et la posologie du traitement par rapport à cet âge ;

Connaître précisément le traitement et son motif ;

Tenir compte du contexte spécifique :

- médical (y compris les habitudes : alcool, tabac),
- personnel (psychologiques),
- antécédents (personnels, familiaux, génétiques) ;

Analyser les documents disponibles : pharmacologiques, embryologiques et épidémiologiques ;

Le facteur humain est essentiel ;

Si le traitement est chronique, envisager la grossesse dans toute sa durée (cf. par. A).

C. APRES LA NAISSANCE : DEMARCHE RETROSPECTIVE

Une femme donne naissance à un enfant malformé et/ou ayant une pathologie : l'anamnèse obstétricale permet de retrouver une prise médicamenteuse. Quel est le lien possible entre l'exposition et la malformation et/ou la pathologie ?

Obtenir un compte rendu spécialisé de la malformation ou de la pathologie (déroulement de la grossesse, accouchement);

Rechercher une autre cause : génétique, consultation spécialisée ;

Communiquer ce cas à un système d'enregistrement.

Nous ne détaillerons pas les risques des traitements classiquement tératogènes (thalidomide, diéthylilbestrol, radiothérapie, anticancéreux, anticoagulants oraux). Nous insisterons sur :

Les médicaments tératogènes récents ;

Les médicaments à risque pour lesquels un diagnostic anténatal est possible.

MEDICAMENTS RECENTS PRESENTANT UN RISQUE TERATOGENE

(BAVOUX, 1989 ; ELEFANT, 1986)

MÉDICAMENTS RISQUES TÉRATOGÈNES CONDUITE À TENIR
Roaccutane

(isotrétinoïne)




Tigason (étrétinate)

remplacé par Soriatane



Indications : ciblées, formes graves et rares de dermatoses résistant aux traitements classiques.

Roaccutane : chez l'animal et en clinique, malformations prédominantes : système nerveux central, oreille externe et cœur ;

Soriatane : beaucoup moins de données chez l'animal et en clinique : quelques malformations prédominantes au niveau du squelette (Éléfant, 1987).

Grossesse : contre-indication absolue.

En cas d'exposition en début de grossesse, interruption de grossesse justifiée.

Chez toute femme susceptible d'être enceinte, indication fermement pesée. Si traitement indispensable, contraception rigoureusement suivie.

A l'arrêt du traitement :

- Soriatane : grossesse à éviter dans les deux années suivant arrêt traitement, en raison de l'accumulation tissulaire.

- Roaccutane : grossesse à éviter dans le mois après arrêt traitement car cette molécule s'élimine plus rapidement.

MEDICAMENTS A RISQUE TERATOGENE NECESSITANT UN DIAGNOSTIC ANTENATAL

MÉDICAMENTS RISQUES TÉRATOGÈNES CONDUITE À TENIR

Lithium

Malformation cardiaque dans un pourcentage _ 5% (communication interventriculaire, canal artérielcanal artériel) et maladie d'Ebstein < 2,8% (Jacobson, 1992).

En cas de grossesse démarrée sous lithium,

il n'est plus légitime de conseiller systématiquement une interruption de grossesse chez femme bien équilibrée.

En effet, un diagnostic anténatal est possible par une équipe spécialisée en échographie cardiaque fœtale à partir de 20 SA (Fermont, 1986).


Dépakine® (valproate de sodium)

Tégrétol® (carbamazépine)


Défaut de fermeture du tube neural (DFTN) (spina-bifidaspina-bifida, myéloméningocèle) : 1% des cas (1‰ dans la population générale) pour le valproate de sodium ;

Non estimé pour la carbamazépine (évoqué par des publications récentes (Delgadot-Escueta, 1992).


Prévention de survenue

de DFTN par acide foliqueacide folique (Spéciafoldine® : 5mg/24h), 2 mois avant et 1 mois après la conception.

Diagnostic anténatal

de DFTN : échographie, fœtoprotéine maternelle

et amniocentèse : acétylcholinestérase, alpha-fœtoprotéinealpha-fœtoprotéine.

MÉDICAMENTS PRÉSENTANT UN RISQUE PHARMACOLOGIQUE fœtal ET/OU NEONATAL : DONNEES RECENTES

MÉDICAMENTS RISQUES TÉRATOGÈNES CONDUITE À TENIR

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) = TOUS

(y compris aspirine à posologie inflammatoire)


Toxicité de classe : concerne tous les AINS;

Mort in utero, détresse respiratoire et insuffisance cardiaque droite néonatales par hypertension pulmonaire et fermeture prématurée du canal artériel;

Oligoamnios et oligoanurie chez le nouveau-né : par toxicité rénale fœtale;

Risque hémorragique: par modification de l'agrégation plaquettaire (Bavoux, 1989).


Éviter prise chronique

2e trimestre ;

Contre-indication absolue au 3e trimestre ;

Prévenir l'automédication et les indications non justifiées, douleurs lombaires, soins dentaires, hémorroïdes, angine, sinusite...

Situation obstétricale sans alternative, surveillance fœtale spécialisée (fonction cardiaque, diurèse).


Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) groupe captopril, énalapril, etc.

Toxicité de classe concernant tous les IEC : mécanisme d'action commun hémodynamique évoqué (Kreft-Jais, 1988) ;

- oligoamnios

- oligoanurie

- quelques cas d'anomalies

d'ossification des os du crâne (Brent, 1991).


Contre-indication ;

En cas de découverte de grossesse : relais le plus tôt possible par un autre antihypertenseur (la diurèse fœtale commence vers 10-12e semaine de vie embryonnaire).

MÉDICAMENTS RISQUES TÉRATOGÈNES CONDUITE À TENIR

Anticonvulsivants

- inducteurs enzymatiques hépatiques : phénobarbital, carbamzépine, primidone (métabolisé en partie en phénobarbital), phénytoïne.





- Non inducteur enzymatique hépatique : acide valproïque (Dépakine®).


Chez le nouveau-né : syndrome hémorragique précoce pendant le travail et dans les 24 premières heures de vie par déficit en vitamine K ;

Anomalies du bilan phosphocalcique par déficit en vitamine D ;

Pour phénobarbital et primidone : somnolence, hypotonie, difficultés de succion et non constant : sevrage (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991).

Non inducteur enzymatique (pas d'action sur le métabolisme des vitamine D et vitamine K) ;

Mais risque de thrombopénie, de diminution de l'agrégation plaquettaire, du fibrinogène et des facteurs de coagulation.


Chez la mère : vitamine K1 (20 mg/j) par voie buccale dans le dernier mois de grossesse et vitamine K1 à la naissance chez le nouveau-né ;

Chez la mère : vitamine D sous forme de vitamine D2 : ergocalciférol de 1 000 à 1 500 UI/j. dans le dernier trimestre de la grossesse ;

Pour phénobarbital et primodone dosages sang de cordon.

Dosage du fibrinogène, TCK, numération plaquettaire chez la mère avant accouchement et chez le nouveau-né à la naissance (Bavoux, 1989).

MÉDICAMENTS RISQUES TÉRATOGÈNES CONDUITE À TENIR

Psychotropes

- neuroleptiques (phénothiazines,

chef de file chlorpromazine, butyrophènones, chef de file, halopéridol) et correcteurs anti-parkinsoniens (par exemple, trihéxyphénidyle : Artane®)

- antidépresseurs imprimaniques : clomipramine (Anafranil®), amitriptyline (Laroxyl®).



- benzodiazépines : groupe d'élimination lente, diazépam ; groupe d'élimination intermédiaire : oxazépam (Séresta®).


Syndrome extra-pyramidal ;

Imprégnation atropinique pour les phénothiazines, majorée par les correcteurs anti-parkinsoniens : retard d'émission du méconium, distension abdominale, rare syndrome du petit colon gauche, tachycardie, rétention urinaire, hyperexcitabilité (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991).

Détresse respiratoire avec acidose, sans anomalie de la radio pulmonaire ;

Imprégnation atropinique, hyper-excitabilité au 1er plan (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991).

Pause respiratoire, hypotonie, difficultés de succion ; syndrome de sevrage non constant (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991).


Pour tous les médicaments : possibilité de prévenir ou de diminuer la toxicité chez le nouveau-né par une monothérapie quand elle est possible, ou une diminution des posologies maternelles, très progressive lors des deux derniers mois de grossesse, en évitant un arrêt brutal et sous couvert d'un soutien psychothérapique.











Pour les benzodiazépines, prévenir l'automédication et éviter la prolongation des traitements ;

Prévoir l'accueil du nouveau-né par l'équipe pédiatrique (Bavoux, 1989).

LISTE DES CENTRES DE PHARMACOVIGILANCE

ANGERS

M. le Professeur P. ALLAIN

CHRU

49033 ANGERS Cedex

Tél. : 41 35 45 54 - 41 73 20 66

Fax : 41 73 20 66

BESANÇON

M. le Professeur P. BECHTEL

CHRU Jean-Minjoz

Boulevard Flemming

25030 BESAÇON Cedex

Tél. : 81 66 82 99 - 81 66 83 00

Fax : 81 66 94 99

BORDEAUX

M. le Professeur B. BEGAUD

Hôpital Carreire-Pellegrin

Zone Nord - Bât. 1A

33076 BORDEAUX Cedex

Tél. : 56 98 16 07

Fax : 56 24 58 89

BREST

M. le Professeur C. RICHE

CHRU

5, avenue Foch

29609 BREST Cedex

Tél. : 98 22 33 10 - 98 44 67 54

Fax : 98 01 64 66

CAEN

M. le Professeur M. MOULIN

CHRU

Avenue de la Côte-de-Nacre

14033 CAEN Cedex

Tél. : 31 06 46 72 - 31 06 82 13

Fax : 31 06 46 73

CLERMONT-FERRAND

Mme le Professeur J. LAVARENNE

Faculté de Médecine

Place Henri-Dunant, BP 38

63001 CLERMONT-FERRAND Cedex

Tél. : 73 60 80 33

Fax : 73 27 71 62

DIJON

M. le Professeur A. ESCOUSSE

Hôpital général

2, rue du Faubourg-Raines

21033 DIJON Cedex

Tél. : 80 41 54 78 - 80 29 37 42

Fax : 80 29 37 23

GRENOBLE

M. le Docteur MALLARET

CHRU

BP 217

38043 GRENOBLE Cedex 9

Tél. : 76 76 54 92 - 76 76 51 45

Fax : 76 76 56 55

LILLE

M. le Docteur J. CARON

CHRU

Place de Verdun

59045 LILLE Cedex

Tél. : 20 96 18 18 - 20 44 54 49

Fax : 20 62 69 92

LIMOGES

M. le Professeur L. MERLE

CHRU

2, avenue Martin-Luther-King

87042 LIMOGES Cedex

Tél. : 55 05 61 40

Fax : 55 05 61 62

LYON

M. le Professeur J.C. EVREUX

CHRU

Hôpital Édouard-Herriot, Pav. N4

5, place d'Arsonval

69437 LYON Cedex 03

Tél. : 78 53 62 37 - 72 11 00 11

Fax : 72 34 55 67

MARSEILLE

Mme le Professeur J. JOUGLARD

Hôpital Salvator

249, boulevard Ste-Marguerite, BP 51

13274 MARSEILLE Cedex 9

Tél. : 91 74 75 60

Fax : 91 74 07 80

MONTPELLIER

M. le Professeur J.P. BLAYAC

CHRU

Hôpital Saint-Charles

300, rue Auguste-Broussonnet

34059 MONTPELLIER Cedex

Tél. : 67 33 67 57

Fax : 67 33 67 51

NANCY

M. le Professeur R.J. ROYER

CHRU

29, av. du Mal-de-Lattre-de-Tassigny

54037 NANCY Cedex

Tél. : 83 36 40 88 - 83 85 27 60

Fax : 83 32 33 44

NANTES

M. le Professeur C. LAROUSSE

CHR Hôtel-Dieu

Institut de Biologie

Quai Moncousu, BP 1005

44035 NANTES Cedex 01

Tél. : 40 08 40 96

Fax : 40 08 40 97

NICE

Mme le Dr R.M. CHICHMANIAN

Hôpital Pasteur

30, av. de la Voie-Romaine, BP 69

06002 NICE Cedex

Tél. : 93 81 69 69 - 92 03 77 74

Fax : 92 03 77 73

PARIS (et région parisienne)

Mme le Docteur C. KREFT-JAIS

Hôpital Broussais

Service de pharmacologie

96, rue Didot

75674 PARIS Cedex 14

Tél. : 43 95 91 03 - 43 95 91 00

Fax : 43 95 81 00

M. le Professeur G. CHEYMOL

CHU Saint-Antoine

184, rue du Faubourg-Saint-Antoine

75571 PARIS Cedex 12

Tél. : 43 47 54 69

Fax : 40 01 14 99

M. le Professeur M.L. EFTHYMIOU

Hôpital Fernand-Widal

200, rue du Faubourg-Saint-Denis

75475 PARIS Cedex 10

Tél. : 40 05 43 34 (heures bureau)

40 37 04 04 (permanence)

Fax. : 40 05 41 93

M. le Professeur G. OLIVE

CHU Cochin-Port-Royal

Hôpital Saint-Vincent-de-Paul

82, avenue Denfert-Rochereau

75674 PARIS Cedex 14

Tél. : 40 48 82 13 - 40 48 82 09

Fax : 40 48 83 27

Mme le Docteur C. SOUBRIÉ

CHU Pitié-Salpêtrière

Service de pharmacologie

47, bd de l'Hôpital

75651 PARIS Cedex 13

Tél. : 42 16 16 70

Fax : 42 16 16 88

Mme le Docteur E. ALBENGRES

Centre hospitalier intercommunal

Service de pharmarcie

40, avenue de Verdun

94010 CRÉTEIL Cedex

Tél. : 48 98 37 54 - 45 17 53 86

Fax : 42 07 46 44

POITIERS

M. le Professeur B. VANDEL

CHRU

BP 577

86021 POITIERS Cedex

Tél. : 49 44 39 38 - 49 44 44 53

Fax : 49 44 38 45

REIMS

M. le Professeur H. CHOISY

CHRU

45, rue Cognacq-Jay

51092 REIMS Cedex

Tél. : 26 78 77 80 - 26 78 79 24

Fax : 26 78 84 56

RENNES

M. le Professeur H. ALLAIN

CHRU

Hôpital Pontchaillou

Rue Henri-Le-Guilloux

35033 RENNES Cedex

Tél. : 99 28 43 63 - 99 33 69 69

Fax : 99 33 68 90

ROUEN

M. le Docteur N. MOORE

Hôpital de Bois-Guillaume

CHU de Rouen

76031 ROUEN Cedex

Tél. : 35 08 83 30 - 35 08 83 79

Fax. : 35 08 83 49

SAINT-ÉTIENNE

M. le Professeur M. OLLAGNIER

CHRU

Hôpital de Bellevue

Boulevard Pasteur

42023 SAINT-ÉTIENNE Cedex

Tél. : 77 80 79 79 - 77 42 77 37

Fax : 77 42 77 74

STRASBOURG

M. le Professeur J.L. IMBS

CHRU Hôpital civil

1, place de l'Hôpital

67000 STRASBOURG

Tél. : 88 16 17 18 - 88 37 17 16

Fax : 88 36 07 15

TOULOUSE

M. le Pr J.L. MONTASTRUC

CHU Toulouse

37, allée Jules-Guesde

31073 TOULOUSE Cedex

Tél. 61 25 51 12

Fax : 61 25 51 16

TOURS

Mme le Professeur E. AUTRET

CHRU

2, boulevard Tonnellé

37044 TOURS Cedex

Tél. : 47 47 47 47 poste 6613/6614

Fax : 47 47 38 26

II. VACCINS ET GROSSESSE

Une consultation de vaccination est nécessaire, notamment en cas de voyage ou en cas de doute.

Trois classes de vaccins sont distinguées :

Sont contre-indiqués les vaccins à virus vivants atténués :

- antirubéoleux : cependant une vaccination accidentelle pendant une grossesse débutante n'entraîne pas de risque fœtal,
- antivariolique en raison du risque de vaccine fœtale (sauf en cas d'épidémie),
- antipoliomyélitique par souche vivante (vaccin oral), mais non pas voie injectable ;

Sont à éviter : certains vaccins car ils peuvent provoquer des réactions maternelles :

- antityphoparatyphique,
- antidiphtérique,
- anticoquelucheux,
- antidysentérique,
- antirabique : on peut le pratiquer en cas de nécessité absolue,
- antirougeoleux et antiourlien : ces deux vaccins sont sans indication chez la femme enceinte,
- le BCG n'est pas à envisager pendant la grossesse ;

Sont admis les vaccins :

- antitétanique : ne pas hésiter à le faire en cas de plaie souillée (risque de tétanos),
- antipoliomyélitique inactivé (voie injectable),
- anticholérique, mais son efficacité douteuse fait préférer l'abstention,
- antigrippale,
- antihépatite B, il n'est pas souhaitable de vacciner pendant la grossesse en raison du manque de recul pour évaluer un risque éventuel pour le premier trimestre.

En conclusion, une certaine prudence doit être observée vis-à-vis de la vaccination chez la femme enceinte, surtout pendant les trois premiers mois. La période du post-partum est, en revanche, une période très propice pour compléter les vaccinations, en particulier rubéole et hépatite B.

III. RADIODIAGNOSTIC ET GROSSESSE

Les examens radiologiques au cours de la grossesse restent licites lorsqu'ils sont médicalement et obstétricalement justifiés et qu'il n'existe aucun autre moyen de les remplacer.

Il est cependant recommandé d'éviter tout examen pendant les douze premières SA.

Des précautions s'imposent, portant avant tout sur le choix des techniques radiographiques (constantes incidences) et la réduction du nombre de films (deux ou trois).

Les radiographies obstétricales sont en général pratiquées au dernier trimestre.
Les indications d'interruption de grossesse et la conduite à tenir en fonction des doses reçues ne sont pas clairement établies.

Il est admis toutefois qu'une exposition supérieure à 200 centigrays (cGy) rende licite une interruption thérapeutique de grossesse avant 17 SA. Les doses inférieures à 0,1 cGy en doses gonades ne semblent pas avoir d'effets malformatifs.

Dans la grande majorité des cas, les examens radiologiques pratiqués et en particulier les irradiations sous-diaphragmatiques, avec un risque accru d'irradiation de l'utérus, ne délivrent pas de doses gonades supérieures à 10 cGy et révèlent des issues de grossesses tout à fait comparables à celles de la population générale (Éléfant, 1991 ; Tubiana, 1991).

Dose moyenne délivrée aux ovaires et à l'utérus par quelques examens radiologiques :

Bassin 0,25 cGy
Abdomen 0,2 cGy
Urographie 0,6 cGy
Pelvimétrie 0,7 cGy
Rachis lombaire 0,4 cGy
Poumons 0,002 cGy
Scanner abdomino-pelvien 0,17 cGy


En cas d'irradiation accidentelle pendant la grossesse :

Faire préciser l'âge gestationnelâge gestationnel ;

Calculer la dose délivrée ;

Décider en fonction de ces éléments en collaboration entre obstétricien, néonatalogue, tératologiste ;

Prévenir les centres de tératovigilancecentres de tératovigilance pour l'établissement des statistiques en cas d'ITG, faire faire un examen fœtopathologique.


IV. TABAC - ALCOOL - DROGUES

1. Tabac

Le tabagisme est un facteur de risque de retard de croissance intra-utérin, (cf. chap. 11). Il augmente l'incidence de placenta prævia, le décollement prématuré du placenta, ainsi que le risque de souffrance fœtale et de mort fœtale in utero.

La substance responsable de ces effets nocifs n'est pas bien identifiée.

Un seul conseil : pas de tabac.

2. Alcool

L'alcool traverse facilement le placenta. Un syndrome d'atteinte fœtale, lié à un alcoolisme massif et prolongé pendant la grossesse, a été décrit chez 1/600 à 1/1 500 naissance ; il associe un retard de croissance intra-utérin, une dysmorphie faciale à type de microcéphalie et de microphatalmie, une atteinte du système nerveux et d'autres anomalies.

Un syndrome de manque est possible en période néonatale si l'alcoolisme maternel est important au troisième trimestre.

Par ailleurs, les alcooliques sévèrement intoxiquées souffrent de malnutrition par manque d'apport calorique et par carence en vitamines B.

Un seul conseil : s'abstenir totalement d'alcool pendant la grossesse.

3. Drogues

La grossesse chez la toxicomane est à haut risque car il existe sur ce terrain de multiples éléments qui s'intriquent :

Conditions de vie précaires (malnutrition, locaux insalubres...) ;
Association à l'alcoolisme et surtout au tabagisme et fréquence des polyintoxications;
Mauvais suivi prénatal (première consultation souvent tardive du fait de l'aménorrhée fréquente, patientes peu dociles).

Ces grossesses sont plus souvent compliquées d'avortements, accouchements prématurés, retard de croissance intra-utérin, infections (maladies vénériennes, hépatites virales...), anémie (par malnutrition), souffrance lors du travail.

Le syndrome de sevrage chez le nouveau-né est fréquent, il peut être grave et nécessite une surveillance et un traitement dans un service de réanimation néonatale habitué à prendre en charge ce type de problèmes.


Guide de surveillance de la grossesse de l'ANAES