|
Guide de surveillance de la grossesse ENVIRONNEMENT : MEDICAMENTS, RADIATIONS, TABAC, ALCOOL, TOXICOMANIE, VACCINATIONS |
Françoise BAVOUX, Élisabeth ÉLÉFANT,
Jean-Marie THOULON, Guillaume NATHAN, Marc LAVILLE
La tératologie étudie l'apparition de malformations morphologiques, l'exemple le plus frappant de tératogénèse médicamenteuse demeure la thalidomide. Cependant, le terrain d'études s'étant progressivement affiné, la signification de tératologie s'est élargie afin de désigner l'étude des anomalies du développement sous toutes leurs formes, en partant de pathologies morphologiques pour aller aux troubles fonctionnels dus à des perturbations des processus de différenciation et de maturation pendant la vie intra-utérine (Éléfant, 1986).
Pour apprécier l'augmentation d'incidence d'une malformation que l'on suppose être la conséquence d'une agression extérieure en cours de grossesse, il faut essayer en premier lieu de se fonder sur la fréquence des malformations dans la population générale. Cette fréquence est très difficile à apprécier avec exactitude, pour deux raisons essentiellement: l'imprécision des limites de la notion de malformation et la difficulté du diagnostic précoce de nombreuses anomalies viscérales.
Globalement, il semble que de 2 à 4 % des enfants environ naissent porteurs d'une malformation (malformations mineures et majeures confondues) (Roux, 1982).
Les causes des malformations sont inconnues dans 65 à 70 % des cas. Les causes médicamenteuses ou toxiques ne représenteraient que de 4 à 5 % des cas (Éléfant, 1986).
1. De 0 à 8 semaines postconceptionnelles (de 0 à 10 SA)
Le risque tératogène est fonction de l'âge gestationnel ? bien que la réalité soit plus complexe, on peut dire :
De 0 à 10 jours postconceptionnels, le risque est quasi nul : une atteinte de l'uf entraîne l'avortement ; le risque commence vers 2 semaines postconceptionnelles (soit 4 SA) ; il est variable selon les organes.
La figure ci-jointe schématise le développement embryonnaire en fonction des semaines d'aménorrhée : en trait épais, le maximum de sensibilité tératogène et, en trait plus fin, le risque moindre ou le risque d'atteinte non plus morphologique, mais fonctionnelle. On voit ainsi que le risque maximal est avant 10 SA, sauf pour les organes génitaux, les oreilles et le système nerveux central (SNC).
2. Au-delà de 8 semaines postconceptionnelles (10 SA) : période ftale
Les organes sont formés. Leur développement continue (accroissement de volume, maturation, mise en fonction). A ce stade, les drogues n'entraînent plus de risque tératogène. Elles peuvent altérer le fonctionnement, freiner le développement. Le ftus subira les traitements de sa mère, mais les produits auront un métabolisme différent de celui de l'enfant. Une accumulation tissulaire de certains produits peut avoir lieu. Certains peuvent même mettre plusieurs jours pour être éliminés en période postnatale (benzodiazépine).
On doit tenir compte de ces éléments chaque fois que l'on est amené à prescrire pendant la grossesse.
(BAVOUX, 1989)
Une femme est enceinte. En cas de nécessité de traitement, comment envisager la thérapeutique maternelle la moins nocive pour l'enfant (infections, douleurs en cours de grossesse) ?
Etudier l'interaction possible de la pathologie et de la grossesse ;
Choisir le médicament le mieux connu au cours de la grossesse ;
Programmer les éléments de surveillance chez la mère et l'enfant ;
Assurer une bonne coordination des membres de
l'équipe les prenant en charge.
Une femme est traitée au long cours (cardiopathie, diabète, épilepsie, maladies rhumatismales, pathologie psychiatrique) et désire une grossesse. Comment envisager la thérapeutique maternelle la moins nocive pour l'enfant ?
Si une modification du traitement est nécessaire, la programmer, si possible, avant le début de la grossesse et s'assurer du bon contrôle thérapeutique de la maladie ;
Envisager, si besoin, des mesures préventives.
Une femme enceinte (et ne le sachant pas, le plus souvent) a pris des médicaments
LA DÉCISION EST UN ACTE MÉDICAL
Ne pas affoler : peu de médicaments peuvent entraîner une décision d'interruption de grossesse.
Quels sont les risques pour l'enfant ?
Préciser l'âge gestationnel, la durée et la posologie du traitement par rapport à cet âge ;
Connaître précisément le traitement et son motif ;
Tenir compte du contexte spécifique :
- médical (y compris les habitudes : alcool, tabac),
- personnel (psychologiques),
- antécédents (personnels, familiaux, génétiques) ;
Analyser les documents disponibles : pharmacologiques, embryologiques et épidémiologiques ;
Le facteur humain est essentiel ;
Si le traitement est chronique, envisager la grossesse dans toute sa durée (cf. par. A).
Une femme donne naissance à un enfant malformé et/ou ayant une pathologie : l'anamnèse obstétricale permet de retrouver une prise médicamenteuse. Quel est le lien possible entre l'exposition et la malformation et/ou la pathologie ?
Obtenir un compte rendu spécialisé de la malformation ou de la pathologie (déroulement de la grossesse, accouchement);
Rechercher une autre cause : génétique, consultation spécialisée ;
Communiquer ce cas à un système d'enregistrement.
Nous ne détaillerons pas les risques des traitements classiquement tératogènes (thalidomide, diéthylilbestrol, radiothérapie, anticancéreux, anticoagulants oraux). Nous insisterons sur :
Les médicaments tératogènes récents ;
Les médicaments à risque pour lesquels un
diagnostic anténatal est possible.
(BAVOUX, 1989 ; ELEFANT,
1986)
| MÉDICAMENTS | RISQUES TÉRATOGÈNES | CONDUITE À TENIR |
|
Roaccutane (isotrétinoïne) Tigason (étrétinate) remplacé par Soriatane Indications : ciblées, formes graves et rares de dermatoses résistant aux traitements classiques. |
Roaccutane : chez l'animal et en clinique,
malformations prédominantes : système nerveux central,
oreille externe et cur ; Soriatane : beaucoup moins de données chez l'animal et en clinique : quelques malformations prédominantes au niveau du squelette (Éléfant, 1987). |
Grossesse : contre-indication absolue.
En cas d'exposition en début de grossesse, interruption de grossesse justifiée. Chez toute femme susceptible d'être enceinte, indication fermement pesée. Si traitement indispensable, contraception rigoureusement suivie. A l'arrêt du traitement : - Soriatane : grossesse à éviter dans les deux années suivant arrêt traitement, en raison de l'accumulation tissulaire. - Roaccutane : grossesse à éviter dans le mois après arrêt traitement car cette molécule s'élimine plus rapidement. |
MEDICAMENTS A RISQUE
TERATOGENE NECESSITANT UN DIAGNOSTIC ANTENATAL
| MÉDICAMENTS | RISQUES TÉRATOGÈNES | CONDUITE À TENIR |
Lithium |
Malformation cardiaque dans un pourcentage _ 5% (communication interventriculaire, canal artérielcanal artériel) et maladie d'Ebstein < 2,8% (Jacobson, 1992). |
En cas de grossesse démarrée sous lithium, il n'est plus légitime de conseiller systématiquement une interruption de grossesse chez femme bien équilibrée. En effet, un diagnostic anténatal est possible par une équipe spécialisée en échographie cardiaque ftale à partir de 20 SA (Fermont, 1986). |
Dépakine® (valproate de sodium) Tégrétol® (carbamazépine) |
Défaut de fermeture du tube neural (DFTN) (spina-bifidaspina-bifida, myéloméningocèle) : 1% des cas (1 dans la population générale) pour le valproate de sodium ; Non estimé pour la carbamazépine (évoqué par des publications récentes (Delgadot-Escueta, 1992). |
Prévention de survenue de DFTN par acide foliqueacide folique (Spéciafoldine® : 5mg/24h), 2 mois avant et 1 mois après la conception. Diagnostic anténatal de DFTN : échographie, ftoprotéine maternelle et amniocentèse : acétylcholinestérase, alpha-ftoprotéinealpha-ftoprotéine. |
MÉDICAMENTS PRÉSENTANT UN
RISQUE PHARMACOLOGIQUE ftal ET/OU NEONATAL : DONNEES
RECENTES
| MÉDICAMENTS | RISQUES TÉRATOGÈNES | CONDUITE À TENIR |
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) = TOUS (y compris aspirine à posologie inflammatoire) |
Toxicité de classe : concerne tous les AINS; Mort in utero, détresse respiratoire et insuffisance cardiaque droite néonatales par hypertension pulmonaire et fermeture prématurée du canal artériel; Oligoamnios et oligoanurie chez le nouveau-né : par toxicité rénale ftale; Risque hémorragique: par modification de l'agrégation plaquettaire (Bavoux, 1989). |
Éviter prise chronique 2e trimestre ; Contre-indication absolue au 3e trimestre ; Prévenir l'automédication et les indications non justifiées, douleurs lombaires, soins dentaires, hémorroïdes, angine, sinusite... Situation obstétricale sans alternative, surveillance ftale spécialisée (fonction cardiaque, diurèse). |
Inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC) groupe captopril, énalapril, etc. |
Toxicité de classe concernant tous les IEC : mécanisme d'action commun hémodynamique évoqué (Kreft-Jais, 1988) ; - oligoamnios - oligoanurie - quelques cas d'anomalies d'ossification des os du crâne (Brent, 1991). |
Contre-indication ; En cas de découverte de grossesse : relais le plus tôt possible par un autre antihypertenseur (la diurèse ftale commence vers 10-12e semaine de vie embryonnaire). |
| MÉDICAMENTS | RISQUES TÉRATOGÈNES | CONDUITE À TENIR |
Anticonvulsivants -
inducteurs enzymatiques hépatiques : phénobarbital,
carbamzépine, primidone (métabolisé en partie en
phénobarbital), phénytoïne. - Non inducteur enzymatique hépatique : acide valproïque (Dépakine®). |
Chez le nouveau-né : syndrome hémorragique précoce pendant le travail et dans les 24 premières heures de vie par déficit en vitamine K ; Anomalies du bilan phosphocalcique par déficit en vitamine D ; Pour phénobarbital et primidone :
somnolence, hypotonie, difficultés de succion et non
constant : sevrage (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991). Non inducteur enzymatique (pas d'action sur le métabolisme des vitamine D et vitamine K) ; Mais risque de thrombopénie, de diminution de l'agrégation plaquettaire, du fibrinogène et des facteurs de coagulation. |
Chez la mère : vitamine K1 (20 mg/j) par voie buccale dans le dernier mois de grossesse et vitamine K1 à la naissance chez le nouveau-né ; Chez la mère : vitamine D sous forme de vitamine D2 : ergocalciférol de 1 000 à 1 500 UI/j. dans le dernier trimestre de la grossesse ; Pour phénobarbital et primodone
dosages sang de cordon. Dosage du fibrinogène, TCK, numération plaquettaire chez la mère avant accouchement et chez le nouveau-né à la naissance (Bavoux, 1989). |
| MÉDICAMENTS | RISQUES TÉRATOGÈNES | CONDUITE À TENIR |
Psychotropes - neuroleptiques (phénothiazines, chef de file chlorpromazine,
butyrophènones, chef de file, halopéridol) et
correcteurs anti-parkinsoniens (par exemple,
trihéxyphénidyle : Artane®) - antidépresseurs imprimaniques :
clomipramine (Anafranil®), amitriptyline (Laroxyl®). - benzodiazépines : groupe d'élimination lente, diazépam ; groupe d'élimination intermédiaire : oxazépam (Séresta®). |
Syndrome extra-pyramidal ; Imprégnation atropinique pour les
phénothiazines, majorée par les correcteurs
anti-parkinsoniens : retard d'émission du méconium,
distension abdominale, rare syndrome du petit colon
gauche, tachycardie, rétention urinaire,
hyperexcitabilité (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991). Détresse respiratoire avec acidose, sans anomalie de la radio pulmonaire ; Imprégnation atropinique,
hyper-excitabilité au 1er plan (Éléfant, 1987 ;
Schilliger, 1991). Pause respiratoire, hypotonie, difficultés de succion ; syndrome de sevrage non constant (Éléfant, 1987 ; Schilliger, 1991). |
Pour tous les médicaments : possibilité de prévenir ou de diminuer la toxicité chez le nouveau-né par une monothérapie quand elle est possible, ou une diminution des posologies maternelles, très progressive lors des deux derniers mois de grossesse, en évitant un arrêt brutal et sous couvert d'un soutien psychothérapique. Pour les benzodiazépines, prévenir l'automédication et éviter la prolongation des traitements ; Prévoir l'accueil du nouveau-né par l'équipe pédiatrique (Bavoux, 1989). |
LISTE DES CENTRES DE PHARMACOVIGILANCE
| ANGERS
M. le Professeur P. ALLAIN CHRU 49033 ANGERS Cedex Tél. : 41 35 45 54 - 41 73 20 66 Fax : 41 73 20 66 BESANÇON M. le Professeur P. BECHTEL CHRU Jean-Minjoz Boulevard Flemming 25030 BESAÇON Cedex Tél. : 81 66 82 99 - 81 66 83 00 Fax : 81 66 94 99 BORDEAUX M. le Professeur B. BEGAUD Hôpital Carreire-Pellegrin Zone Nord - Bât. 1A 33076 BORDEAUX Cedex Tél. : 56 98 16 07 Fax : 56 24 58 89 BREST M. le Professeur C. RICHE CHRU 5, avenue Foch 29609 BREST Cedex Tél. : 98 22 33 10 - 98 44 67 54 Fax : 98 01 64 66 CAEN M. le Professeur M. MOULIN CHRU Avenue de la Côte-de-Nacre 14033 CAEN Cedex Tél. : 31 06 46 72 - 31 06 82 13 Fax : 31 06 46 73 |
CLERMONT-FERRAND
Mme le Professeur J. LAVARENNE Faculté de Médecine Place Henri-Dunant, BP 38 63001 CLERMONT-FERRAND Cedex Tél. : 73 60 80 33 Fax : 73 27 71 62 DIJON M. le Professeur A. ESCOUSSE Hôpital général 2, rue du Faubourg-Raines 21033 DIJON Cedex Tél. : 80 41 54 78 - 80 29 37 42 Fax : 80 29 37 23 GRENOBLE M. le Docteur MALLARET CHRU BP 217 38043 GRENOBLE Cedex 9 Tél. : 76 76 54 92 - 76 76 51 45 Fax : 76 76 56 55 LILLE M. le Docteur J. CARON CHRU Place de Verdun 59045 LILLE Cedex Tél. : 20 96 18 18 - 20 44 54 49 Fax : 20 62 69 92 LIMOGES M. le Professeur L. MERLE CHRU 2, avenue Martin-Luther-King 87042 LIMOGES Cedex Tél. : 55 05 61 40 Fax : 55 05 61 62 |
| LYON M. le Professeur J.C. EVREUX CHRU Hôpital Édouard-Herriot, Pav. N4 5, place d'Arsonval 69437 LYON Cedex 03 Tél. : 78 53 62 37 - 72 11 00 11 Fax : 72 34 55 67 MARSEILLE Mme le Professeur J. JOUGLARD Hôpital Salvator 249, boulevard Ste-Marguerite, BP 51 13274 MARSEILLE Cedex 9 Tél. : 91 74 75 60 Fax : 91 74 07 80 MONTPELLIER M. le Professeur J.P. BLAYAC CHRU Hôpital Saint-Charles 300, rue Auguste-Broussonnet 34059 MONTPELLIER Cedex Tél. : 67 33 67 57 Fax : 67 33 67 51 NANCY M. le Professeur R.J. ROYER CHRU 29, av. du Mal-de-Lattre-de-Tassigny 54037 NANCY Cedex Tél. : 83 36 40 88 - 83 85 27 60 Fax : 83 32 33 44 NANTES M. le Professeur C. LAROUSSE CHR Hôtel-Dieu Institut de Biologie Quai Moncousu, BP 1005 44035 NANTES Cedex 01 Tél. : 40 08 40 96 Fax : 40 08 40 97 |
NICE Mme le Dr R.M. CHICHMANIAN Hôpital Pasteur 30, av. de la Voie-Romaine, BP 69 06002 NICE Cedex Tél. : 93 81 69 69 - 92 03 77 74 Fax : 92 03 77 73 PARIS (et région parisienne) Mme le Docteur C. KREFT-JAIS Hôpital Broussais Service de pharmacologie 96, rue Didot 75674 PARIS Cedex 14 Tél. : 43 95 91 03 - 43 95 91 00 Fax : 43 95 81 00 M. le Professeur G. CHEYMOL CHU Saint-Antoine 184, rue du Faubourg-Saint-Antoine 75571 PARIS Cedex 12 Tél. : 43 47 54 69 Fax : 40 01 14 99 M. le Professeur M.L. EFTHYMIOU Hôpital Fernand-Widal 200, rue du Faubourg-Saint-Denis 75475 PARIS Cedex 10 Tél. : 40 05 43 34 (heures bureau) 40 37 04 04 (permanence) Fax. : 40 05 41 93 M. le Professeur G. OLIVE CHU Cochin-Port-Royal Hôpital Saint-Vincent-de-Paul 82, avenue Denfert-Rochereau 75674 PARIS Cedex 14 Tél. : 40 48 82 13 - 40 48 82 09 Fax : 40 48 83 27 |
| Mme
le Docteur C. SOUBRIÉ CHU Pitié-Salpêtrière Service de pharmacologie 47, bd de l'Hôpital 75651 PARIS Cedex 13 Tél. : 42 16 16 70 Fax : 42 16 16 88 Mme le Docteur E. ALBENGRES Centre hospitalier intercommunal Service de pharmarcie 40, avenue de Verdun 94010 CRÉTEIL Cedex Tél. : 48 98 37 54 - 45 17 53 86 Fax : 42 07 46 44 POITIERS M. le Professeur B. VANDEL CHRU BP 577 86021 POITIERS Cedex Tél. : 49 44 39 38 - 49 44 44 53 Fax : 49 44 38 45 REIMS M. le Professeur H. CHOISY CHRU 45, rue Cognacq-Jay 51092 REIMS Cedex Tél. : 26 78 77 80 - 26 78 79 24 Fax : 26 78 84 56 RENNES M. le Professeur H. ALLAIN CHRU Hôpital Pontchaillou Rue Henri-Le-Guilloux 35033 RENNES Cedex Tél. : 99 28 43 63 - 99 33 69 69 Fax : 99 33 68 90 |
ROUEN
M. le Docteur N. MOORE Hôpital de Bois-Guillaume CHU de Rouen 76031 ROUEN Cedex Tél. : 35 08 83 30 - 35 08 83 79 Fax. : 35 08 83 49 SAINT-ÉTIENNE M. le Professeur M. OLLAGNIER CHRU Hôpital de Bellevue Boulevard Pasteur 42023 SAINT-ÉTIENNE Cedex Tél. : 77 80 79 79 - 77 42 77 37 Fax : 77 42 77 74 STRASBOURG M. le Professeur J.L. IMBS CHRU Hôpital civil 1, place de l'Hôpital 67000 STRASBOURG Tél. : 88 16 17 18 - 88 37 17 16 Fax : 88 36 07 15 TOULOUSE M. le Pr J.L. MONTASTRUC CHU Toulouse 37, allée Jules-Guesde 31073 TOULOUSE Cedex Tél. 61 25 51 12 Fax : 61 25 51 16 TOURS Mme le Professeur E. AUTRET CHRU 2, boulevard Tonnellé 37044 TOURS Cedex Tél. : 47 47 47 47 poste 6613/6614 Fax : 47 47 38 26 |
|
Une consultation de vaccination est
nécessaire, notamment en cas de voyage ou en cas de doute.
Trois classes de vaccins sont distinguées :
Sont contre-indiqués les vaccins à virus vivants atténués :
- antirubéoleux : cependant une vaccination
accidentelle pendant une grossesse débutante n'entraîne pas de
risque ftal,
- antivariolique en raison du risque de vaccine
ftale (sauf en cas d'épidémie),
- antipoliomyélitique par souche vivante
(vaccin oral), mais non pas voie injectable ;
Sont à éviter : certains vaccins car ils peuvent provoquer des réactions maternelles :
- antityphoparatyphique,
- antidiphtérique,
- anticoquelucheux,
- antidysentérique,
- antirabique : on peut le pratiquer en cas de
nécessité absolue,
- antirougeoleux et antiourlien : ces deux
vaccins sont sans indication chez la femme enceinte,
- le BCG n'est pas à envisager pendant la
grossesse ;
Sont admis les vaccins :
- antitétanique : ne pas hésiter à le faire
en cas de plaie souillée (risque de tétanos),
- antipoliomyélitique inactivé (voie
injectable),
- anticholérique, mais son efficacité
douteuse fait préférer l'abstention,
- antigrippale,
- antihépatite B, il n'est pas souhaitable
de vacciner pendant la grossesse en raison du manque de recul
pour évaluer un risque éventuel pour le premier trimestre.
En conclusion, une certaine prudence
doit être observée vis-à-vis de la vaccination chez la femme
enceinte, surtout pendant les trois premiers mois. La période du
post-partum est, en revanche, une période très propice pour
compléter les vaccinations, en particulier rubéole et hépatite
B.
Les examens radiologiques au cours de la grossesse restent licites lorsqu'ils sont médicalement et obstétricalement justifiés et qu'il n'existe aucun autre moyen de les remplacer.
Il est cependant recommandé d'éviter tout examen pendant les douze premières SA.
Des précautions s'imposent, portant avant tout sur le choix des techniques radiographiques (constantes incidences) et la réduction du nombre de films (deux ou trois).
Les radiographies obstétricales sont en général pratiquées au dernier trimestre.
Les indications d'interruption de grossesse et la conduite à tenir en fonction des doses reçues ne sont pas clairement établies.Il est admis toutefois qu'une exposition supérieure à 200 centigrays (cGy) rende licite une interruption thérapeutique de grossesse avant 17 SA. Les doses inférieures à 0,1 cGy en doses gonades ne semblent pas avoir d'effets malformatifs.
Dans la grande majorité des cas, les examens radiologiques pratiqués et en particulier les irradiations sous-diaphragmatiques, avec un risque accru d'irradiation de l'utérus, ne délivrent pas de doses gonades supérieures à 10 cGy et révèlent des issues de grossesses tout à fait comparables à celles de la population générale (Éléfant, 1991 ; Tubiana, 1991).
Dose moyenne délivrée aux ovaires et à l'utérus par quelques examens radiologiques :
Bassin 0,25 cGy
Abdomen 0,2 cGy
Urographie 0,6 cGy
Pelvimétrie 0,7 cGy
Rachis lombaire 0,4 cGy
Poumons 0,002 cGy
Scanner abdomino-pelvien 0,17 cGy
En cas d'irradiation accidentelle pendant la grossesse :
Faire préciser l'âge gestationnelâge gestationnel ;
Calculer la dose délivrée ;
Décider en fonction de ces éléments en collaboration entre obstétricien, néonatalogue, tératologiste ;
Prévenir les centres de tératovigilancecentres de tératovigilance pour l'établissement des statistiques en cas d'ITG, faire faire un examen ftopathologique.
Le tabagisme est un facteur de risque de retard de croissance intra-utérin, (cf. chap. 11). Il augmente l'incidence de placenta prævia, le décollement prématuré du placenta, ainsi que le risque de souffrance ftale et de mort ftale in utero.
La substance responsable de ces effets nocifs n'est pas bien identifiée.
Un seul conseil : pas de tabac.
L'alcool traverse facilement le placenta. Un syndrome d'atteinte ftale, lié à un alcoolisme massif et prolongé pendant la grossesse, a été décrit chez 1/600 à 1/1 500 naissance ; il associe un retard de croissance intra-utérin, une dysmorphie faciale à type de microcéphalie et de microphatalmie, une atteinte du système nerveux et d'autres anomalies.
Un syndrome de manque est possible en période néonatale si l'alcoolisme maternel est important au troisième trimestre.
Par ailleurs, les alcooliques sévèrement intoxiquées souffrent de malnutrition par manque d'apport calorique et par carence en vitamines B.
Un seul conseil : s'abstenir totalement d'alcool pendant la grossesse.
La grossesse chez la toxicomane est à haut risque car il existe sur ce terrain de multiples éléments qui s'intriquent :
Conditions de vie précaires (malnutrition, locaux insalubres...) ;
Association à l'alcoolisme et surtout au tabagisme et fréquence des polyintoxications;
Mauvais suivi prénatal (première consultation souvent tardive du fait de l'aménorrhée fréquente, patientes peu dociles).Ces grossesses sont plus souvent compliquées d'avortements, accouchements prématurés, retard de croissance intra-utérin, infections (maladies vénériennes, hépatites virales...), anémie (par malnutrition), souffrance lors du travail.
Le syndrome de sevrage chez le nouveau-né est fréquent, il peut être grave et nécessite une surveillance et un traitement dans un service de réanimation néonatale habitué à prendre en charge ce type de problèmes.
Guide de surveillance de la grossesse de l'ANAES