OLIGOAMNIOS - HYDRAMNIOS

Georges BOOG

I. OLIGOAMNIOS

Il s'agit d'une diminution pathologique de la quantité de liquide amniotique dont le diagnostic est échographique : plus large citerne de liquide amniotique inférieure à 2 cm ou index amniotique des 4 quadrants inférieur ou égal à 5 cm. Fréquence : de 0,5 à 1%.

1. Causes

Fœtales :  

Malformations (urinaires ++),
Anomalies chromosomiques,
RCIU,
Postmaturité,
Rupture prématurée des membranes ;

Maternelles :  

Insuffisance utéro-placentaire (syndromes vasculo-rénaux, hypovolémie),
Iatrogènes (AINS et inhibiteurs de l'enzyme de conversion) ;

Placentaires :  

Syndrome transfuseur-transfusé.

2. Conduite à tenir

Les investigations relèvent de techniques spécialisées de médecine fœtale.

L'échographie est essentielle pour le diagnostic positif, la recherche d'une malformation fœtale (uropathie obstructive ou non) et du retentissement sur la vitalité (RCIU). Elle doit être complétée d'une vélocimétrie Doppler utérine et ombilicale.

Une amniocentèse et/ou cordocentèse permet de faire un caryotype fœtal (anomalie chromosomique de l'ordre de 5 %, surtout si RCIU associé). 
L'amnio-infusion (injection intra-amniotique de sérum physiologique) facilite le diagnostic échographique et permet parfois d'objectiver une rupture prématurée des membranes (injection intra-amniotique de bleu EVANS ou de carmin indigo).

Au deuxième trimestre. Dans les cas graves (oligoamnios avant 20 SA, malformation), une interruption médicale de la grossesse peut être discutée. Des amnio-infusions hebdomadaires pour éviter l'hypoplasie pulmonaire et les déformations articulaires du fœtus ont été proposées.

Au troisième trimestre. Si la cause est une souffrance fœtale chronique (HTA, toxémie, terme dépassé), le bilan de vitalité permettra d'adopter la meilleure conduite à tenir (déclenchement du travail ou césarienne).

II. HYDRAMNIOS

Excès anormal du volume de liquide amniotique défini en échographie par une citerne de liquide amniotique supérieure à 8 cm ou un index amniotique supérieur à 25 cm.

La fréquence est de 2,8 à 3,2 %.

De 20 à 40 % des hydramnios sont en rapport avec une malformation fœtale.

1. Causes

Fœtales :  

Malformations,
Grossesse gémellaire avec anastomoses vasculaires (jumeau transfuseur),
Infection congénitale,
Anomalie de l'hémoglobine (alpha-thalassémie),
Transfusion fœto-maternelle ;

Maternelles :  

Diabète,
Iso-immunisation érythrocytaire ;

Placentaires :  

Chorio-angiome.

Aucune étiologie n'est retrouvée dans 30 % des cas environ. Il s'agit souvent d'une macrosomie associée.

2. Conduite à tenir

Hydramnios aigu du deuxième trimestre : malformation fœtale et syndrome transfuseur-transfusé d'une grossesse gémellaire : le traitement repose sur des évacuations amniotiques répétées, mais le pronostic est mauvais.

Hydramnios chronique du troisième trimestre :

Recherche des causes (cf. plus haut) ;

Échographie pour étude de la morphologie, de la motricité et de la déglutition fœtales ;

Vélocimétrie Doppler ombilicale ;

Amniocentèse : alpha-fœtoprotéine, acétylcholinestérase, bilirubine :

- caryotype (anormal dans 1,7 à 3,2 % si hydramnios isolés),

- biologie moléculaire pour dépistage de la myotonie de STEINERT s'il existe des signes de présomption familiaux (serrer la main de la patiente).

Selon les cas, on préférera la cordocentèse.

3. Traitement

Traiter la cause de l'hydramnios si elle est connue et mettre en route un traitement symptomatique : amniocentèses répétées, prescription d'Indométhacine (de 2 à 3 mg/kg/jour) qui diminue la diurèse fœtale, mais qui risque de provoquer une fermeture prématurée du canal artériel et une insuffisance rénale néonatale.