IRM cérébrale ftale: quand, comment, pourquoi ?
Actualités et potentialités
A. Couture C. Veyrac C.
Baud J.L. Ferran(1) P Boulot(2) F Deschamps (3) °
A partir d'une expérience de deux ans de pratique de l'IRM du cerveau ftal (100 cas: IRM ftale: 92 cas IRM postmortem: 8 cas). I es auteurs proposent leur avis sur quatre questions.
Quand fautil réaliser une IRM cérébrale fatale ?
Cette imagerie, exceptionnellement de première intention, est pratiquement toujours décidée et orientée par une exploration ultrasonore anténatale douteuse, difficile ou anormale. Ses principales indications sont les suivantes: bilan d'une dilatation ventriculaire; recherche d'anomalies malformatives cérébrales à une agénésie calleuse ou à un syndrome de DandyWalker; étude des sillons et des circonvolutions à la recherche d'un trouble de la migration neuronale; recherche de lésions ischémiques intraparenchymateuses (substance grise, substance blanche, noyaux gris); bilan d'une sclérose tubéreuse de Bourneville...
Comment réaliser une IRM cérébrale fatale
L'absorption maternelle d'un comprimé de Rohypnol (benzodiazépine) qui supprime durablement les mouvements ftaux parasites et l'amélioration considérable des machines IRM permettent actuellement une exploration du cerveau ftal de grande qualité: confort maternel satisfaisant, temps d'examen court, antennes adaptées, séquences en pondération T1 et T2 n'excédant pas 15 secondes, exploration complète du contenu intracrânien par des coupes de 3 mm axiales transverses, sagittales et coronales.
Pourquoi réaliser une IRM cérébrale foetale
Parce que cette technique d'imagerie, complément idéal de l'échographie anténatale, apporte des renseignements morphologiques irremplaçables et inégalés sur la filière ventriculaire, le parenchyme cérébral, l'atmosphère liquidienne péricérébrale et la fosse postérieure.
C'est ainsi qu'une étude personnelle récente de 47 cas de détection ultrasonore de dilatation ventriculaire montre que, si dans 26 cas l'IRM ftale ne fait que confirmer les données ultrasonores, elle permet dans 21 cas (46%) soit de redresser une orientation diagnostique erronée, soit d'apporter des renseignements malformatifs supplémentaires permettant un diagnostic précis: agénésie calleuse (6 cas), hémorragie intraventriculaire (3 cas), agénésie septale (2 cas), holoprosencéphalie (2 cas), kyste arachnoïdien (2 cas), syndrome de Walker WarDurg (2 cas), hémimégalencéphalie (1 cas), méningocèle (1 cas), micropolygyrie (1 cas).
Cependant, quels que soient les résultats prometteurs, il est essentiel de comprendre que cette méthode d'imagerie reste actuellement en cours d'évaluation: les erreurs existent, la séméiologie est à développer et la prudence est de mise; la responsabilité grandissante du radiopédiatre est une évidence en sachant que chaque décision sur l'avenir ftal doit s'intégrer dans un cadre multidisciplinaire.
Quelles sont les potentialités de 1'IRM cérébrale ftale ?
Il est important de savoir que le développement progressif du cerveau ainsi que sa myélinisation et sa gyration sont très mal connus en IRAI ftale. Cette étude du normal reste un travail préliminaire indispensable à l'étude du pathologique et l'établissement d'un atlas d'IRM du cerveau ftal à chaque semaine de la vie intrautérine est une tâche prioritaire: ce travail est actuellement en cours à partir des données d'IRM postmortem.
A. Couture C. Veyrac C. Baud J.L. Ferran(1) P Boulot(2) F Deschamps (3) °
(1) Service de Radiologie Pédiatrique Hôpital Arnaud de Villeneuve 34295 Montpellier cedex 5
(2) Service de Gynécologie Obstétrique ^ Maternité ^ Hôpital Arnaud de Villeneuve ^ 34295 Montpellier cedex 5
(3) Service d'échographie ^ Maternité ^ Hôpital Arnaud
de Villeneuve ^ 34 295 Montpellier cedex 5
3èmes Journées
Parisiennes d'Echographie GynécoObstétricale. Juin 1997
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