XVI ' Journées de Gynécologie de Nice et de la Côte d'Azur 1998

 

LES METHODES DE CHOIX DU SEXE (PMA EXCLUES)

C.NAHMANOVICI

8 Avenue de Verdun 06000 NICE

 

Le sexe de l'enfant à naître a toujours été un sujet d'intérêt. Ceci s'explique par la prééminence donnée à un sexe par rapport à l'autre : ainsi, dans les monarchies, c'est le garçon qui accède au trône et, dans certaines cultures, il était coutumier de recourir à l'infanticide des filles.

Avant même de comprendre le phénomène de la procréation, l'homme a fait de nombreux efforts pour tenter de choisir le sexe de sa descendance. Ainsi pour 11ippocrate tout comme pour Galien, les enfants de sexe masculin étaient le produit de l'ovaire droit. Réciter des cantiques durant le coït ou programmer les rapports selon la direction du vent, la pluie, la température ou les phases de la lune devaient également permettre de choisir le sexe de l'enfant.

* Le sex-ratio est le nombre d'enfants mâles nés pour 100 enfants de sexe féminin. Il devrait être égal à 100 mais il est en fait voisin de 106/107. On a pu spéculer sur la génétique de certains groupes ethniques, sur certaines habitudes alimentaires et sur l'environnement pour modifier le sex-ratio, mais il n'a pas été mis en évidence de facteur net parmi les multiples facteurs des populations qui ont un sex-ratio modifié.

La taille des échantillons nécessaires pour observer une modification du sex-ratio est un élément à considérer.

 

Un certain nombre de facteurs interviendraient dans les modifications du sex-ratio : âge paternel, ordre de naissance, guerre, pollution de l'air, etc.

* Les maladies génétiques liées au sexe constituent l'indication principale de sélection du sexe, le désir de compléter une famille ayant déjà plusieurs enfants du même sexe étant l'indication secondaire. Il est clair cependant que les implications de la présélection du sexe sont autant sociales et personnelles que médicales.

 

Les méthodes populaires

Déjà au 18ème siècle, Venette en affirmant que "si on mange des choses chaudes et succulentes ce sera un garçon" subodorait l'influence des régimes alimentaires sur la sélection du sexe. Ces régimes ont connu une certaine vogue. Leur valeur est discutée.

Le recours aux douches précoitales, de solutions alcalines ou acides appartient aussi au folklore.

 

Les méthodes scientifiques

On a considéré comme plus scientifiques les méthodes se référant à:

- la fréquence et le moment du coït ;

- l'utilisation de drogues augmentant la fertilité

- le recours à l'insémination artificielle.

Les méthodes de laboratoire

De nombreuses méthodes ont été proposées pour trier les spermatozoïdes en laboratoire

- la mobilité, la densité du sperme et, les différences morphologiques ne permettent pas un tri efficace ;

- l'électrophorèse permettrait de sélectionner des populations différentes de spermatozo1ides mais, après migration la fécondation s'avère impossible;

- la séparation par centrifugation dans des concentrations différentes (gradient de Percoll) permettrait de recueillir des populations particulières de spermatozoïdes, la méthode la plus connue étant celle brevetée par ERICSSON qui consiste à faire plusieurs centrifugations dans un gradient d'albumine. Les autres équipes n'ont pas confirmé cette approche;

- les méthodes de tri cellulaire comme la cytométrie de flux permettent de trier les spermatozoïdes mais les abîment

- les techniques immunologiques.

La méthode naturelle

Tout récemment a été proposée une méthode (procédé SELNAS : SElection NAturelle du Sexe) basée sur la polarité de l'ovocyte selon les phases du cycle. Elle propose un calendrier des rapports sexuels non protégés selon le sexe choisi. Cette nouvelle méthode a eu un grand retentissement médiatique. Une étude critique est réalisée et la valeur scientifique de la méthode est discutée.

Conclusion

A priori, aucune des méthodes proposées ne permet vraiment de choisir le sexe de l'enfant à naître ; la seule perspective de tri efficace mais qui n'est pas encore d'actualité, serait la reconnaissance à la surface du spermatozoïde de molécules spécifiques selon la présence du X ou du Y à condition que les gamètes expriment sur leur membrane des caractéristiques liées à leur constitution chromosomique.

Aujourd'hui, le seul moyen de déterminer le sexe est d'analyser l'embryon. On n'est alors plus dans la sélection pré- mais postconceptionnelle du sexe et les problèmes éthiques ne se discutent plus dam les mêmes termes.