Charles NAHMANOVICI*, Pierre-Yves MARCY** Jean-Noël BRUNETON**
La maladie fibromateuse, très fréquente puisque touchant 40 à 50% de la population féminine de plus de 40 ans, est appréciée selon la taille, le nombre et la localisation du (ou des) fibrome (s).
La conduite à tenir doit prendre en considération les critères
ci-dessus mais également les desiderata de la patiente et notamment son souhait de
bénéficier d'un traitement hormonal substitutif de la ménopause. C'est dire que chaque
cas doit bénéficier d'un traitement personnalisé. Ceci explique qu'au cours des
dernières années, on a vu se développer de nombreuses alternatives thérapeutiques au
traitement monolithique qui existait auparavant.
Ainsi, dispose-t-on aujourd'hui :
Sur le plan médical,
de progestatifs plus efficaces sur les signes d'accompagnement que sur les fibromes eux-mêmes,
d' analogues de la LH-RH utilisés soit seuls, soit associés aux estrogènes, aux estroprogestatifs, aux progestatifs ou à la tibolone. Les analogues ne sont utilisés, en France tout au moins, que dans de rares indications.
d'autres produits, comme le danazol ou la gestrinone, mais qui ont trop d'effets secondaires pour être utilisés de façon courante.
enfin, d' antiprogestatifs (la mifépristone) qui réduiraient le volume
utérin, mais ces données méritent confirmation.
Sur le plan chirurgical
de techniques traditionnelles de myomectomie et d'hystérectomie par laparotomie ou par voie vaginale, auxquelles sont venues s'ajouter les techniques endoscopiques par clioscopie ou par hysteroscopie.
d'une variante des techniques chirurgicales, la myolyse, décrite par
Hubert Manhès dont le but est de provoquer une nécrose du fibrome en coagulant les
pédicules du myome ; d'autres approches réalisent une hyperthermie interstitielle.
De la radiologie interventionnelle dont il devenait évident qu'elle trouverait, ici aussi, une place même si celle-ci reste à définir.
Une première approche a été effectuée par Ravina et collaborateurs
dont les premières publications sur l'embolisation des fibromes datent de 1995 (cf.
résumé J-H Ravina).
A la même époque, nous avons commencé notre réflexion sur la
ponction sous contrôle échographique des fibromes, forts de l'expérience acquise par
les radiologues dans la ponction d'hépatocarcinomes, de métastases hépatiques, de
nodules thyroïdiens, d' adénomes parathyroidiens, de blocs cliaques, d'ascites
cloisonnées pseudokystiques. Dans toutes ces situations, l'alcoolisation réalisée
après ponction de la tumeur sous contrôle échographique entraîne une nécrose
tissulaire qui améliore la pathologie. Il nous a semblé que l'alcool qui est anodin, peu
coûteux, facile d'emploi pouvait être utilisé aussi devant un fibrome.
Après en avoir mesuré les éventuels effets secondaires et les risques, nous avons déposé un protocole auprès du CCPRB pour réaliser une étude pilote de faisabilité.
La technique effectuée sur un nombre limité de cas, sans incident ni accident, est réalisable et donne des résultats satisfaisants. Une patiente a subi une hystérectomie programmée, l'alcoolisation représentant une solution d'attente; l'analyse anatomopathologique montre une nécrose tissulaire du fibrome.
L'étude pilote est ici présentée, mais il reste néanmoins à valider la méthode sur une série plus étoffée. En cas de validation, il faudra ensuite la positionner au sein des méthodes thérapeutiques.
Charles NAHMANOVICI*, Pierre-Yves MARCY** Jean-Noël BRUNETON**
* 8 avenue de Verdun, 06000 NICE
** Centre Antoine Lacassagne, Avenue de la Voie Romaine, 06000 NICE CEDEX