XIVe JTA Journées de techniques
avancées en gynécologie obstétrique pma et pédiatrie
Janvier 1999
Accouchement en présentation
du siège
|
| Auteurs |
PRP |
TM |
Bisciatique |
Bi-ischiatique |
Césariennes (%) |
| Jaffa |
12,5 |
13 |
10 |
10 |
19 |
| Watson |
9,5 |
- |
9 |
- |
54,3 |
| Barlov |
11,5 |
12,5 |
10 |
10 |
54,9 |
| Gimouski |
11 |
12 |
10 |
10 |
66,7 |
| Racinet |
10,5 |
12,5 |
9 |
9 |
36,6 |
L'indice de Magnin (diamètre transverse médian + diamètre promonto-rétro-pubien) doit être supérieur ou égal à 23 cm avec des dimensions considérées comme normales dans les 2 axes. Pour certains auteurs, un diamètre bisciatique ou bi-ischiatique inférieur à 9 cm est une indication de césarienne prophylactique.
Le diagramme de Magnin est adapté par rapport à la présentation céphalique. Suzanne a établit un diagramme qui tient compte à la fois de l'indice de Magnin et du diamètre bipariétal du ftus (figure 1).
Figure 1 : diagramme de Suzanne
En dehors des mensurations, les clichés permettent de noter des anomalies de la forme du bassin : faux promontoire, horizontalisation marquée de la symphyse pubienne, sacrum plat ...
Qualité de l'utérus
Pour beaucoup d'auteurs l'association utérus cicatriciel-siège est une indication de césarienne itérative.
Pour dautres, lindication opératoire nest retenue quen cas de cicatrice utérine fortement douteuse (corporéale ou suites septiques).
Qualité des parties molles
Lacomme insistait déjà sur l'importance de la souplesse des tissus cervicaux, vaginaux et périnéaux. La plus grande attention doit être accordée à la qualité de la filière génitale. La souplesse des tissus maternels est volontiers le critère qui fera basculer une indication limite dun côté ou de lautre. Les antécédents de déchirure obstétricale sur brièveté congénitale du périnée (distance ano-pubienne inférieure à 45 mm) feront pratiquer une césarienne.
Compliance maternelle
Elle est importante à prendre en compte. Une patiente indisciplinée ou craintive (adolescente) est une mauvaise candidate à l'accouchement du siège par voie basse.
Facteurs fto-maternels
Toute situation obstétricale entraînant une souffrance ftale chronique peut faire discuter une césarienne prophylactique.
Des antécédents de stérilité inciteront également à une voie haute.
De nombreux scores ont été établis pour évaluer les chances de succès d'un accouchement du siège par voie basse. Toutefois, ces scores ne peuvent remplacer l'épreuve dynamique du travail, après élimination des contre-indications majeures. En pratique, la plupart des éléments pronostiques doit être apprécié avant le début du travail par l'examen obstétrical, l'échographie et la pelvimétrie. Une radiographie du contenu utérin en début de travail précise la position de la tête et confirme le mode de présentation. Alors, en dehors de la version par manuvre externe, deux attitudes principales se dégagent : la césarienne prophylactique et l'acceptation de la voie basse, avec dans certains cas la nécessité d'une césarienne en cours de travail.
Facteurs de risque de laccouchement par le siège
Tableau 2 : facteurs de risques du siège
| facteurs maternels :
|
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Recommandations de la FIGO 1994
Indications formelles
Indications relatives
Recommandations américaines
Brenner 1978 modifié d'après JAMA 85 : césarienne conseillée dans les cas suivants :
La phase de dilatation doit évoluer régulièrement sous surveillance du RCF : c'est l'épreuve dynamique. En cas de stagnation et sous réserve d'un RCF parfait, il faut éliminer une cause de dystocie mécanique puis corriger l'hypocinésie par la pose d'une perfusion d'ocytociques délivrés à la seringue électrique. Un résultat positif rapide (dans les 2 heures) doit s'en suivre, sinon la césarienne s'impose.
Les contre-indications obstétricales à lanalgésie péridurale se font de plus en plus rares. Ainsi, pour la plupart des auteurs, la présentation du siège nest plus un obstacle à ce type danalgésie.
Il existe bien entendu des arguments contre :
Il existe aussi des arguments pour :
Il faut une patiente coopérante, bien informée et bien préparée et un anesthésiste entraîné qui privilégiera le bloc sensitif sur le bloc moteur.
Les produits utilisés sont essentiellement la Bupivacaïne (de 0,0625 % à 0,250 %). Ladjonction de dérivés morphiniques type Fentanyl permettent de diminuer la concentration des anesthésiques locaux.
En ce qui concerne les modalités : habituellement, une dose " col " est réalisée au premier temps du travail, puis une dose " basse " à 6-8 cm (Marcaïne 0,125 + Fentanyl) évitant la poussée sur le col surtout en cas de siège complet et permettant une ré-apparition modérée du réflexe de poussée.
De nombreux auteurs font une nouvelle injection à dilatation complète.
Les inconvénients de la péridurale ont été compensés par une adaptation des accoucheurs (recours à lOcytocine, attente des efforts expulsifs, préparation psychoprophylactique à laccouchement).
Lanalgésie péridurale en cas de présentation du siège présente de nombreux avantages pour le nouveau-né (par rapport à lanesthésie générale), pour la mère qui peut accoucher avec un confort maximum, pour laccoucheur enfin qui va pouvoir bénéficier de meilleures conditions obstétricales lui permettant de réaliser lépreuve sur le col et éventuellement de pratiquer des manuvres obstétricales avec plus daisance...
Avant le dégagement, une perfusion d'ocytociques est mise en place si elle n'était pas déjà en cours, afin d'assurer un bon moteur utérin pour l'expulsion.
Il est préférable d'attendre la dilatation complète pour rompre les membranes. Il faut être très vigilant pour faire le diagnostic de dilatation complète en cas de siège complet. Anesthésiste et Pédiatre doivent être présents lors de la phase expulsive.
La patiente est installée sur les étriers, vessie vidée. Un forceps doit être à portée de main.
Il est judicieux de préserver les forces de la parturiente et de ne la faire pousser au moment des contractions utérines que lorsque les fesses du ftus sont sur le périnée. Un délai de 30 minutes semble raisonnable pour que le siège aborde le périnée. Sinon la césarienne est encore possible.
Lorsque le siège distend le périnée, une épisiotomie est pratiquée facilement pour réduire les résistances vulvaires et le dégagement peut s'effectuer de façon totalement spontanée. En effet, l'ampliation périnéale entraînée par le siège sera souvent insuffisante pour que la tête puisse passer rapidement, surtout chez la primipare. Si la patiente n'a pas de péridurale, il est conseillé d'effectuer une anesthésie locale avant de réaliser l'épisiotomie pour que la patiente n'ait pas de douleurs qui empêcheraient les efforts expulsifs. Lorsque le siège dégagé remonte au zénith, on peut sortir doucement le cordon pour réaliser l'anse du cordon. Le ftus tombe sous l'effet de son poids et il faut disposer d'un plan dur pour lui permettre de prendre appui. La tête sort d'elle-même en flexion sous l'influence des contractions utérines et des efforts expulsifs maternels (selon Vermelin).
Toutefois, pour prévenir l'asphyxie du ftus, il est actuellement conseillé de terminer l'accouchement lorsque la pointe des omoplates apparaît à la vulve par le dégagement des bras qui se trouvent dans le vagin et une manuvre de Bracht.
Différents facteurs peuvent survenir qui vont modifier l'attitude obstétricale de départ.
Si le travail ne débute pas franchement dans les 8 à 10 heures, une césarienne est réalisée. Pour certains, ce délai est ramené à 6 heures.
Classiquement moins dangereuse en particulier dans le siège complet que dans la présentation céphalique, elle impose la césarienne en dehors d'un accouchement très rapide.
Même si la dilatation cervicale progresse bien, doit inciter à la voie haute car le ftus ne pourra pas aborder avec toutes ses réserves l'épreuve de l'expulsion. La pratique du pH in utero par scarification dun membre ou de la fesse est possible.
Chaque fois que cela est possible, il faut choisir l'accouchement spontané car la macération ftale ne fait que compliquer le geste de grande extraction.
La présentation podalique constitue une contre-indication classique au déclenchement artificiel du travail. En effet, nous venons de voir qu'il est conseillé de préserver le plus tard possible la poche des eaux intacte. Ceci est antinomique avec la rupture artificielle précoce de la poche des eaux préconisée dans le déclenchement artificiel du travail.
Toutefois, certaines équipes programment des accouchements du siège sur grossesse monoftale, en respectant de façon stricte les critères de l'autorisation à une voie basse (bassin parfait, absence de macrosomie, pas de déflexion primitive de la tête ftale).
Une seule règle : n'y touchez pas si vous ne connaissez pas les manuvres.
Contentez vous de recevoir l'enfant en direction du sol sur une couche pendant que les épaules puis la tête se dégagent spontanément.
Elles posent peu de problèmes car il est possible de faire une césarienne lors de leur survenue. Ce sont :
Cest un phénomène mécanique incompatible avec un accouchement spontané. On retiendra l'importance du maintien d'un bloc homogène tête-thorax-membres.
Le relèvement des bras est peu fréquent dans l'accouchement spontané. Son origine est :
La tête ftale encadrée des 2 membres supérieurs ne peut poursuivre sa descente (figure 2). Il faudra abaisser un bras puis l'autre pour pouvoir terminer l'accouchement.

Figure 2 : Relèvement des bras
Il sagit également dun phénomène mécanique incompatible avec un accouchement spontané.
Elle peut être due :

Figure 3 : rotation du dos en arrière
La tête ftale reste bloquée dans lexcavation pelvienne (figure 4). Cette anomalie peut être due :

Figure 4 : rétention de tête dernière
La version par manuvre interne (VMI) est la manuvre qui consiste à transformer une présentation primitive céphalique ou transverse en présentation du siège, pour dans le même temps, extraire le ftus par une grande extraction. L'intervention est effectuée par une main intra-utérine aidée par l'autre main qui agit au travers de la paroi abdominale.
La VMI doit être connue ne serait ce que pour tenter de sauver un enfant quand le plateau technique ne permet pas la césarienne ou plus communément pour extraire un ftus en transverse au cours dune césarienne.
La patiente est en position obstétricale, les fesses dépassant légèrement du bord de la table d'accouchement afin de ne pas entraver les mouvements de traction de l'obstétricien. La vessie aura préalablement été vidée par un sondage évacuateur. Du fait de la large mise en uvre de l'analgésie péridurale, l'anesthésie générale n'est plus systématique.
La VMI comprend 3 temps [MORIN, 1985] : préhension, mutation et grande extraction. Il faut avoir une parfaite représentation du ftus dans lespace et en particulier du côté de la tête (ou du siège) et de lorientation du dos plus souvent en avant quen arrière. Léchographie en salle de travail est très utile dans ce type de situation.
Une main est introduite dans lutérus et repousse la présentation céphalique. On introduit la main du même nom que le siège
Figure 5 : siège à gauche Î main gauche saisit le pied gauche
(tout à gauche)
siège à droite Î main droite saisit le pied droit (tout à droite)
Il faut ensuite aller au fond de lutérus donc introduire lavant bras tout entier.
Quel pied saisir ?
Le pied du ftus qui a été saisi est ensuite attiré vers le bas.
Dans le même temps, lautre main placée sur le fond utérin aide à la progression du ftus.
On termine ensuite par une grande extraction.
Figure 6= : évolution du ftus
Si le mauvais pied (pied postérieur) a été choisi, le dos tourne en arrière, et la hanche antérieure se pose sur la symphyse pubienne (figure 7).
Figure 7 : mutation après choix du mauvais pied (post) le dos tourne en arrière, la hanche antérieure se pose sur la symphyse pubienne
Grande extraction
Premier temps
Les difficultés varient avec le mode de présentation. Une main est introduite dans le vagin, les doigts étendus et réunis en cône.
Siège complet
La main introduite dans les voies génitales saisit idéalement le pied antérieur ou à défaut les deux pieds entre l'index et le médius croisés sur le dos du pied. Le pied est reconnu à la brièveté des orteils et à la saillie à angle droit du talon. Par traction douce, on amène le pied à la vulve, puis la jambe, puis le genou (figures 8, 9).
Figure 8 : grande extraction (saisir le pied antérieur ou les 2 pieds)
Figure 9 : grande extraction (traction vers le bas)
Si le pied postérieur a été saisi et abaissé, la fesse antérieure vient buter contre la symphyse pubienne
Siège décomplété
Manuvre de Mantel-Pinard
Elle permet d'abaisser le pied en fléchissant le genou du siège décomplété : introduire une main droite dans le vagin, en refoulant le siège, repérer le creux poplité du membre inférieur antérieur, appuyer avec le doigt dans le creux poplité pour entraîner la flexion de la jambe sur la cuisse, ce qui permet de saisir le pied (figure 10). Ce type de manuvre est quasi impossible chez une primipare à utérus cylindrique.
Figure 10 : Manuvre de Mantel-Pinard
Ventouse sur siège
Dans le siège décomplété, labaissement du pied (manuvre de Mantel-Pinard) est difficile et dangereux pour le ftus, surtout si le massif trochantérien est engagé.
La ventouse est employée sans anesthésie pour bénéficier des efforts expulsifs maternels qui maintiennent le ftus bien tassé dans la cavité utérine.
La cupule de la ventouse est appliquée sur la fesse antérieure du ftus en évitant la zone ano-périnéale.
La cupule, en général de taille moyenne, est appliquée sur la fesse antérieure du ftus à distance de la région ano-périnéale.
La traction se fait dans laxe ombilico-coccygien jusquà ce que la hanche ftale antérieure soit fixée sous la symphyse pubienne (figure 11).
Ensuite la direction de la traction est relevée progressivement en suivant avec un certain retard laxe donné par le corps ftal (figure 12), ceci dans le but de faire coïncider le plus possible avec laxe dengagement acromio-céphalique.
Lextraction du tronc ne demande quun effort minime, la direction de la traction se rapproche de la verticale (figure13).
Figure 11 : premier temps de la traction, traction vers laxe ombilico-coccygien pour fixer la hanche antérieure sous la symphyse pubienne
Figure 12 : deuxième temps de la traction relèvement progressif de la traction
Figure 13 : troisième temps de la traction pratiquement verticale pour extraire le tronc
Deuxième temps de la grande extraction
Le genou étant à la vulve, saisir la cuisse, orienter le diamètre bi-trochantérien dans un diamètre oblique du bassin en imprimant au membre inférieur un mouvement de rotation.
Puis tirer très en bas (axe ombilico-coccygien), le ftus tourne le dos en avant, accompagner ce mouvement sans le contrarier.
Au moment du dégagement, orienter le bi-trochantérien dans le diamètre antéro-postérieur du détroit inférieur.
Le périnée est distendu, cest le moment de pratiquer une épisiotomie (si elle est nécessaire).
Tirer vers le bas pour dégager la hanche antérieure (figure 14), puis horizontalement et enfin vers le haut pour dégager la hanche postérieure, le membre postérieur se dégage alors.
Figure 14 : grande extraction (léger relèvement de la traction)
Petite extraction
Le Troisième temps de la grande extraction se confond avec la petite extraction.
Il faut différencier le relèvement des membres supérieurs au-dessus de détroit supérieur souvent due à une faute technique (tractions inopportunes en dehors des contractions utérines) et les difficultés dextraction des membres supérieurs dans lexcavation pelvienne facilement traitées par les manuvres de Lovset ou de Suzor. Dans le vrai relèvement des bras, les techniques sont difficiles et labaissement du bras postérieur (Demelin)parait plus facile que labaissement du bras antérieur (Lantuejoul).
La petite extraction comporte 2 temps : le dégagement des bras et lextraction de la tête dernière.
La traction se fait sur le bassin du ftus entouré dun champ stérile chaud, les 2 pouces de lopérateur sur le sacrum, les index et les médius sur les ailes iliaques.
Orienter le bi-acromial dans un diamètre oblique du détroit supérieur.
La traction vers le bas permet dengager et de descendre les épaules (figures15, 16).
Quand lombilic apparaît, faire une anse au cordon. Même si celui-ci ne bat pas, on se garde de précipiter l'opération.
Le dégagement des épaules dans la petite extraction se fait dans le diamètre antéro-postérieur du détroit inférieur. La rotation a été faite pendant la descente.
On tire en bas pour amener lépaule antérieure sous la symphyse.
Figure15 : petite extraction (1)
Figure 16 : petite extraction (2)
Pour dégager le bras antérieur, on utilise la technique décrite par Lantuejoul : placer le pouce sous laisselle, lindex et le médius le long du bras, parallèles à celui-ci. Le bras est ensuite abaissé en lui faisant garder le contact avec la face antérieure du thorax du ftus : " on fait se moucher le ftus ". La faute serait de saisir l'humérus perpendiculairement à son axe, au risque de le fracturer (figure 17). Le ftus est ensuite saisi par les pieds et relevé vers le haut. On introduit une main dans le vagin et, comme précédemment, le pouce placé dans l'aisselle, les deuxième et troisième doigts le long du bras postérieur parallèles à lui, on abaisse progressivement le bras en le portant vers la face antérieure du ftus (figure 18).
Figure 17 : petite extraction (bras antérieur)
Figure 18 : petite extraction (bras postérieur)
En résumé, dans la petite extraction classique, les deux épaules restent dans le même diamètre oblique puis antéro-postérieur, lépaule antérieure est dégagée en premier.
Variantes pour extraire les bras
C'est au cours de l'accouchement des épaules que l'on rencontre une des complications principales des extractions du siège, due souvent à une faute technique, quelquefois à l'étroitesse des parties molles : le relèvement des bras.
Manuvre de Demelin
Cest labaissement en premier du bras postérieur. La main homologue au bras du ftus que lon veut abaisser (main droite pour le bras droit et main gauche pour le bras gauche) est introduite dans la concavité sacrée. Lindex et le médius sont placés en attelle le long de lhumérus pour éviter sa fracture tandis que le pouce prend appui au niveau du creux axillaire. Le bras est abaissé toujours vers lavant du ftus, en décrivant un arc de cercle, dans le sens de la flexion. Après cette manuvre, si le bras antérieur ne descend pas de lui-même, une rotation de 180° du corps de lenfant transforme le bras antérieur en bras postérieur qui est abaissé de la même façon.
Manuvre de Lovset
1937 - Le ftus est saisi par le bassin entouré dun champ, les 2 pouces de lopérateur sur le sacrum, les 2ème et 3ème doigts sur laile iliaque.
On effectue une traction du ftus vers le bas et une première rotation du dos vers l'avant pour amener lépaule antérieure sous la symphyse, puis une rotation 180° amène lépaule postérieure en antérieur, elle se dégage et lautre épaule (ex-épaule antérieure) descend alors sous le promontoire.
Une 2ème rotation de 180° en sens inverse ramène lex-épaule antérieure à nouveau en antérieur sous la symphyse et elle se dégage.
Au total, on fait une double conversion (par 2 fois un mouvement de 180°) et il n'y a donc pas d'introduction de la main dans les voies génitales.
Manuvre de Suzor
On fait exécuter au tronc un mouvement de rotation sur son axe amenant le bras relevé en situation opposée. Dans un premier temps, amener lépaule antérieure sous la symphyse pubienne et dégager le bras antérieur. Dans un deuxième temps, faire effectuer au ftus une rotation de 180° pour transformer lépaule postérieure en épaule antérieure, en général le deuxième bras sabaisse spontanément, sinon le dégager. Au total, on fait une seule conversion.
Extraction de la tête dernière
On retrouve dans les dystocies de la tête dernière les mêmes problèmes que ceux décrits pour les épaules.
La rétention au-dessus du détroit supérieur est de traitement difficile. Elle est souvent due à une erreur diagnostique (disproportion fto-pelvienne, hydrocéphalie). Les manuvres sont alors dangereuses (Champetier De Ribes) et le forceps est contre-indiqué.
La rétention de la tête dernière dans lexcavation pelvienne est beaucoup plus simple à traiter (Mauriceau, forceps).
Manuvre de Mauriceau
La manuvre de Mauriceau ne se conçoit que sur une tête dite engagée.
Lenfant est à cheval sur lavant-bras de lopérateur qui introduit 2 doigts dans la bouche jusquà la base de la langue. Par un mouvement de flexion des doigts, on fléchit le pôle céphalique ftal en amenant, sans violence, le menton sur lappendice xiphoïde Lautre main exerce, une traction synchrone sur les épaules ftales en plaçant de part et dautre du cou, sur les acromions, lindex et le majeur à la manière de bretelles (figure19). Cette traction effectuée sur les épaules se doit dêtre orientée très en bas, dans laxe ombilico-coccygien. Lorsque locciput est calé sous la symphyse maternelle, le ftus est progressivement relevé vers le ventre de sa mère, et le dégagement laisse apparaître successivement la bouche, le nez, les yeux et enfin le front du nouveau-né (figure 20). Les doigts intra-buccaux nont donc pas de rôle dans la traction, mais comme nous venons de le décrire, uniquement dans la flexion de la tête permettant par là un amoindrissement des diamètres céphaliques et une solidarisation céphalo-thoracique.
Figure 19 : manuvre de Mauriceau
Figure 20 : manuvre de Mauriceau (2)
Manuvre de Mauriceau-Smellie-Veit
Même procédure que la manuvre de Mauriceau avec en plus un aide qui exerce, au-dessus du pubis, une pression sur le sommet du crâne ftal.
Manuvre de Wiegand-Martin
Première manière
Lenfant est à cheval sur lavant-bras de lopérateur qui introduit 2 doigts dans la bouche et attire la tête en bas et en arrière. Lautre main exerce, au-dessus du pubis, une pression sur le sommet du crâne ftal.
Deuxième manière (Brindeau)
Il faut 2 opérateurs : le premier relève les pieds dune main et exerce de lautre une traction sur la bouche, laide exprime la tête ftale à travers la paroi abdominale.
Forceps sur tête dernière
Il faut 2 opérateurs : laide relève les pieds de lenfant pour dégager la vulve maternelle, pendant que le premier opérateur met en place le forceps (utiliser un forceps de Pajot, un petit forceps de Levret, un forceps de Piper)
Manuvre de Champetier De Ribes
La main est introduite dans la cavité utérine, 2 doigts sont placés dans la bouche du ftus, ils fléchissent la tête qui est ensuite orientée selon un diamètre oblique, engagée puis tournée en OP et extraite
Manuvre de Bracht
1949 - Elle consiste, lorsque les omoplates ftales apparaissent à la vulve, à saisir les cuisses du ftus. On relève alors lentement et sans brutalité le tronc vers le haut en exerçant une traction modérée. Enfin, on rabat le dos de lenfant sur le ventre de la mère. Le plus souvent la tête ftale sort spontanément (figure 21).
Figure 21 : manuvre de Bracht
Manuvre de Kristellar
Même procédure que la manuvre de Bracht avec en plus un aide qui exerce, au-dessus du pubis, une pression sur le sommet du crâne ftal.
Lexpérience de Besançon
Elle est bien entendu rétrospective, mais elle a lavantage dêtre le fruit dune seule équipe évoluant sur un seul site avec une activité de près de 2 000 accouchements par an. De plus, il existe un " savoir faire " qui se transmet de génération à génération, ce qui implique la prise des gardes par dauthentiques séniors...
Notre taux de césariennes est en 1995 de 44%. Les chiffres de 1998 présentés aux JTA auront probablement évolué en raison de la pression judiciaire...
La mortalité et la morbidité foetales nous semblent acceptables comparées aux données de la littérature.
Conclusion
Plusieurs points nous semblent importants dans lacceptation dune " voie basse ":
Lenvironnement obstétrical : anesthésiste, sage-femme, expérience de laccoucheur, patiente . Aucun de ces éléments décisifs nest " randomisable "
La qualité des intervenants : cest le rôle des gardes durant le cursus. Le nombre de cas ou linterne en formation est confronté à une présentation du siège est directement corrélé à lactivité du service, à lexpérience des seniors et au nombre de gardes effectuées.
Labsence da priori : il nous apparait quil faut laisser à la patiente une possibilité " éclairée " daccoucher par voie basse à la condition dun environnement favorable et malgré la pression judiciaire, sauf lorsquexistent des contre-indications absolues ou lorsque convergent plusieurs éléments défavorables. La règle " siège + anomalie " est toujours respectée dans notre expérience.
Si les laparotomies étaient " anodines ", la coelioscopie naurait jamais eu lessor que lon sait. Laltération de la qualité de la relation " mère enfant " lorsquon est à la fois " opérée " et " mère " est rarement évoquée par les tenants de la césarienne " toujours ".
Il nous apparaît possible en 1998 de faire naître par voie basse, dans de bonnes conditions, un enfant en présentation du siège.
Références bibliographiques