Auteurs :
Martine DUMONT(1,2) ; P. COHEN-BACRIE (1), A. LE MEUR (1), A. HAZOUT (3), F. OLIVENNES(4), R FRYDMAN (4).
AMP EYLAU
INTRODUCTION
Ces dernières années deux techniques ont été proposées pour tenter daugmenter le taux dimplantation des embryons obtenus par fécondation in vitro. Lune de ces techniques est la culture prolongée dembryons soit sur tapis cellulaires soit en milieux simples, lautre est léclosion assistée qui consiste à perforer la zone pellucide des embryons précoces pour faciliter leur éclosion ultérieure.
In vivo, la perte de la zone pellucide par le blastocyste est un phénomène étroitement lié à limplantation : si cette étape du développement embryonnaire intervient en retard ou ne se fait pas, alors limplantation embryonnaire sera compromise. Le mécanisme déclosion de lembryon nest pas clair. La majorité des informations sur léclosion des blastocystes a été obtenue à partir détudes in vitro car léclosion naturelle (in vivo) est difficile à observer.
ECLOSION SPONTANEE DE LEMBRYON
In vitro, lexpansion du blastocèle des embryons de mammifères saccompagne dun amincissement de la zone pellucide (ZP) puis celle-ci se rompt : lexcroissance du trophectoderme apparaît à lextérieur de la ZP et léclosion se poursuit et sachève par une large ouverture de la ZP.
FACTEURS EMBRYONNAIRES IMPLIQUES DANS LA PERTE DE LA ZONE PELLUCIDE IN VITRO
Les protéases :
Des études menées in vitro chez la souris ont montré que si lon met des inhibiteurs de protéases dans le milieu de culture des embryons ; on inhibe léclosion, puis PERONA et WASSARMAN ont montré que les cellules du trophectoderme produisaient une protéine trypsine like quils ont appelé " strypsin " (1) SWADA et CollL ont également identifié une protéine trypsine like dans le milieu de culture de blastocystes éclos de souris.
La pression exercée par lexpansion du blastocyste et expression des " TEP " ( Trophectoderm Projections) :
En filmant le développement embryonnaire in vitro, COLL, a montré que chez la souris ; il y avait des cycles de contraction et ré-expansion du blastocyste juste avant léclosion ; doù lidée que lexpansion du blastocyste devait exercer une pression sur la ZP favorisant ainsi lamincissement de la ZP et léclosion (2).
Chez 6 autres espèces : le cobaye, le hamster, le singe, les bovins, les équins et lhumain ; cette activité cyclique saccompagne de lapparition des " TEP " ( projections cytoplasmiques émanant du trophectoderme et qui traversent la zone pellucide). Les " TEP " qui apparaissent uniquement au stade blastocyste et dans une région précise de lembryon sont également soumis à des cycles rapides dextension et de rétraction. Leur présence in vivo a été montrée chez le cobaye et le hamster. Les " TEP " seraient impliqués dans un ou plusieurs événements clés du développement précoce tels que : éclosion embryonnaire, attachement et/ou implantation du blastocyste. (GONZALES et Coll, 1996 (3))
INTERVENTION DU MILIEU UTERIN DANS LA PERTE DE LA ZONE PELLUCIDE
Le milieu utérin nest pas indispensable à léclosion proprement dite puisque la perte de la ZP peut se produire dans un environnement extra-utérin ; que ce soit un vivo (oviducte de souris ; chambre antérieure de lil ; grossesses extra-utérines chez la femme) ou in vitro.
Cependant il est probablement indispensable à une implantation réussie in utéro, cest-à-dire à la survenue dune éclosion embryonnaire en phase avec un endomètre réceptif. En effet, chez la souris, Mc LAREN a montré que lenvironnement utérin pouvait avoir des conséquences sur le temps déclosion des embryons. Si limplantation embryonnaire est interrompue,par lovariectomie au jour 2 ou 3 de la gestation, ou par la lactation ; autrement dit si lembryon est soumis a un environnement hormonal " neutre " ou dominé par la progestérone ; léclosion du blastocyste est différée de 24 heures et la ZP est retrouvée vide, non dissoute. Si par ailleurs limplantation est induite en injectant de petites quantités dstrogènes ; la lyse de la ZP intervient dans les 18 heures qui suivent les injections. Ces expériences suggèrent donc que lutérus produit un facteur lytique oestrogéno - dépendant responsable de la lyse de la ZP.
Une étude plus récente de GONZALES et BAVISTER chez le hamster, comparant léclosion spontanée in vivo et in vitro, montre également quin vivo il y a lyse complète de la ZP.
Toutes ces observations suggèrent que in vivo, deux mécanismes interviendraient dans la perte de la ZP :
- Un facteur lytique utérin hormono - dépendant.
- Un procédé actif déclosion engagé par le blastocyste indépendamment dun stimulus hormonal.
ECLOSION " ASSISTEE " DE LEMBRYON ou " ASSISTED HATCHING " (AH)
Lhypothèse que des défauts déclosion pouvaient être responsables déchecs dimplantation a été émise par COHEN et Coll en 1990 (4) suite à 2 observations :
1 - Lanalyse rétrospective de laspect morphologique des embryons et du résultat de leur transfert a montré que les embryons à ZP épaisse simplantaient beaucoup moins que les embryons à ZP fines et irrégulières (10% contre 25%)
2 - Les embryons issus dune fécondation assistée par PZD ( " Partial Zona Dissection " ) simplantaient mieux que les embryons à ZP intacte. Dou lidée que la capacité à éclore des embryons pouvait être augmentée par un amincissement artificiel de la ZP ou par la création dun trou dans la ZP .
Dautre part, on sait que les conditions de culture in vitro ; ou un vieillissement in vivo des ovocytes peuvent induire un " durcissement de la zone pellucide, cest à dire une augmentation de la résistance de la ZP à sa dissolution par différents agents chimiques et enzymatiques (souris, femme)
LES TECHNIQUES DECLOSION ASSISTEE
- " PZD " (Partial Zona Dissection)
Cest une technique mécanique qui consiste à embrocher la ZP avec une aiguille de verre et à frotter le segment sous tendu contre la pipette de contention, on réalise alors une incision de taille variable.
- Perforation au tyrode acide
Lapplication dune solution de tyrode acide (pH 2,3) permet de dissoudre la ZP ; réalisant ainsi un orifice rond et large.
- Perforation au laser
Le principe est le même que celui de la technique au tyrode acide, cependant cette technique est très coûteuse.
- Amincissement de la ZP
- Au tyrode acide (souris)
- Au laser (femme)
ETUDE IN VITRO DES CONSEQUENCES DE LA MICRO-MANIPULATION DE LA ZP SUR LECLOSION DE LEMBRYON
Une étude in vitro sur les embryons de souris, comparant la technique de perforation au tyrode acide (TA) a montré que la taille de louverture est déterminante pour le devenir de lembryon. Si par la technique PZD, on réalise une incision trop étroite £ 5µm ; on obtient seulement 22% déclosions complètes (contre 72% si lincision est de 11 à 25µm) ; la plupart des embryons pouvant être piégés dans la zone pellucide conduisant ainsi à des anomalies déclosion.
Deux études portant sur la culture dembryons humains frais (5) ou congelés(6) après éclosion assistée par PZD nont pas retrouvé danomalies déclosion des embryons.
Selon COHEN et Coll, la technique de perforation au tyrode acide semble la mieux adaptée car elle permet de réaliser des trous de taille constante ; suffisamment larges et ronds pour permettre une éclosion totale des embryons sans traumatisme (92% déclosions complètes).
Cette technique est par ailleurs utilisée pour le diagnostic pré-implantatoire des embryons par HANDYSIDE et COLL (7) et permet un taux dimplantation embryonnaire satisfaisant.
MODELES ANTI HATCHING POUR EVALUER LE BENEFICE APPORTE PAR LECLOSION ASSISTEE AU TYRODE ACIDE
Le modèle souris nest pas un modèle directement transposable à lhomme puisque tous les embryons cultivés in vitro à partir du stade 2 cellules peuvent éclore.
Ce modèle permet surtout de montrer léffet délétère éventuel dune technique de Hatching mais pas son éffet bénéfique.
Il était donc nécessaire de créer un modèle dembryons ayant un développement normal excepté pour leur capacité à éclore.
Deux modèles souris ont été proposés pour linhibition de léclosion embryonnaire in vitro :
1- La culture dembryons dans des conditions non optimales ; culture en milieu sans protéines induisant un durcissement de la zone pellucide et une inhibition de léclosion (10% déclosions complètes contre 87% dans le groupe témoin) (8).
2- La destruction dun blastomère au stade 4 cellules afin dobtenir des blastocystes plus petits dont le taux déclosions in vitro est réduit (58% contre 83% chez les témoins) (9).
Dans ces 2 modèles le défaut déclosion est corrigé par une technique déclosion assistée au tyrode acide (amincissement ou perforation de la ZP) permettant de restaurer un bon taux dimplantation in vivo (26% à 37%)
ECLOSION " ASSISTEE " : APPLICATION CLINIQUE
Léquipe pionnière de COHEN et Coll (4,10) dans une étude portant sur 330 couples et plusieurs essais randomisés a montré que :
Léclosion assistée appliquée a une population non sélectionnée naugmentait pas significativement les taux de grossesses et dimplantation.
Chez les femmes dâges inférieur à 39 ans et à FSH normale ; seuls les embryons ayant un ou plusieurs critères morphologiques défavorables pour limplantation (ZP ³ 15µm ; moins de 5 cellules à J3 , excès de fragmentation > 20%) doivent être soumis à léclosion assistée.
Seules les femmes dâge supérieur ou égal à 39 ans et/ou à FSH élevée (> 15 UI) pouvaient bénéficier de léclosion assistée appliquée sur la totalité des embryons transférés.
ANALYSE DES RESULTATS EN FONCTION DES INDICATIONS
1- Femmes dâges supérieur ou égal à 39 ans
Parmi les études publiées (tableau 1) seules trois dentre elles rapportent un meilleur taux de grossesses et dimplantation dans le groupe de patients avec éclosion assistée. Dans notre expérience (tableau 2) les techniques déclosion assistée ne semblent pas avoir déffets délétères sur les embryons mais ne semblent pas non plus améliorer le taux daccouchement dans cette catégorie de patientes. Ces résultats corroborent ceux de BIDER et Coll, 1997 , qui ne montrent pas de différence significative entre le groupe contrôle et le groupe " hatching " pour lesquels ils trouvent respectivement : 3,8% denfants nés par transfert contre 3,3%.
2- Femmes à FSH de base élevée
Seul COHEN et Coll (4) ont rapporté une petite étude randomisée portant sur 30 patientes. Cette courte série a permis dobtenir 26% dimplantation par embryon transféré dans le groupe éclosion assistée contre 10% dans le groupe témoin.
Aucune autre série plus importante na été publiée depuis lobtention de ces résultats préliminaires.Une étude randomisée en cours dans notre équipe, donne lavantage au groupe " hatching " en terme de grossesses cliniques par transfert. Nous continuons létude.
3- Echecs répétés dimplantations
Le tableau 3 montre que seules 2 équipes : OBRUCA et Coll et ANTINORI et Coll obtiennent des augmentations significatives des taux de grossesses et dimplantation chez des femmes ayant eu plusieurs transferts dembryons avec échecs dimplantation. Ces 2 groupes utilisent le laser pour réaliser léclosion assistée.
4- Eclosion assistée et transferts dembryons congelés
Seules 2 équipes ont publié des résultats ( tableau 4). CHECK et Coll obtiennent une différence significative dans les résultats entre le groupe témoin et le groupe expérimental. Cependant, il est difficile de dire si lamélioration provient exclusivement de léclosion assistée ou bien si elle provient aussi de la modification du protocole de congélation - décongélation.
CONCLUSION
Léclosion assistée a-t-elle un intérêt ?
Daprès les études de COHEN et Coll (4) et HELLEBAUT et Coll, léclosion assistée appliquée à une population non sélectionnée naméliore pas les résultats de façon significative. Par contre, selon les auteurs ; elle pourrait avoir un intérêt chez les femmes âgées et/ou à FSH élevée et également chez les femmes à échecs répétés dimplantation.
Il est difficile de conclure sur lintérêt de léclosion assistée car la différence de méthodologie entre les équipes rend difficile linterprétation et la comparaison des résultats pour plusieurs raisons : différences dans la sélection des patients, le choix de la technique, le jour de léclosion assistée, le traitement de la phase lutéale (utilisation de corticoïdes et antibiotiques)
Il semble indispensable de faire des études cliniques randomisées avec une méthodologie comparable à celle des équipes les plus performantes.
Tableau 1 :Résultats déclosion assistée pour age > ou = 39 ans
EQUIPE TECHNIQUE RESULTATS
COHEN et COLL TA(J3) + n=99 16% I/E
1992 Hum . Reprod. n=59 3%I/E
Vol.7, N°5
OLIVENNES et COLL PZD(J2) n=45 cycles 22,2% GT
1994 Contracept 11,1% I/E
Fertil. Sex Vol 22, N° 9
STEIN et COLL PZD(J2) + n=46 23,9% G/P
1995 Fertil. Steril n=43 7 % G/P
Vol 63 pp 838-841
SCHOOLCRAFT TA(J3) + n=38 22% I/E
et COLL 1995 47% Acc/P
J.of . Ass Reprod . And n=28 6% I/E
Gen . Vol 12, N° 9 11% Acc/P
BIDER et Coll, 1997, Hum. TA(J3) n=312 cycles 3,8% BB/T
Reprod. Vol .12,N°2 n=274 cycles 3,3% BB/T
+ : Différence significative entre groupe expérimental et groupe témoin
TA : Tyrode Acide ;
" PZD " : Dissection Partielle de la ZP,
n : nombre de patients ;
P : Patients, I : Implantation ;
E : Embryon ;
G : Grossesses.
TABLEAU 2 : Essais déclosion assistée pour âge > ou = 39 ans
PZD TA
CYCLES 61 122
AGE MOYEN DES FEMMES 40,9 (39-44) 41(39-44)
EMBRYONS TRANSFERES 209(3,5 E/T) 403(3,3 E/T)
GROSSESSES CLINIQUES 11 (18%/T) 15(12,3%/T)
GROSSESSES EVOLUTIVES --- 6 (+2 FCS + 1 GEU)
ACCOUCHEMENTS 7 6
AMP EYLAU
Tableau 3 : Eclosion assistée pour échecs répétés dimplantation embryonnaire
EQUIPE TECHNIQUE RESULTATS
OBRUCA et COLL Laser (J2) + n= 129 33% G/T
1994 Contracept 14,4% I/E
Fertil . Sex . Vol 22, N° 5
OLIVENNES et SELVA PZD (J2 ou J3) n= 37 24,3% G/TContracept . Fertil
Sex. Vol 22,N° 5 12,7% I/E
VEIGA et COLL 1995 TA (J3) n=24 16,7% G/T
Hum. Reprod Vol 10
Supplt 2 6,5% I/E
STEIN et COLL 1995 PZD (J2) n=154 20,8% G/PFertil . Steril .
Vol 63 : 838-841 ? % I/E
ANTINORI et COLL 1996 Laser(J2) + n=200 36,4% G/PHum . Reprod. Vol 11
N° 3 : 590-594 12,2% I/E
Tableau 4: Eclosion assistée et transferts dembryons congelés
EQUIPE TECHNIQUE RESULTATS
TUCKER et COLL 1991 PZD (J2) n= 32 cycles 16% I/E
Am.J. Obstet. Gynecol n= 33 cycles 9% I/E
165,341-345
CHECK et Coll,1996 TA (J3) + n=79 15,2 % G/TFertil. Steril. Vol 65, 5,3 % I/E
N°2
. n=79
30,4 % G/T13,7 % I/E
LISTE BIBLIOGRAPHIQUE
PERONA RM ; WASSARMAN PM. Mouse blastocyst hatch in vitro by using a trrypsin-like proteinase associated with celles of mural trophectoderm Dev . Biol. 1986 :114 : 42-52
COLE RJ ; Cinemicrographic observations on the trohphoblast and zona pellucida of the mouse blastocyst. J. Embryol. Exp ; Morphol. 1967 : 17 : 481-490.
GONZALES . DS JONES JM, PINYOPUMMINTR T. , CARNEVALE EM, GINTHER O.J, SHAPIRO SS, BAVISTER BD, Trophectoderm projections : A potential means for locomotion, attachment and implantation of bovine, equine and human , blastocysts. Hum.Reprod 1996 : Vol 11, N° 12, pp 2739-2745
COHEN J, ALIKANI M ; TROWBRIDGE J ; ROSENWAKS Z ; Implantation enhancement by selective assisted hatching using zona drilling of human embryos with poor prognosis. Hum. Reprod. 1992 :Vol 7,5 : 685- 691
DOKRAS A ; ROSS C ; GOSDEN B ; SARGENT I.L ; BARLOW DH ; Micromanipulation of human embryos to assist hatching Fertil . Steril.1994 : Vol 61,3 : 514-520
MANDELBAUM J ; PLACHOT M ; JUNCA AM ; SALAT BAROUX J ; BELAISCH-ALLART J ; COHEN J Effets dune dissection partielle de la zona pellucide (PZD) sur le développement et léclosion in vitro dembryons humains congelés. Contracept. Fertil. Sex. 1994 :Vol 22,5 352.
HANDYSIDE AH ; KONTOGIAMI EH ; HARDY K ; WINSTON RML ; Pregnancies from biopsied human preimplantation embryos sexed by Y. Specific DNA amplification . Nature 1990 :344 : 768-770.
ALIKANI M ; COHEN J ; Micromanipulation of cleaved embryos cultured in protein free medium : a mouse model for assisted hatching J. of Exp. Zool.1992 : 263 : 458-463.
GORDON JW ; DAPUNT U ; A new mouse model for embryos with a hatching deficiency and its use to elucidate the mechanism of blastocyst hatching. Fertil. Steril.1993 : Vol 59, 6 : 1296-1301.
COHEN J ; Assisted hatching : indications and techniques. Acta Europaea Fertilitatis .1993 : Vol 24, 5 : 215-219
HELLEBAUT.S ; DE SUTTER P ; ONGHENA A ; DOZORTSEV D ; QUIAN C ; DHONT M . Does assisted hatching improve implantation rates after IVF or ICSI in all patients : a prospective randomized study. J. Ass . Reprod. Gen.1996 : Vol 13,1 : 19-22
CECI EST UN NOUVEAU CHAPITRE !!!!
LA FECONDATION ASSISTEE : ICSI
TECHNIQUE DE FECONDATION ET FACTEURS LIMITANTS
LA FECONDATION ASSISTEE : TECHNIQUE DE FECONDATION (ICSI) ET FACTEURS LIMITANTS
M. DUMONT(1,2), P.COHEN-BACRIE (1), J. TESARIK (1), A. LE MEUR (1), F.X. AUBRIOT(2), S. DOUARD (2), M. GLISSANT (2), A. HAZOUT (2), A. LAFFY (2). A. STANOVICI (2), M. ADJIMAN (2), V. IZARD (2).
1-AMP Eylau, 55 rue Saint Didier 75116 PARIS
2-Clinique P. CHEREST, 5 rue P. CHEREST 92200 NEUILLY SUR SEINE
3-Clinique de la MUETTE , 46-48, rue Nicolo 75116 PARIS.
LICSI constitue une avancée spectaculaire dans le traitement de la stérilité masculine. Avec cette technique quelques spermatozoïdes vivants (le plus souvent mobiles), éjaculés ou prélevés dans le tractus génital de lhomme suffisent pour réussir à concevoir un enfant.
I . TECHNIQUE DICSI
Préparation des ovocytes
Les cellules du cumulus sont dissociées après incubation des ovocytes, pendant 30 secondes à 1 minute, dans du milieu de culture contenant de la hyaluronidase ; Les cellules périovocytaires sont ensuite retirées par aspiration-refoulement des ovocytes dans une micropipette en verre de 200 µm de diamètre. Les ovocytes abondamment rincés dans du milieu de culture sont ensuite observés au microscope inversé pour noter leur stade de maturation ; puis ils sont incubés en milieu B2 de Ménézo ou milieu BM1 (Ellios-Bio media) pendant 2 à 3 heures dans un incubateur à 37°C, sous atmosphère humide à 5% de CO2. Seuls les ovocytes en métaphase II seront micro-injectés
Préparation des spermatozoïdes
Les spermatozoïdes utilisés pour lICSI ont différentes origines. Ils proviennent soit dun éjaculat, soit dun prélèvement de fluide épididymaire, soit dune biopsie testiculaire. Ils peuvent également avoir subi une cryoconservation avant dêtre utilisés.
Spermatozoïdes éjaculés
Après examen au microscope ; tout ou partie du sperme est lavé par centrifugation à 1800 g pendant 5 minutes avec 5 ml de Earles ou solution saline de tyrode puis le culot est déposé sur un gradient discontinu de percoll à 2 couches (45%, 90%) et centrifugé à 400 g pendant 20 minutes. La fraction 90% est ensuite lavée avec 5 ml de Earles par centrifugation à 1800 g pendant 5 minutes. Le culot de spermatozoïdes est resuspendu dans du Earles 3 % BSA ou dans du milieu BM1 et gardé dans lincubateur à CO2 jusquau moment de linjection intra-cytoplasmique.
Lorsque le sperme est trop pauvre en spermatozoïdes (cryptozoospermie), un seul lavage est pratiqué, par centrifugation à 1800 g pendant 5 minutes avec 5 ml de Earles. Puis le culot est incubé en Earles 3% de BSA ou en milieu BM1. Cest cette même préparation qui est utilisée pour les paillettes de spermes congelés.
-Spermatozoïdes épididymaires
Le fluide épididymaire est dilué dans les milieux B2 ou BM1 et déposé sur un gradient discontinu de percoll à 3 couches (50% - 70% -90%). Après centrifugation à 400 g pendant 20 minutes les différentes fractions sont lavées avec 4 ml de Earles par centrifugation à 400 g pendant 10 minutes. Puis le culot obtenu avec chaque fraction est dilué avec du Earles 3% BSA ou du BM1 et incubé à 37°C. Chaque fois que cela est possible, une partie du sperme est congelée pour des tentatives ultérieures, si besoin.
Spermatozoïdes testiculaires
La biopsie testiculaire est immergée dans 5 ml de Earles Hépès ou BM1 puis fragmentée à laide de pinces fines. Les différents fragments sont ensuite écrasés entre deux lames de verre ; La suspension cellulaire est centrifugée à 400 g pendant 10 minutes puis le culot est dilué avec du Earles 3% BSA et incubé à 37°C. Avant lincubation on vérifie, au microscope inversé, quil y a bien présence de spermatozoïdes dans le culot.
Micro-injection intracytoplasmique
Pour la micro-injection, on utilise un équipement spécialisé fixé sur un microscope inversé. Deux micropipettes sont indispensables pour réaliser linjection : une micropipette de contention (diamètre interne : 20 µm) servant à tenir lovocyte et une micropipette dinjection (diamètre interne : 5 µm) pour prélever le spermatozoïde et linjecter dans le cytoplasme de lovocyte.
Les deux micropipettes sont fixées sur des micromanipulateurs actionnés à distance par des commandes hydrauliques. Elles sont également reliées à des seringues permettant daspirer ou de refouler lovocyte et les spermatozoïdes.
Juste avant la micro-injection, les spermatozoïdes sont placés dans une goutte de Earles hépès contenant 10% de polyvinylpyrrolidone (PVP). Le PVP augmente la viscosité du milieu, ce qui ralentit le mouvement des spermatozoïdes et facilite leur aspiration dans la pipette dinjection. Chaque ovocyte est déposé dans une goutte de 5 µl de Earles hépès ou 5 µl de BM1 autour de la goutte de spermatozoïdes, le tout étant recouvert dhuile de paraffine légère. La boite de pétri est ensuite posée sur la platine chauffante du microscope inversé.
Au moment de linjection ; lovocyte est maintenu dans le champ optique du microscope par une pipette de contention ; de telle sorte que , le globule polaire soit situé à " midi " ou à " 6 heures " pour éviter que la pipette dinjection ne touche le fuseau de métaphase II pendant son introduction dans le cytoplasme de lovocyte. Un spermatozoïde préalablement immobilisé est aspiré dans la pipette dinjection et injecté dans le cytoplasme de lovocyte.
Après la micro-injection, les ovocytes sont réincubés en milieu B2 ou BM1 à 37°C sous atmosphère humide à 5% de CO2.
Contrôle de la fécondation et transfert embryonnaire
Les pronucléï sont observés 16 à 18 heures après la micro-injection. Le transfert intra-utérin des embryons a lieu environ 48 heures après la micro-injection.
II . RESULTATS ET DISCUSSION SUR LES LIMITES DE LICSI
Cest ainsi que linjection intra-ovocytaire dun spermatozoïde provenant soit de léjaculat, soit de lépididyme, soit du testicule, nous permet dobtenir des résultats respectivement égaux à : 62%, 65,6%, 58% pour le taux de fécondation (2 PN/ovocytes intacts) ; 33,4% ; 39,5% ; 35,8% pour les taux de grossesses cliniques par transfert (voir tableau 1,2,3,4)
Ces résultats qui corroborent ceux des autres équipes internationales ne doivent cependant pas faire oublier que pour certaines indications cliniques, des difficultés subsistent pour produire un embryon viable, par ICSI.
A- FACTEURS SPERMATIQUES LIMITANTS
Parmi ces cas plus difficiles à traiter, il y a :
- les akinétozoospermies
LES AKINETOZOOSPERMIES
La mobilité du spermatozoïde est un facteur prédictif important de la fécondation par ICSI.
Parmi les akinétozoospermies, il faut distinguer deux groupes :
les akinétozoospermies relatives : aucune mobilité initiale puis obtention de quelques spermatozoïdes mobiles sur place après préparation et incubation du sperme. Dans ce cas lICSI est réalisable.
Les akinétozoospermies absolues : aucun spermatozoïdes mobiles, même après incubation. Dans ce cas ; linjection de spermatozoïdes immobiles ne donne pas les mêmes résultats selon lorigine des spermatozoïdes. Létude de NIJS et Coll, 1996, comparant les résultats de lICSI avec spermatozoïdes immobiles provenant soit de léjaculat, soit de lépididyme, soit du testicule montre que le taux de fécondation : 53% est significativement moins élevé avec les spermatozoïdes immobiles de léjaculat que dans les deux autres groupes (épididyme : 60% ; testicule : 65%). Des grossesses évolutives ont été obtenues seulement dans le groupe avec injection de spermatozoïdes immobiles provenant du testicule (voir tableau 5).
Le problème majeur avec les akinétozoospermies en ICSI est de distinguer les spermatozoïdes vivants des spermatozoïdes morts. On peut essayer daméliorer les résultats de lICSI avec spermatozoïdes immobiles de léjaculat en utilisant le test hypoosmotique (HOS-test : Hypo Osmotic Swelling-Test).Ce test simple permet de reconnaître les spermatozoïdes vivants qui réagissent à la solution hypoosmotique par un gonflement et un enroulement du flagelle. Lapplication de ce test dans huit cycles dICSI par CASPER et Coll, 1996, montre quil est possible dobtenir un meilleur taux de fécondation (43% contre 26% sans le test) et un meilleur taux de grossesse ( voir tableau 6).
Nous navons pas encore assez de recul pour savoir si lapplication de ce test simple permettra lobtention dun pourcentage correct de grossesses évolutives. Si tel nest pas le cas ; et pour les spermes ne réagissant pas au test hypoosmotique, il faudra envisager le recours aux prélèvements de biopsies testiculaires ; et/ou essayer didentifier un ou plusieurs facteurs paternels qui pourraient agir négativement sur le développement embryonnaire (facteurs génétiques, centriole anormal, anticorps anti spermatozoïdes etc )
LES TERATOZOOSPERMIES
Le profil des anomalies des spermatozoïdes na pas toujours la même valeur. Il peut comporter une forte prédominance dune anomalie donnée ou au contraire une grande diversité danomalies. Quand le pourcentage de formes atypiques est élevé ; le biologiste qui espère toujours pouvoir injecter des spermatozoïdes paraissant morphologiquement " normaux " se demande quelles sont les formes anormales quil peut injecter sans compromettre la fécondation et le développement ultérieur de lembryon ? Dores et déjà quelques études permettent de dire quil faut éviter dinjecter certaines formes anormales de spermatozoïdes.
1- Les spermatozoïdes microcéphales
Les patients ayant un syndrome pur de spermatozoïdes microcéphales à tête ronde (globozoospermie) ont un taux de fécondation réduit ou nulle en ICSI. Malgré cela, quelques grossesses évolutives ont été obtenues avec ce type de stérilité (tableau7) . La pratique de lICSI dans un système hétérologue homme-souris a permis à RYBOUCHKIN et Coll, 1996, de mettre en évidence une absence de capacité des spermatozoïdes microcéphales à activer les ovocytes ; indépendante de la forme et de la taille exacte du spermatozoïde microcéphale injecté (0% dactivation ovocytaire contre 95% avec des spermatozoïdes normaux de donneurs) ( tableau 8). Dans cette même étude lanalyse du caryotype de ces spermatozoïdes montre quil ne présente pas plus danomalies (6%) que celui des spermatozoïdes normaux (9%). Léchec de fécondation chez ce patient pourrait donc être dû à une déficience en " Oscilline " des spermatozoïdes.
2 Les spermatozoïdes à têtes irrégulières
Il ny a pas de preuves pour affirmer que les spermatozoïdes anormaux sont génétiquement anormaux. Linjection de spermatozoïdes humains dans des ovocytes de souris permet de corréler la morphologie de la tête spermatique avec son contenu chromosomique.
Cest ainsi que LEE et Coll, 1996, ont montré une augmentation du taux danomalies de structure des chromosomes dans les spermatozoïdes à têtes allongées ou à contour très irrégulier ( 26,1% danomalies contre 6,9% pour les spermatozoïdes à têtes normales). Cette étude doit être confirmée par des effectifs plus importants et doit nous inciter à éviter linjection de ce type de spermatozoïdes.
LES AZOOSPERMIES SECRETOIRES
En présence dune azoospermie ; on a recours à un prélèvement épididymaire ou testiculaire pour obtenir des spermatozoïdes ; Lorsque lazoospermie est dorigine sécrétoire ; même si le taux de FSH est élevé et les testicules petits (moins de 15 ml à lorchidomètre) ; il est possible de trouver quelques spermatozoïdes dans les biopsies testiculaires. Néanmoins dans certaines situations, aucun spermatozoïde nest visible et la question se pose de savoir sil faut rechercher des spermatides (cellules haploïdes précurseurs de spermatozoïdes) pour réaliser la micro-injection.
On sait que chez lanimal (souris, lapin), linjection de spermatides testiculaires fraîches ou congelées a permis la naissance de petits parfaitement normaux et fertiles (tableau 9).
Dans ces études, il sagissait danimaux fertiles alors que chez lhumain quelques naissances ont été obtenues à partir de spermatides dhommes stériles présentant une azoospermie sécrétoire ( tableau 10).
Malgré des résultats obtenus chez les animaux et chez lhomme, montrant que la procréation avec spermatides fraîches ou congelées est possible ; cette procréation reste néanmoins peu efficiente.
Létude de FISHEL et Coll, 1997, (voir tableau 11), comparant les taux de fécondation entre linjection de spermatozoïdes et linjection de spermatides chez 18 patients OAT sévères ou ayant une azoospermie sécrétoire, ; montre avec linjection de spermatides lobtention de seulement 24 à 30 % de fécondation contre 67 % avec les spermatozoïdes.
Il faut souligner dautre part, que les rares succès obtenus chez lhumain concernent des hommes azoospermes ayant pû prouver dans le passé leur capacité à produire quelques spermatozoïdes matures ; donc ayant eu une spermatogénèse complète.
Quand cela est possible ; il semble donc préférable dinjecter des spermatozoïdes ; en attendant que la recherche progresse pour lobtention, dun meilleur taux de fécondation et de développement embryonnaire avec linjection de spermatides.
B- DYSMORPHIES OVOCYTAIRES ET ICSI
Un des grands avantages de lICSI, est de pouvoir apprécier non seulement le stade de maturation nucléaire des ovocytes mais aussi de pouvoir noter leur morphologie au recueil. La dysmorphie ovocytaire peut se situer à différents niveaux de lovocyte :
- au niveau de la zone pellucide : de forme ou dépaisseur anormales.
- au niveau du globule polaire : fragmenté ou de taille anormale
- au niveau de lespace perivitellin : large ou comportant des granulations .
au niveau du cytoplasme avec :
- des vacuoles
- des inclusions denses
- une accumulation de reticulum endoplasmique lisse
- une granularité excessive ou inhomogène.
Daprès les travaux publiés sur lICSI il semble que le taux de fécondation des ovocytes dysmorphiques soit semblable à celui des ovocytes normaux (ALIKANI et Coll ,1995). Néanmoins, une étude plus récente de XIA 1997, montre que les ovocytes ayant un espace perivitellin normal et un cytoplasme dépourvu dinclusions denses ont le taux de fécondation le plus élevé.
Que le taux de fécondation des ovocytes dysmorphiques soit normal ou abaissé, on sinterroge sur la capacité de ces ovocytes à assurer un développement embryonnaire normal. En effet, ALIKANI et Coll, 1995, ont montré que plus de grossesses biochimiques et dufs clairs pouvaient être obtenus avec des transferts dembryons tous issus, dovocytes dysmorphiques, il serait donc intéressant de pouvoir repérer les dysmorphies ovocytaires responsables de la diminution du potentiel évolutif des embryons ( MANDELBAUM et Coll, 1997)
Tableau 1
ICSI AVEC SPERMATOZOIDES EJACULES 1993-1996
CYCLES ( C ) 2 277
OVOCYTES MATURES 15 406
OVOCYTES INTACTS 13 984
OVOCYTES FECONDES (2PN/OV.INT) 8 683 ( 62% )
EMBRYONS TRANSFERES 5 670
TRANSFERTS ( T ) 2 058
GROSSESSES CLINIQUES ( G ) 687
% G/C 30 % / C
% G/ T 33,4 % / T
Laboratoire dEylau
TABLEAU 2
ICSI AVEC SPERMATOZOIDES EPIDIDYMAIRES 1993-1996
Spermatozoïdes frais Spermatozoïdes congelés
CYCLES ( C ) 127 86
OVOCYTES MATURES 920 630
OVOCYTES INTACTS 844 580
OVOCYTES FECONDES( 2PN/OV. INT) 554 (65,6%) 361 ( 62,2%)
EMBRYONS TRANSFERES 327 219
TRANSFERTS ( T ) 119 82
GROSSESSES CLINIQUES (G) 47 30
% G/C 37% 34,9%
% G/T 39,5% 36,6%
Laboratoire dEylau
Tableau 3
ICSI AVEC SPERMATOZOIDES TESTICULAIRES FRAIS
1994-1996
CYCLES ( C ) 70
CYCLES AVEC SPZ 56
OVOCYTES MATURES 359
OVOCYTES INTACTS 309
OVOCYTES FECONDES ( 2PN/OV. INT) 180 ( 58% )
EMBRYONS TRANSFERES 134
TRANSFERTS ( T ) 53
GROSSESSES CLINIQUES ( G ) 19
% G/C 33,9 %
% G/T 35,8 %
Laboratoire dEylau
Tableau 4
ICSI AVEC SPERMATOZOIDES TESTICULAIRES FRAIS OU CONGELES
(COMPARAISON DES RESULTATS POUR LES 16 PREMIERS COUPLES)
Spermatozoïdes frais Spermatozoïdes congelés
COUPLES 15 16
CYCLES 16 19
OVOCYTES MATURES 95 119
OVOCYTES INTACTS 76 (80%) 106 (89%)
OVOCYTES FECONDES(2PN/OV. INT) 46 (60,5%) 60 (56,6%)
EMBRYONS TRANSFERES 36 39 ( 2,3 E/T)
TRANSFERTS 16 17
GROSSESSES CLINIQUES- 2 - FCS 6 - 1 FCS
- MIU - 1 ITG pour anencéphalie
TABLEAU N°5
RESULTATS DE LICSI AVEC SPERMATOZOIDES IMMOBILES
Origine des spermatozoïdes
EJACULAT |
EPIDIDYMAIRE |
TESTICULE |
|
n patients |
12 |
3 |
26 |
Taux de fécondation |
53 |
60 |
65 |
Grossesses / Transfert |
1/12 |
0/3 |
8/26 |
Grossesses évolutives |
0 |
- |
5 (19%) |
Daprès NIJS et Coll , 1996
Hum. Reprod. Vol 11, N° 10
TABLEAU 6
RESULTATS DE LICSI AVEC SPERMATOZOIDES IMMOBILES ET UTILISATION DU HOS-TEST
8 Cycles sans HOS-TEST |
8 Cycles avec HOS-TEST |
||
Taux de Fécondation |
26% (25/96)- |
43% (31/72) |
|
Embryons de bonne qualité |
54,6% |
56,2% |
|
Transferts (T ³ 3 E ) |
8 (3) |
8 (6) |
|
Grossesses cliniques |
0 |
3 1 accouchement de jumeaux 1 FCS à 14 semaines 1 FCS à 8 semaines |
|
Fertil. Steril. Vol. 65, N° 5
TABLEAU 7
RESULTATS DE LICSI AVEC LES SPERMATOZOIDES A TETES RONDES
| n patients | Taux de Fécondation |
Grossesses | |
| LUNDIN et Coll 1994 Fertil . Steril. Vol 62 ,N°6 |
1 |
12/28 |
1 Gemellaire ( 1 fille + 1 garçon) |
| BOURNE et Coll, 1995 Fertil. Steril. Vol 63,N°6 |
1 |
3/8 |
- |
| LIU et Coll, 1995 Hum. Reprod. Vol 10,N°3 |
7 (11 Cycles) |
14/85 |
1 FCS 3 1 GEU 1 Gemellaire |
| TROKOUDES et Coll, 1995, Hum. Reprod. Vol 10, N°4 |
1 |
3/6 |
1 ( Fille ) |
TABLEAU 8
INJECTION DE SPERMATOZOIDES HUMAINS DANS DES OVOCYTES DE SOURIS
( Comparaison entre spermatozoïdes normaux et spermatozoïdes à têtes rondes)
|
Ovocytes injectés Ovocytes intacts Ovocytes activés |
Spermatozoïdes de donneur | Spermatozoïdes à tête ronde | |
- Activation ovocytaire |
+ Activation ovocytaire |
||
| 75 61 58 (95%) |
118 88 0 |
130 97 93 (96%) |
|
Daprès RYBOUCHKIN et Coll, 1996
Hum. Reprod. Vol. 11,N°10
TABLEAU 9
RESULTATS DES INJECTIONS DE SPERMATIDES CHEZ LANIMAL
| Espèce | Technique | Embryons transférés |
Naissances | Références |
| Souris | Electrofusion | 346 |
4 |
Pro. Natl. Acad. Sci. USA,91 ,7460 |
| Lapin | Injection de noyau | 121 |
3 |
NV. SOFIKITIS et Coll,1994. J. Assist. Reprod.Genet . Vol11,335 |
| Souris | Injection de noyau + cytoplasme |
131 |
35 |
Y.KIMURA et Coll,1995, Development.121,2397 |
| Lapin | Injection de noyau | 150 |
14 |
NV.SOFIKITIS et Coll,1996 Fertil. Steril. Vol 65,176 |
| Souris | Injection noyau + Cytoplasme Spermatide congelée |
150 |
17 |
A.OGURA et Coll,1996, J.of Assist. Reprod and Genetic. Vol 13,N°5 |
Tableau 10
RESULTATS DES INJECTIONS DE SPERMATIDES CHEZ LHUMAIN
| Type de spermatides | Sources | Injection | Embryons | Grossesses | Naissances | Références | ||||
| Allongées | Testicules | Cellules entières | 1 | 0 | 0 | P.VANDERZWALMEN et Coll,1995 Hum. Reprod. .Vol 10,502 |
||||
| Rondes | Testicules | Noyaux | ? | 4 | 0 | T.HANNAY,1995 | ||||
| Rondes | Ejaculat | Cellules entières | 14 | 2 | 2 | J.TESARIK et Coll,1995,1996 | ||||
| Allongées | Testicules | Cellules entières | 1 | 1 | 1 | S.FISHEL et Coll,1995,1996 | ||||
| Allongées | Ejaculat | Cellules entières | 11 | 0 | 0 | J.TESARIK et Coll,1996 | ||||
| Rondes. Allongées |
Testicules | Cellules entières |
56 55 |
2 3 (1FCS) |
? ? |
S.ANTINORI et Coll,1997 Hum. Reprod. Vol 12,N°2 |
||||
| Rondes Congelées | Testicules | Cellules entières | 6 | 1 (16 semaines) | ? | S.ANTINORI et Coll,1997 Hum. Reprod. Vol 12,N°3 |
||||
| - Rondes - Allongées ou en cours dallongement |
Testicules | Cellules entières |
49 23 |
1 4 (1FCS + 1 G. evol.) |
1 2 |
P.VANDERZWALMEN et Coll,1997. Hum. Reprod.Vol 12,N°6 | ||||
Tableau 11
COMPARAISON DES TAUX DE FECONDATION OBTENUS PAR INJECTION DE SPERMATOZOÏDES OU DE SPERMATIDES RONDES OU ALLONGEES (18 PATIENTS)
| Cellule Injectée | Source des Gamètes Ejaculat Testicules |
Total |
|
| Spermatide ronde Spermatide allongée Spermatozoïdes |
33 18 63 |
21 38 74 |
30% 24% 67% |
Daprès S. FISHEL et Coll, 1997
Hum. Reprod. Vol 12, N°2
AKINETOZOOSPERMIE
Cas n°1
Volume 5ml 4,9 ml
Numération 6,4. 106 Spz/ml 7,5.106.spz/ml
Mobilité 0 0
Vitalité 20% 67%
Formes Typiques 9% 12%
ICSI Femme = 34 ans
3 recueils de sperme, 0 mobiles
AKINETOZOOSPERMIE
Cas N°2
Volume 3,5 ml
Numération 6. 106 spz/ml
Mobilité 0
Vitalité 50%
Formes Typiques 31%
Femme = 29 ans
ICSI N°1
ICSI N°2
- Biopsie testiculaire
- ICSI avec spz immobiles
- 5 à 2 PN / 8 ovocytes
TERATOZOOSPERMIE
Cas N°1
Volume 2 ml
Mobilité 30%
Numération 8. 106 spz / ml
Vitalité 60%
Formes Typiques 1%
Surtout macrocéphales et têtes à base anormale et acrosome absent ou malformé
ICSI N°1
Femme = 29 ans
3 X 2 PN / 5 ovocytes
Pas de grossesse
ICSI N° 2
3 X 2 PN / 4 ovocytes
Pas de grossesse
TERATOZOOSPERMIE
Cas N°2
Volume 3 ml
Mobilité 25%
Numération 21.10 6 spz / ml
Vitalité 30%
Formes Typiques 1%
Surtout des macrocéphales et têtes irrégulières
ICSI
Femme = 29 ans
0 X 2 PN / 6 ovocytes
TERATOZOOSPERMIE
Cas rapporté dans la littérature
YUROV et Coll, 1996, Mol. Hum. Reprod. Vol. 2, N° 9
Femme = 33 ans, Homme = 36 ans
O.A. T sévère
3% de formes typiques avec 40% de spermatozoïdes macrocéphales
5 ICSI
Pas de grossesses
BIBLIOGRAPHIE
2. Questions QCM ICSI
2- Obtention de 800 000 spermatozoïdes mobiles après migration avec 80% de formes atypiques
a IAC