LETTRE D'INFORMATION SUR LA SURVEILLANCE ECHOGRAPHIQUE DE LA
GROSSESSE
Association belge des Echographistes d'expression française
Dr. Michel Masson, Liège, Belgique
| Madame, Le diagnostic de grossesse vient d'être confirmé, la surveillance prénatale commence. Celle-ci a un double objectif : celui de prévenir ou d'empêcher que la grossesse n'entraîne chez vous des maladies qui en dépendent et, d'autre part, de mettre tout en uvre pour que le bébé que vous portez naisse dans les meilleures conditions. Un des piliers de cette surveillance prénatale est l'échographie. Cette technique, devenue indispensable, a plusieurs objectifs : 1. préciser l'âge de la grossesse par rapport aux dernières règles. Dans une grossesse sur 8, la date de l'accouchement doit être modifiée de plus de 15 jours ; 2. détecter la présence de jumeaux. Ces grossesses doivent être suivies avec plus d'attention vu le risque accru d'accouchement prématuré ou de répercussions maternelles induites par ces grossesses plus lourdes à supporter ; 3. préciser la position du placenta, celle du bébé et estimer la quantité de liquide ; 4. s'assurer de la croissance normale de l'enfant, ni trop, ni trop peu, vérifier les critères de vitalité (mouvements...) ; 5. rechercher les signes directs ou indications de malformations ou d'anomalies. Il faut en effet savoir que près de 4 % des enfants naissent porteurs d'une anomalie. Pour atteindre cet objectif, qui n'est pas de meubler les premières pages de l'album de photos de votre bébé, l'INAMI rembourse trois examens échographiques (1 par trimestre) pour surveiller une grossesse normale. En cas de pathologie ou de grossesse survenant dans une famille à risque, il est possible d'en réaliser plus. Les grossesses normales représentant plus de 90 % des cas, il s'agit d'utiliser aux mieux les possibilités de l'échographie au travers de ces 3 examens de routine. L'examen du 1er trimestre L'échographie n'est pas un test de grossesse. Sauf si votre gynécologue suspecte une implantation anormale (grossesse tubaire, par exemple) ou un risque avéré de fausse couche, il n'est pas recommandé de la réaliser avant 10 semaines. A ce moment, en effet, on peut dater la grossesse avec précision, définir le nombre d'embryons, le type de grossesse multiple et déjà réaliser un premier bilan morphologique (tête, la présence des 4 membres comprenant 3 segments) et rechercher un signe d'appel important d'anomalie chromosomique : l'aspect du cou. L'examen du 2ème trimestre Réalisé idéalement entré 20 et 24 semaines de grossesse, il permet de faire le bilan morphologique du bébé. Suivant une "check list" permettant d'éliminer plus de 70 % des malformations morphologiques, toutes les parties du corps seront examinées systématiquement. Cet examen ne garantit pas l'absence de petites malformations telles que la fente labiale, anomalies des doigts ou anomalies qui ne se manifesteront que plus tard dans la grossesse (certaines hydrocéphalies, anomalies des voies urinaires et digestives) qui n'apparaîtront qu'après la naissance. Lors de cette seconde échographie, les mesures réalisées permettront de dépister les enfants qui, déjà, grossissent très vite ou ceux qui montrent un déficit de croissance. La localisation du placenta fait aussi partie de cet examen. L'examen du 3ème trimestre Réalisé vers 7 mois, son but est essentiellement d'estimer la normalité de la croissance, l'état du placenta et de la vitalité de l'enfant. La morphologie complète devient beaucoup plus difficile à réaliser. L'enfant est devenu plus gros, la quantité d'eau est relativement plus faible, la position foetale peut empêcher la mise en évidence de certaines positions du corps (dos en avant), interposition des membres ou d'os..., tête déjà basse et bloquée dans le bassin,... Cette procédure, il faut le rappeler, ne s'applique qu'aux grossesses normales. En cas de pathologie, l'INAMI accepte la réalisation d'examens supplémentaires. Ne perdez pas
de vue que la qualité des images dont découle la pertinence des informations, dépend
étroitement des caractéristiques individuelles des tissus que les sons doivent traverser
pour atteindre le bébé (épaisseur de la peau, graisse abdominale, pilosité,
cicatrices,...). |