Les douleurs pelviennes de la femme


LES SYNDROMES DOULOUREUX CYCLIQUES

A. LE SYNDROME INTERMENSTRUEL

B. LA DYSMÉNORRHÉE

LA DOULEUR PELVIENNE CHRONIQUE


Il est peu de situations aussi délicates à aborder et à traiter que la douleur pelvienne chez la femme, source très fréquente de difficultés et de déboires, tant chez la patiente que chez son médecin. La douleur pelvienne est un symptôme par lequel peuvent s'exprimer la plupart des affections locales, mais aussi certaines affections à distance, et pour lesquelles il ne saurait y avoir de conduite univoque. C'est pourquoi il est nécessaire de faire preuve d'emblée de toute l'attention et de la rigueur possibles, tant dans la démarche diagnostique que dans les orientations thérapeutiques.

Nous éliminons de cette étude les syndromes douloureux aigus ou soudains, dont l'abord est radicalement différent de celui des aigles pelviennes, chroniques par leur permanence ou leur répétition, et qui, seules, nous retiendront.

Il importe par­dessus tout d'éviter l'alternative extrême qui menace devant toute algie pelvienne:

­ verser dans la chirurgie mutilante, d'une part: il s'agit bien souvent de la solution la plus facile, la patiente qui souffre se laissant aisément convaincre de la nécessité d'une exérèse; c'est pourquoi il faut être particulièrement avare d'indications chirurgicales, surtout quand l'anomalie en cause est par ailleurs bien banale. La difficulté est en effet importante lorsqu'il s'agit de rapporter un syndrome douloureux à une anomalie constatée au cours du bilan, la plupart de ces anomalies restant chez d'autres femmes sans expression clinique; autant il serait fâcheux de ne pas soulager la patiente par un geste chirurgical indiqué, autant il serait désastreux de créer la première cicatrice d'une future balafrée de l'abdomen dont les difficultés réelles sont d'ordre psycho­existentiel.

­ psychiatriser à outrance la situation, d'autre part, chacun sait en effet que la sphère génito­pelvienne représente chez la femme un lieu d'investissement très riche, où vont s'exprimer un certain nombre de conflits psychologiques dans leur forme somatique. Alors que chez l'homme, ces difficultés s'extériorisent plutôt dans d'autres régions, lombaire notamment, c'est le pelvis, qui pour des raisons évidentes, est chez la femme le " haut­parleur " de problèmes conscients ou non. Par ailleurs, I'algie pelvienne est un symptôme purement subjectif et son intensité est évidemment étroitement fonction de l'intégration de la douleur, donnée individuelle. Mais si l'évaluation simple de la personnalité de la patiente fait partie intégrante de la démarche diagnostique, sur le plan thérapeutique, par contre, le recours à un psychiatre doit être soigneusement pesé.

Ces notions soulignent le rôle difficile du praticien, aucun de ces deux extrêmes ne représentant une issue satisfaisante pour la plupart des femmes; la solution est en général ailleurs, et, pour l'approcher au plus près, il faut successivement:

­ tout d'abord, caractériser très précisément le syndrome douloureux, avec un temps capital: I'interrogatoire;

­ puis essayer de faire la part de l'organique et du fonctionnel, si nécessaire à l'aide d'explorations complémentaires, toujours les mêmes;

­ enfin, soulager le plus simplement possible.

Ces considérations générales sont valables pour tous les syndromes douloureux pelviens: ceux­ci ne sont toutefois pas univoques, et il est possible de distinguer deux grands types d'aigles pelviennes:

- les algies cycliques, se reproduisant et disparaissant à des moments précis du cycle menstruel; 

les algies chroniques, d'évolution capricieuse, plus ou moins permanentes, et, en tout cas, sans rapport net avec le déroulement du cycle. 

- Il existe des formes intermédiaires, d'autant qu'une même anomalie peut s'exprimer des deux manières, mais cette distinction guidera notre approche, ces deux types de syndrome douloureux posant des problèmes diagnostiques et thérapeutiques assez différents.