Les différentes Situations
Mort Fœtale In Utero (MFIU) et mortalité
périnatale:
Touche 6‰ des grossesses simples mais 2 à 7 % des grossesses gémellaires.
Remarques:
Un des motifs essentiels de la MFIU concerne les jumeaux
transfuseurs-transfusés observés lors de grossesses monochoriales
Le seul moyen de prévention est l'extraction précoce qui pose le dilemme
d'aggraver la morbidité d'un jumeau pour sauver l'autre.
La MFIU d'un des jumeaux entraîne un risque non négligeable pour l'autre
Dans les grossesses gémellaires monoamniotiques le taux de MFIU atteindrait
50% en raison des risques liés aux cordons.
Les indicateurs épidémiologiques:
La mortalité fœtale est considérablement
augmentée lors des grossesses gémellaires à savoir:
La mortalité périnatale (morts nés à partir de 22 SA jusqu’à 6
jours de vie) est de 5 à 10 fois plus élevée que dans les grossesses
simples.
La mortalité néonatale (décès des enfants de 0 à 27 jours révolus)
est 6 fois plus élevée. (L’enquête périnatale française de 1995 trouve
2,5% d’enfants décédés à la maternité en cas de grossesse gémellaire
versus 0,2% en cas de grossesse simple).
La mortalité postnatale (décès des enfants entre 28 jour et la fin de la
1° année) est 2 fois plus élevée
En France on estime que la mortalité foeto-infantile est 3 fois plus
importante qu'en cas de grossesse simple; soit 17,7 ‰
contre 5,4 ‰.
La mort in utero d'un jumeau est une situation relativement rare puisque sa fréquence
oscille entre 0,5 et 7,1 %. Certains points communs peuvent être
notés : forte prévalence des grossesses monochoriales (50 à 75 %), risque de décès
fœtal trois fois supérieur pour ces grossesses comparativement aux bichoriales et taux
maximal de décès dans les grossesses monoamniotiques (25-50 %).
Les causes de décès peuvent être
- non spécifiques (insuffisance placentaire,
malformation fœtale, ...)
- ou spécifiques des grossesses gémellaires (pathologie funiculaire (du
cordon ombilical), syndrome transfuseur-transfusé, ...).
- Souvent aucune cause
n'est retrouvée.
Les conséquences maternelles comprennent les répercussions psychologiques et les
exceptionnels troubles de la coagulation.
Les conséquences fœtales dépendent de la chorionicité et de la
cause. Les lésions,
principalement cérébrales mais aussi rénales ou digestives, se constituent en
anténatal dès le décès. Le mécanisme retenu actuellement est en
rapport avec une hypotension brutale entraînant une anémie aiguë et une hypoxie
sévère chez le survivant suivi d'une ischémie viscérale.
Le pronostic à court terme dépend de la chorionicité , et de l'étiologie du
décès.
Dans les grossesses bichoriales, la prématurité est le risque majeur.
La
constitution de lésions cérébrales domine le pronostic dans les grossesses
monochoriales. Ces lésions n'apparaissent qu'après une quinzaine de jours et tous les
efforts doivent être faits pour les diagnostiquer en anténatal (écho, IRM). A long
terme, le risque de décès pour le survivant est de 50 % avant 34 SA et de 19 % après 34
SA. Le taux de handicaps à 8 ans est de 4,6 %.
En règle générale, il est sage de prévoir un transfert in utero vers un centre de
périnatologie de niveau III avant 34 SA. Un traitement tocolytique est à envisager avec
une attitude expectative selon l'étiologie. En cas de pathologie maternelle, l'extraction
aura lieu dès la viabilité du fœtus. Si le décès survient après la maturité
fœtale, l'accouchement doit être envisagé sans bénéfice démontré de la césarienne.
Avant la maturité pulmonaire, dans les grossesses bichoriales, le traitement conservateur
est de mise avec une lutte contre la prématurité. Dans les grossesses
monochoriales,
cette attitude attentiste peut être prônée après information préalable des parents,
notamment en ce qui concerne les risques de lésions cérébrales qui doivent
impérativement être recherchées in utero.
L'accouchement prématuré et ses conséquences:
On considère que 50 % des grossesses gémellaires accouchent avant 37 SA .
Mais le risque n'est pas linéaire dans le temps:
Le risque d'accouchement prématuré est 10 fois plus élevé entre 26 et
30 SA par rapport aux grossesses simples. Il "n'est plus" que 7 fois plus élevé dans la tranche 31-34 SA.
C’est surtout la très grande prématurité qui se voit augmenter lors des
grossesses gémellaires.
Le risque de prématurité varie avec le type de grossesse gémellaire:
. Grossesse dizygote dichoriale: 34 %
. Grossesse monozygote dichoriale: 42,3%
. Grossesse monozygote monochoriale: 51 %
Les conséquences de la prématurité:
La mortalité périnatale:
On estime que le poids statistique de la prématurité augmente à lui seul
d'un facteur 5 le risque de mortalité périnatale et qu'en appariant les
termes de naissance entre grossesses simples et gémellaires on gomme la différence
statistique de mortalité périnatale entre ces 2 types de grossesses.
Le handicap grave:
Est lié au terme. Il n'y a pas de différence spécifique aux jumeaux. On
évalue à 14% le risque d'un handicap grave chez un enfant né avant 33 SA.
On estime que 5 à 10% des IMC sont des jumeaux alors qu'ils ne représentent
que 2,4 % de la population générale comme nous l'avons déjà vu.
La maladie des membranes hyalines:
Chez les jumeaux on retrouve 11% de MMH alors que ce taux n'est que de 2%
dans la population générale.
Il est ressort que l'objectif essentiel du suivi de la grossesse gémellaire
se doit d'être la prévention de la prématurité.
Les autres pathologies de la grossesse:
L'HTA
L'HTA serait 3 fois plus fréquente (pouvant se compliquer de RCIU
ou HRP)
Il n'est pas certain par contre que le risque de pré-éclampsie soit
augmenté lors des grossesses gémellaires.
Pour certains il n’y a pas de différence de risque entre grossesse mono
et dizygote. Pour d’autres le risque serait plus important pour les
dizygotes.
Le diabète gestationnel:
Certains pensent qu’il n’y a pas de différence de fréquence de diabète
gestationnel dans les grossesses simples et les gémellaires (5,8 % versus
5,4%) Pour d’autres il serait 2,6 fois plus fréquent dans les grossesses
dizygotes que dans les grossesses monozygotes.
Les malformations
Leur fréquence varie avec le type de grossesses gémellaires:
Les grossesses dizygotes: le taux de malformations n'est pas augmenté par
rapport aux grossesses simples
Les grossesses monozygotes voient leur risque de survenue de malformations
multiplié par 3
Dans les grossesses gémellaires monoamniotiques le risque de malformations
atteint 10%
Les troubles de fermeture du tube neural, les anomalies génito-urinaires
et les cardiopathies dominent.
La survenue d'une malformation grave lors d'une grossesse gémellaire pose
d'importants problèmes puisque la réalisation d'une ITG est impossible,
seule l'interruption sélective est possible.
Certaines malformations sont spécifiques aux grossesses gémellaires:
Le fœtus acardiaque concerne 1% des grossesses monozygotes
Les fœtus "siamois" concernent 1 naissance/ 75 000 et 1% des
grossesses monozygotes.
LES GROSSESSES GEMELLAIRES PROLONGEES:
50% des grossesses gémellaires ont accouché avant 37 SA
Le minimum de mortalité s'observe pour les grossesses entre 36 et 38 SA
Le nombre de MFIU inexpliquées augmente après 38 SA (pour devenir
comparable au chiffre observé après 40 SA pour les grossesses simples.
On propose donc le déclenchement des grossesses gémellaires après 38 SA.
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