Prise en charge 
des Grossesses Multiples 

Sommaire

Document tiré des compte-rendus d'une Journée organisée le Vendredi 30 Janvier 1998 à Colmar 
par le Cercle d’Étude des Gynécologues Obstétriciens du Parc et transmis par Richard Kutnahorsky

Dysgravidie et grossesse gémellaire

La pré-éclampsie est une affection survenant essentiellement chez la primipare dans la deuxième partie de la gestation. 

Elle se caractérise par l’apparition  d’une hypertension artérielle (>140/90) et d’une albuminurie ainsi que par des œdèmes importants qui ne se limitent généralement pas aux membres inférieurs. 

Dans la grossesse gémellaire, la pré-éclampsie semble apparaître plus précocement, a une évolution très souvent fulminante et amène fréquemment à des crises d’éclampsie. Dans les populations occidentales, la fréquence de la pré-éclampsie sévère est de 1%, alors que pour les grossesses doubles elle est de 3 à 5%. 

Le risque relatif pour une patiente porteuse d’une grossesse gémellaire de développer une pré-éclampsie est de 5, alors qu’il n’est que de 2 chez la primipare considérée pourtant comme la population à risque par excellence. 

Des bibliothèques entières ont été écrites sur la pré-éclampsie et pourtant sa physiopathologie reste encore très mal comprise. On peut tout de même penser, qu’il s’agit au départ, d’une "mésalliance" immunitaire entre le trophoblaste et les tissus maternels au niveau du lit placentaire. En effet, pour éviter le rejet de l’allogreffe que représente le fœtus, la mère doit mettre en œuvre des mécanismes de tolérance immunitaire. On imagine très bien, à l’instar de l’expérience des greffes de tissus et des transplantations d’organes, que la qualité de la prise de greffe est très dépendante de la "ressemblance" antigénique entre le greffon et son hôte.