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Il est inutile de souligner que le diagnostic de
GEU doit être le plus précoce possible:
Certes, parce qu'une rupture de la trompe
peut déclencher une hémorragie interne mettant brutalement en jeu le
pronostic vital;
Mais aussi parce qu'une détection précoce
peut permettre d'envisager un traitement médical ou une chirurgie
conservatrice au niveau de la trompe considérée (césarienne
tubaire), et préserver ainsi un certain capital de fertilité.
On aurait pu penser que l'apparition de dosages ultrasensibles d'HCG, et
la diffusion de l'échographie, auraient bouleversé les possibilités
de détection précoce de la GEU. Bien que ces éléments constituent en
effet une aide supplémentaire précieuse, ils n'ont pas tout résolu,
et de plus peuvent poser des problèmes nouveaux. La GEU demeure le
piège redoutable de la gynécologie.
C'est pourquoi, dès qu'un début de grossesse
paraît anormal il convient systématiquement de l'éliminer en premier
lieu, en étant particulièrement attentif:
Aux antécédents: la GEU est à évoquer
particulièrement chez les patientes ayant présenté des
antécédents pelviens infectieux ou chirurgicaux, les patientes ayant
subi des interventions réparatrices des trompes, les patientes ayant
déjà fait une GEU les patientes porteuses d'un dispositif
intrautérin
Aux dernières règles: soit qu'il existé un
retard avec ou sans saignottement, soit que les règes soient
survenues, mais rarement tout à fait normales: règles plus ou moins
perturbées dans leurs caractères ou leur date de survenue, règles
prolongées par un saignement, apparition des "règles"
alors que la courbe thermique reste élevée...
A la symptomatologie clinique: les
manifestations classiques (douleur, saignements) et leur précocité
dépendent dans une certaine mesure du siège de la grossesse extra
utérine: précoces et bruyantes dans la portion étroite de la trompe
(portion interstitielle), elles sont au contraire plus tardives et
plus sournoises dans les parties plus larges de la trompe (ampoule et
surtout pavillon tubaire) où la grossesse peut se développer plus
longtemps, donc devenir plus volumineuse et sécréter des quantités
d'HCG plus importantes.
À l'examen clinique: il est en général
décevant à ce stade précoce où il est rare de percevoir une masse
annexielle qui pourrait d'ailleurs simplement correspondre à un corps
gestatif hypertrophique ou kystique relativement banal dans ce
contexte.
Biologiquement, le taux d'HCG est faible et a
tendance à stagner ou à ne s'élever que lentement sur des contrôles
successifs; mais ceci est également le cas des menaces précoces
d'avortement. Inversement, certaines GEU peuvent sécréter des taux d'HCG
subnormaux pendant un temps, et un taux de plus de 2 000 à 5 000 UI HCG/I,
bien qu'exceptionnel, ne permet pas d'éliminer formellement la GEU.
L'échographie permet d'apporter un élément
négatif: I'absence de sac ovulaire intrautérin à la 3e/4e semaine
de grossesse, alors que l'existence d'HCG affirme la présence d'une
grossesse: il existe certes un décalage physiologique entre la
détection d'HCG et la mise en évidence d'une image intrautérine,
mais un sac ovulaire normal doit commencer à être visible dans la
cavité utérine à l'échographie entre les 3e et 4e semaine de
grossesse. L'existence d'une image annexielle ou d'un épanchement du
Douglas ne représentent aucunement des éléments de certitude.
Par ailleurs, l'échographie se heurte aussi à
des difficultés:
Une GEU peut coexister avec une grossesse
intrautérine: cette éventualité exceptionnelle devient moins rare
depuis l'utilisation plus large des stimulateurs de l'ovulation
puissants (HMG) chez les patientes infertiles, et responsables
d'ovulations multiples
Un petit sac ovulaire peut être initialement
difficile à distinguer d'autres images intrautérines,
particulièrement des caillots en cas de saignements génital;
La date exacte du début de la conception,
encore une fois, reste théorique en l'absence de courbe thermique;
ceci est particulièrement vrai chez les patientes à cycles
irréguliers ou soumises à des thérapeutiques hormonales
susceptibles de décaler l'ovulation.
L'échographie avec sonde intravaginale permet
parfois de localiser un sac embryonné hors de la cavité utérine et de
porter à elle seule un diagnostic de certitude.
En pratique toutefois, la vacuité utérine entre
la 3e et la 4e semaine théorique de grossesse impose la cœlioscopie,
quel que soit le contexte clinique, si un taux d'HCG stable ou en faible
progression prouve qu'une grossesse continue à évoluer. La cœlioscopie
doit rester systématique lorsque la GEU ne peut être formellement
écartée. Dans ces conditions, il est inévitable qu'un certain nombre
de cœlioscopies soient pratiquées pour des avortements spontanés en
cours, mais il n'est pas envisageable de prendre le risque inverse. En
revanche, la cœlioscopie devient inutile si le taux HCG chute puis se
négative, même si le siège exact de la grossesse précocement
interrompue n'a pu être mis en évidence.
Tableau Aspect échographique du
développement normal des douze premières semaines de grossesse
| Semaines de
grossesse |
Sac ovulaire
|
Embryon
|
Pulsations
cardiaques |
BIP
|
Membres
|
| 3 |
1,5 cm |
|
|
|
|
| 4 |
1,5 cm |
5 mm |
|
|
|
| 5 |
2,2 cm |
10 mm |
|
|
|
| 6 |
3 cm |
16 mm |
visualisation |
|
|
| 7 |
4 cm |
23 mm |
" |
|
|
| 8 |
4,5 cm |
32 mm |
" |
10 mm |
visualisation |
| 9 |
7 cm |
44 mm |
" |
12 mm |
" |
| 10 |
|
56 mm |
" |
16 mm |
" |
| 11 |
|
70 mm |
" |
20 mm |
" |
| 12 |
|
85 mm |
" |
24 mm |
" |
Apparition du sac ovulaire vers la 3e/4e
semaine de grossesse (trophoblaste visible dès l'apparition du sac
ovulaire)
Visualisation de l'embryon vers la 4e/5e semaine de grossesse.
Visualisation de l'activité cardiaque vers la 5el6é semaine de
grossesse
Visualisation des membres vers le 8e semaine de grossesse.
Mensuration du BIP dès la 7e semaine de grossesse.
Visualisation du placenta entre les 8e et lot semaines de
grossesse.
Noter que les échographistes parlent généralement en semaines
d'aménorrhée (c'estàdire écoulées depuis le début des
dernières règles) et non de grossesse: Semaines d'aménorrhée =
semaines de grossesse + 2.
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