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La prise correcte de la température basale et son report
sur des feuilles très lisibles font déjà
disparaître la plus grande partie des difficultés
d'interprétation de la courbe ménothermique.
Au cours d'un cycle
normal,
on voit pendant les jours qui suivent les
règles la température basale se maintenir autour
de 36,5° C; à un moment donné, de manière
brusque ou en plusieurs jours, on voit cette température
augmenter de 3 à 4 dixièmes de degré: ce
décalage thermique est post ovulatoire, provoqué
par l'action sur les centres thermorégulateurs hypothalamiques
de la norépinéphrine dont le métabolisme
est modifié sous l'action de la progestérone lutéale.
Dès lors, la température va se maintenir à
ce niveau plus élevé (plateau thermique) pendant
12 à 14 jours, et s'abaisse la veille, le jour des règles
ou peu après leur début..
On peut ainsi noter, au
cours d'un cycle ovulatoire normal:
Que la température ne se maintient pas au même
niveau d'un jour à l'autre. Il existe des variations, des
pics plus ou moins prononcés et sans lendemain, sans signification
particulière: la seule variation thermique importante est
le plateau thermique qui se maintient sur plusieurs jours.
Que l'ovulation n'est pas prévisible par la courbe
thermique la température s'élevant après
l'ovulation seulement;
Que l'ovulation est théoriquement repérée
comme étant le jour du dernier point bas de la courbe,
quelle que soit l'allure du décalage thermique;
Que les variations de longueur du cycle s'effectuent aux
dépens de la phase préovulatoire seulement: dès
que l'ovulation a eu lieu, les règles apparaissent dans
les 12 à 14 jours suivants, quelle que soit la longueur
du cycle.
Enfin, qu'il n'existe pas de degré " normal
" de température. Chaque patiente a sa température
de base: le niveau atteint par la température au cours
de la phase postovulatoire ne dépend que du niveau de température
de la phase préovulatoire, et ne comporte en soi aucune
valeur qualitative. Le fait que le plateau thermique postovulatoire
se situe à 37° ou au-dessus est inconstant et ne permet
pas de préjuger de la normalité d'un cycle. Seul
l'aspect biphasique de la courbe est important à considérer,
les niveaux respectifs de température pré et postovulatoire
n'ayant pas d'intérêt particulier.
En clinique,
la courbe thermique est précieuse
dans tous les problèmes de gynécologie fonctionnelle
Elle permet de visualiser le déroulement du cycle
et de caractériser certains phénomènes pathologiques
cycliques (mucorrhée, aigles pelviennes cycliques...).
Elle permet de fixer avec précision la date exacte
dans le cycle où doivent avoir lieu certaines explorations:
test postcoital en période immédiatement préovulatoire,
biopsie d'endomètre au 67e jour du plateau thermique...
De telles explorations faites " à l'aveugle ",
en ne tenant compte que du jour du cycle, exposent à des
erreurs d'interprétation importantes en cas de variations
accidentelles, mais bien fréquentes, du jour de l'ovulation.
Elle caractérise les troubles du cycle, et permet
tout particulièrement de distinguer, dans le cadre de saignement
génitaux anarchiques, les règles vraies (saignement
précédé d'un plateau thermique plus ou moins
net) de métrorragies (saignement génital sur courbe
thermique monophasique).
Elle permet de préciser la période de fécondité
féminine essentiellement comprise dans les 3 jours qui
précèdent le décalage thermique et le premier
jour de ce décalage.
Elle permet de soupçonner une grossesse débutante
lorsque " le retard " de règles survient après
un décalage thermique qui s'est fait à la date habituelle
suivi d'un plateau thermique qui se prolonge au-delà de
16 jours.
Correctement réalisée, la courbe thermique
est très rarement en défaut. C'est toutefois éventuellement
le cas:
Lors des syndromes fébriles divers, qu'il convient
bien entendu de signaler soigneusement;
Chez les personnes qui travaillent la nuit.
Lors de l'administration de composés hormonaux:
une dose importante d'estrogènes abaisse la température
basale. Au contraire, l'administration de tous les progestatifs
injectables ou per os (sauf la rétroprogestérone),
et aussi des estroprogestatifs, entraîne pour des
raisons évidentes une élévation de température.
Il est donc inutile en cas de thérapeutiques de ce type
de surveiller la courbe thermique.
En matière de gynécologie hormonale, il n'est pas
possible de fixer la plupart des explorations, ni de caractériser
la plupart des phénomènes pathologiques sans connaître
avec exactitude le déroulement du cycle menstruel. D'interprétation
aisée, si elle est correctement réalisée,
la courbe ménothermique " visualise" parfaitement
le cycle à moindre frais. C'est pourquoi il est en pratique
illusoire d'espérer résoudre simplement les problèmes
de gynécologie fonctionnelle sans son aide.
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