Contraception : quel bilan sanguin?
Pour GYNEWEB par le Dr J-M BRIDERON (Gyn-Obs) le 10/02/03
Les mots soulignés renvoient automatiquement aux définitions de GyneDico.
La pilule oestro-progestative (POP) est parfois à l'origine de complications :
Les contrôles sanguins ont pour objet de détecter ces anomalies pouvant contre-indiquer la POP.
L'Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation en Santé (ANAES) publie sur ce sujet les recommandations suivantes :
1) pas d'antécédent, pas de tabac, examen clinique normal
- bilan 3 à 6 mois après le début d'utilisation de la POP
- dosage cholestérol total, triglycérides, glycémie à jeun
- à renouveler tous les 5 ans
2) antécédent familial de caillotage (thrombose)
- bilan si possible avant prise de POP
- recherche d'anomalies des substances impliquées dans la coagulation
- demande d'avis spécialisé en cas de bilan anormal
3) antécédent familial d'excès de cholestérol ou des triglycérides
- bilan avant prise de la POP
- dosage cholestérol total, triglycérides, glycémie à jeun
- à contrôler 3 à 6 mois après le début de prise de la POP
- bilan à renouveler tous les 5 ans
4) femme à risque de diabète
- obèse, hypertendue, parent diabétique
- diabète gestationnel ou naissance d'un gros bébé (> 4 kg)
- bilan avant prise de POP
- dosage cholestérol total, triglycérides, glycémie à jeun
- glycémie à jeun à contrôler 3 à 6 mois après la prise de la POP
- bilan à renouveler tous les 5 ans
On remarquera que les antécédents personnels de caillotage ne sont pas décrits dans ces recommandations : c'est normal puisqu'ils représentent une contre-indication absolue à la prise de la POP.
Rappelons que le tabagisme est le premier facteur d'augmentation du risque de caillotage veineux (risque multiplié par 12) comme le montre le tableau suivant repris d'une précédente GYNENEWS :
Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation en Santé "Surveillance biologique de la contraception orale estroprogestative" J Gynecol Obstet Biol Reprod 2002;31:786-788
Lire également : "Pilule et risque de phlébite et d'embolie pulmonaire" Gynenews décembre 2002