Le préservatif féminin : difficile à utiliser, efficacité modérée
Pour GYNEWEB par le Dr J-M BRIDERON le 01/05/2002
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(Les mots soulignés renvoient automatiquement aux définitions de GyneDico)
L'engouement des médias lors de la mise en service de distributeurs automatiques de préservatifs féminins (FEMIDOM) n'a eu d'égal que l'imprécision de nos connaissances sur son efficacité. Cela s'explique par la dimension sociale sous-tendue dans cette mise à disposition des femmes d'un moyen de contrôle de leur fertilité et du risque infectieux sexuel qui ne passe plus obligatoirement par le préservatif masculin. L'étude des données disponibles oblige cependant à tempérer l'enthousiasme de certains prosélytes si l'on veut apporter une information fiable aux utilisatrices potentielles et leur éviter les désillusions. (FEMIDOM s'achète en Pharmacie ou sur Internet) Voici, à titre d'exemple, l'étude d'ARTZ L. de l'université d'Alabama, Birmingham, USA, portant sur les difficultés d'utilisation de FEMIDOM. L'article décrit la fréquence des difficultés d'insertion de FEMIDOM parmi 1144 femmes à risque de maladies sexuellement transmissibles (MST). Après de soigneuses et précises explications sur la manière d'utiliser le préservatif féminin, y compris à l'aide d'un mannequin anatomique, il leur est proposé d'effectuer une insertion "test". 5% des participantes, pourtant volontaires au départ, ont refusé l'auto-introduction. Les femmes qui n'avaient jamais pratiqué de frottis cervico-vaginal de dépistage du cancer du col, qui n'utilisaient pas de tampons périodiques ni de méthodes intra-vaginales contraceptives ou anti-infectieuses refusaient plus fréquemment que les autres de faire le test. 25 % (1 femme sur 4) de celles qui avaient accepté l'auto-insertion ont été incapables d'utiliser correctement FEMIDOM. Anecdotiquement mais néanmoins à noter, les ongles longs ne favorisaient pas l'usage de cette méthode ! Les auteurs en concluaient qu'un nombre relativement important d'utilisatrices potentielles refusent ou rencontrent des difficultés pour utiliser correctement ce moyen contraceptif. Cependant, le profil des femmes qui éprouvent des difficultés d'insertion est différent de celles qui refusent complètement FEMIDOM laissant la possibilité d'une amélioration de l'utilisation au travers d'une formation préalable d'une grande partie des "mauvaises" utilisatrices. Il n'est pas improbable de penser que les difficultés d'insertion seront encore plus importantes dans la population générale par rapport à celles que l'on peut rencontrer dans ce groupe particulier de consultantes d'une clinique spécialisée dans les MST. En conclusion, on peut dire que le FEMIDOM présente plusieurs avantages :
Mais, il a aussi des inconvénients :
Cette nécessité de l'apprentissage préalable ne peut que retentir sur la disponibilité de ce dispositif et va à l'encontre de la politique de distribution automatique peut-être plus basée sur des arguments démagogiques que médicaux.
Voir l'animation flash décrivant la mise en place. ARTZ L et coll. "Predictors of difficulty inserting the female condom." Contraception 2002;65:151-7 |