Questions à propos de l'IVG médicamenteuse |
Dr Christian Fossat,
Chirurgien gynécologue-obstétricien
Polyclinique de la Guadeloupe, Pointe à Pitre

Quelle est la meilleure méthode ?
C.F : le problème ne se pose que pour les grossesses de moins de 7 SA (7 semaines d'aménorrhée). Après 7 SA, seule la méthode chirurgicale (curetage aspiratif) est utilisable. Il n’y a pas de meilleure méthode. Chaque méthode a ses limites. Le choix dépend de la personnalité de la patiente, de son histoire, ainsi que de l’appréciation du médecin.
Puis-je continuer à vaquer à mes occupations si je choisis la méthode médicamenteuse ?
C.F : La Mifégyne®, par son mode d’action spécifique, provoque une « fausse-couche spontanée », avec le retour des menstruations. Afin de rendre l’interruption de la grossesse la plus « naturelle » possible, la patiente ne doit surtout rien changer à ses habitudes et continuer à vivre comme l’accoutumée.
Quels sont les effets secondaires que l’on observe ?
C.F : Après la prise de Mifégyne®, il n’est observé pratiquement aucun effet indésirable, alors qu’après celle de la prostaglandine, des troubles digestifs peuvent se produire tels que nausées, vomissements ou diarrhée.
Est-ce que les douleurs sont importantes ?
C.F : Non, en général les douleurs abdominales sont modérées. Elles nécessitent la prescription d’un antalgique dans seulement 16% des cas. Il est préférable de les soulager pour que la patiente reste détendue, afin de ne pas retarder l’expulsion. Les douleurs, consécutives à des contractions utérines, sont de même intensité que des règles douloureuses.
Dois-je rester allongée après la prise de prostaglandine ?
C.F : Il n’est pas indispensable de maintenir la patiente dans un lit ou en position allongée, ni de placer une perfusion ; ceci ne faisant que retarder l’expulsion. Un siège confortable, dans un endroit calme, est suffisant. Elle ne doit pas non plus être à jeun. Plus l’ambiance qui entoure la patiente est détendue et dédramatise l’acte, plus il se déroule vite et bien.
Puis-je avoir recours à la méthode médicamenteuse bien que j’aie plus de 35 ans ?
C.F : Aucune restriction d’utilisation n’est prévue pour les patientes ayant plus de 35 ans.
Les saignements peuvent-ils être abondants avec cette méthode ?
C.F : Les saignements utérins peuvent être importants dans 5% des cas. Un geste endo-utérin à visée hémostatique est nécessaire dans environ 1% des cas. Le numéro de téléphone et l’adresse d’un établissement de santé de référence, ainsi que celui des urgences, sont donnés à la patiente. Il lui est conseillé de ne pas hésiter à appeler ou à s’y rendre, en cas d’hémorragie, de fièvre, ou de douleurs.
Quand l’expulsion se produit-elle ?
C.F : La pratique montre que 2% seulement des expulsions interviennent avant l’administration de la prostaglandine. Elle se produit normalement suite à la prise de prostaglandine, dans 60% des cas dans les 3 heures, et dans 30% des cas dans les 24 heures.
Comment saurai-je que j’ai bien expulsé ?
C.F : La patiente doit être rassurée sur l’expulsion. Elle a lieu, le plus souvent dans les 24 heures après la prise de la prostaglandine et n’entraîne pas d’hémorragie significative. Il faut avertir la patiente qu’elle pourrait éventuellement voir l’œuf, mais qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter en raison de sa petite taille et de son aspect. Il mesure 2 centimètres environ, et est entouré de villosités. Une visite de contrôle est systématiquement pratiquée dans les 2 semaines qui suivent, pour vérifier la vacuité utérine par une échographie.
La méthode est elle efficace à 100%?
C.F :Non, dans moins de 5% des cas, il peut y avoir une rétention partielle ou totale de l'oeuf, d'où l'importance de la visite de contrôle systématiquement pratiquée dans les 2 semaines qui suivent, pour vérifier la vacuité utérine par une échographie.
Existe-t-il des risques de stérilité après Mifégyne® ?
C.F : Non, le blocage des récepteurs de la progestérone est temporaire et réversible. Il n’existe ni de retentissement sur le cycle menstruel suivant, ni sur la fertilité ultérieure. Par ailleurs, comme des grossesses ont été constatées avant le retour des règles, la mise en route d’une contraception le plus tôt possible est indispensable.
Mifégyne® est-elle utilisable dans les cas d’utérus cicatriciels ou de malformations utérines ?
C.F : Oui, non seulement la méthode médicamenteuse peut être prescrite, mais elle est fortement recommandée chez les patientes présentant une cicatrice de césarienne ou bien une malformation utérine.
Et dans le cas d’antécédents d’infections gynécologiques ?
C.F : Oui, également dans cette situation, Mifégyne® est préférable à une intervention chirurgicale qui est une source potentielle d’infections gynécologiques pouvant, selon la gravité, provoquer une stérilité temporaire, voire définitive.
J’allaite : que dois-je faire ?
C.F : Après la prise de Mifégyne®, il est conseillé d’interrompre l’allaitement pendant 3 jours. Le produit étant lipophile, il est susceptible de passer dans le lait maternel. Passé ce délai, il a été en très grande partie éliminé de l’organisme de la mère par la voie fécale (90%) et par la voie urinaire (10%).
L'IVG médicamenteuse est elle remboursée par la Sécurité Sociale
C.F : Le forfait IVG est pris en charge par la sécurité sociale à hauteur de 70 %. Les mutuelles et sociétés d’assurances complètent ce remboursement.
Lire la suite >>Fiche d’information de la patiente
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