LA TECHNIQUE ESSURE ET SON ÉVOLUTION |
La stérilisation féminine par voie hystéroscopique
Pr Hervé Fernandez
Professeur des Universités, Chirurgien gynécologue obstétricien;
service de
gynécologie-obstétrique,
Hôpital Antoine Béclère
- Clamart
Le dispositif médical ESSURE a, dès 2002, séduit le Pr Fernandez par son approche simplifiée et à moindre risque de la chirurgie. Il a développé des sessions de formation afin que de nombreux chirurgiens puissent s’initier à ces nouvelles techniques de chirurgie hystéroscopique sous anesthésie locale. Il met actuellement au point des techniques chirurgicales associant ESSURE au traitement des pathologies intra-utérines.
Depuis 2002, le dispositif médical ESSURE, technique de stérilisation tubaire par implants est proposé aux femmes qui ne souhaitent plus avoir d’enfant. Ses avantages ne font plus désormais aucun doute : absence d’anesthésie (grâce à l’utilisation de l’hystéroscopie (1) ), absence d’incision et de cicatrice, intervention rapide (10 minutes en moyenne) lors d’une hospitalisation ambulatoire, retour de la patiente, en général, à une activité normale dans les deux heures qui suivent l’intervention.
Avec l’obtention récente de la prise en charge par les caisses d’assurance maladie, les professionnels de santé devraient de plus en plus avoir recours à la technique ESSURE.
Quatre années d’expérience ont permis d’optimiser l’intervention et d’améliorer le confort physique et psychologique des patientes : préparation de la muqueuse utérine grâce à un traitement administré trois semaines avant la pose du système ESSURE, prescription d’un antalgique simple (Paracétamol et Ibuprofène) à prendre 30 minutes avant l’intervention. Dans moins de 10% des cas, une anesthésie peut s’avérer nécessaire, parce que la patiente n’est pas prête à assumer psychologiquement une intervention sans anesthésie, parce qu’elle présente une sténose du col (col fermé), suite à des césariennes par exemple, ou encore parce qu’elle souffre d’une pathologie dont les conséquences s’avèrent gênantes pour l’intervention.
L’expérience en milieu hospitalier a montré par ailleurs qu’il était possible d’associer la technique ESSURE à une chirurgie hystéroscopique intra-utérine (fibromes dans la cavité utérine, intervention sur l’endomètre) chez les femmes de plus de 40 ans. D’où la possibilité, en un même temps opératoire, de résoudre deux problèmes différents. La chirurgie hystéroscopique étant fréquente chez les femmes de plus de 40 ans, la pose d’un système ESSURE est mieux indiquée qu’une ligature des trompes par cœlioscopie.
Ceci d’autant plus que la cœlioscopie (2) reste rare chez les femmes entre 40 et 50 ans et s’avère potentiellement plus dangereuse.
Le suivi post-opératoire est relativement simple : avant d’être parfaitement efficace, ESSURE nécessite une attente de trois mois durant lesquels la patiente doit reprendre une contraception. Le contrôle à trois mois, obligatoire, consiste en une radio de l’abdomen, voire, en cas de doute, une hystéro-salpingographie (3) en deux dimensions.
Certaines équipes, dont celle du Pr Fernandez, ont opté pour une échographie en trois dimensions qui permet une meilleure visualisation du dispositif ESSURE par rapport à la corne de l’utérus et facilite encore le contrôle à trois mois. Après ce contrôle, la femme peut définitivement compter sur ESSURE comme moyen de contraception.
L’utilisation de la technique ESSURE est donc parfaitement maîtrisée aujourd’hui et garantit aux patientes qui y ont recours une sécurité et un confort optimisés.
La stérilisation par voie hystéroscopique deviendra dans les années à venir la technique de référence en matière de stérilisation tubaire.
(1) Hystéroscopie : visualisation à l’aide d’une optique de la cavité utérine par les voies naturelles, sans anesthésie.
(2) Cœlioscopie : introduction après incision ombilicale sous anesthésie d’une optique permettant la visualisation de la cavité abdominale.
(3) Hystérosalpingographie : radiographie de la cavité utérine et des trompes.