Qu'est­ce que le Papillomavirus?

HPV est un petit DNA virus, classé dans le genre papillomavirus de la famille des Papoviridae. Plus de 100 types d'HPV ont été identifiés, et environ 50 d'entre eux infectent les membranes épithéliales du tractus ano génital. 

Certains types de Papillomavirus entraînent des verrues sur les mains ou les pieds, tandis que d'autres provoquent des condylomes génitaux.

Le cycle de l'infection

L'ADN viral comprend 2 régions, l'une dite des gènes précoces, l'autre des gènes tardifs.

Les gènes précoces expriment des protéines virales qui, pour l'essentiel, sont des facteurs de régulation qui entrent en interaction avec les facteurs cellulaires et perturbent ainsi l'équilibre de la cellule hôte.

Après l'infection des cellules de la lame basale de l'épithélium malpighien sous l'action des protéines précoces, on observe tout d'abord une réplication intense de l'ADN viral qui passe de 1 à plusieurs dizaines ou centaines de copies par cellule, puis une réplication synchrone de l'ADN viral à la division cellulaire. L'ADN du virus HPV s'incorpore dans le génome de la cellule cible, exerçant ses effets par l'activation d'oncogènes et la suppression de la réponse immunitaire de la cellule cible. Les protéines de l'HPV  empêchent la réparation de l'ADN ce qui conduit à une instabilité et à une croissance cellulaire incontrôlée.

Au cours de la maturation épithéliale (en se déplaçant vers les strates supérieures de l'épithélium), les gènes tardifs sont alors exprimés pour former les protéines de capside à partir desquelles les virions sont constitués puis disséminés au cours de la desquamation.

Ce cycle est classiquement retrouvé dans les condylomes pour les types 6 et 11 mais d'autres phénomènes sont observés au cours de l'infection des types 16 et 18.

Ces derniers peuvent induire un état de latence pendant laquelle les protéines tardives ne sont pas exprimées. L'infection sous cette forme, peut régresser, persister à l'état subclinique ou évoluer vers le condylome (cycle classique) ou bien la lésion dysplasique (carcinogénèse).

Presque tous les types d'HPV infectant le  tractus ano génital sont capables de provoquer des anomalies cytologiques cervicales.

La plupart du temps, l'infection à HPV est complètement asymptomatique, ce qui fait que les personnes infectées ne savent pas qu'elles sont porteuses et transmettent le virus sans le savoir.

Les virus HPV génitaux sont divisés en deux groupes, sur la base de leur potentiel cancérigène. 

Les HPV à "haut risque" (HPV 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, et 68) sont associés aux états pré cancéreux (néoplasies intra épithéliales)  et ont une plus forte probabilité d'évoluer vers des lésions sévères et le cancer. Parmi ceux ci,  les HPV 16 et 18 sont les plus cancérigènes et les plus fréquents. L'HPV 16 est le type prédominant dans presque toutes les régions du monde, à l'exception de l'Asie du Sud Est, où l'HPV 18 a la plus forte prévalence. HPV 16 à lui seul représente plus de 50% des infections à HPV. 

Les HPV à "bas risque" (HPV 6, 11, 42, 43, et 44) sont associés aux condylomes et aux dysplasies légères. Les lésions dues à ces HPV ont une forte probabilité de régression, un petit potentiel évolutif et sont considérés comme étant peu ou pas cancérigènes.

Les origines du potentiel oncogène

Le potentiel oncogène a pu être associé pour le moins, à l'action de 2 protéines précoces appelées E6 et E7. Il a été montré récemment que ces protéines pouvaient altérer l'activité anti-oncogène de certaines protéines cellulaires telle que la P53.

La P53 est une des protéines clef de la régulation de la division cellulaire et du maintien de l'intégrité du patrimoine génétique de la cellule. De nombreuses mutations de la P53 sont décrites dans presque tous les cancers et sont toujours de mauvais pronostic.

Dans le cas des HPV 16 ou 18, tout se passe comme si les cellules infectées ne pouvaient pas réaliser une pause nécessaire entre deux divisions cellulaires, pour réparer les accidents (mutations) du code génétique survenus lors de la division précédente.

Ceci signifie par exemple que lors des infections latentes subcliniques, les cellules atteintes seraient plus sensibles que les autres aux agents mutagènes (tabac, etc..). Ainsi, c'est durant cette phase de l'infection cliniquement non reconnue que s'initie l'action délétère des HPV.

L'accumulation d'accidents génétiques au cours d'une phase de latence (qui peut durer plusieurs années) peut favoriser l'émergence des lésions dysplasiques prétumorales puis tumorales si rien n'arrête le processus.

Il faut noter que de nombreuses régressions spontanées sont observées parmi les lésions dysplasiques modérées, ce phénomène est probablement fonction de la personnalité antigénique des patientes, notamment en fonction du polymorphisme du système HLA qui module l'efficacité de l'immunité cellulaire dont le rôle parait fondamental dans ce type d'infection.